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    Patricia Danzi (CICR) : «En plus de l’humanitaire, nous visons le développement»

    Patricia Danzi, la responsable pour l'Afrique du CICR. Fred Joli/CICR 2011

    Neuf millions de personnes ont besoin d'assistance humanitaire dans le bassin du Lac Tchad, selon les estimations du CICR. Au Niger, au Nigeria, au Cameroun et au Tchad, des dizaines de milliers de personnes sont durement touchées par les attaques de Boko Haram. Le Comité international de la Croix Rouge est l'une des organisations humanitaires les plus mobilisées dans la région. RFI reçoit Patricia Danzi, la responsable pour l'Afrique du CICR.

    RFI: Au Niger, des dizaines de milliers de personnes ont pris ou repris la route après les attaques de Boko Haram contre les villes de Bosso ou encore de Yébi. Vos équipes sont dans la région de Diffa. Quelles sont les dernières informations dont vous disposez sur la situation sur place ?

    Patricia Danzi: Ce que nous constatons au Niger mais aussi au Cameroun, au Tchad et au Nigeria, ce sont les déplacements fréquents. Il y a les gens qui se déplacent une première fois et qui deviennent des réfugiés. Il y a des qui reviennent dans leur propre pays mais qui se déplacent une deuxième fois pour cause d’attaques ou pour des situations sécuritaires difficiles.

    Ce que nous avons donc constaté c’est que le nombre de personnes déplacées est beaucoup plus élevé que ce qu’on avait imaginé.

    Combien de personnes ont besoin d’assistance humanitaire en ce moment ?

    Aujourd’hui, les estimations font état d’environ 9 millions de personnes affectées par la crise et de 2,5 millions de personnes déplacées.

    Cela veut-il dire qu’il y a des zones qui ne sont pas accessibles et où, actuellement, il y a des personnes qui n’ont aucune aide ?

    Il y a des zones où des populations n’ont pas d’aide. Quand les gens se déplacent, ils laissent tout derrière eux et ne vont pas pouvoir rentrer tout de suite. Pour ce qui est de l’agriculture, il est difficile de maintenir les cultures et ils dépendent donc de l’aide humanitaire, ce qui n’est jamais une bonne chose. Il y a des populations qui se trouvent sur le lac ou qui s’y trouvaient et qui sont maintenant déplacées, soit dans les camps, soit dans les environs du lac. Toutes ces personnes ont perdu leur mode de vie.

    Il y a aussi des personnes qui, suite à des allégations, sont détenues dans les prisons qui sont déjà surpeuplées. Et puis, il ne faut pas oublier que les quatre pays qui sont aujourd’hui touchés par la problématique du Lac Tchad, ont d’autres problèmes dans d’autres régions.

    Cela veut dire concrètement que les agriculteurs et les éleveurs qui perdent leur bétail, leurs champs essaient d’y retourner quand même ?

    Il y a certains qui le font mais il y a aussi les villages qui sont détruits et qu’il faut reconstruire. Il faut que les services de l’Etat se chargent de mettre en place ce qu’il faut pour l’Education, la Santé et pour plein d’autres choses. Cela prend du temps et puis les populations ne sont pas nécessairement préparées. L’environnement n’est pas prêt pour ce retour-là.

    La situation s’améliore-t-elle en Centrafrique ?

    Il y a toujours de l’espoir quand une élection se passe bien. Cela a certainement un impact sur les activités et les résultats pour les populations sur le terrain mais c’est très, très lent. Pour que les populations sentent une amélioration, cela va prendre du temps.

    L’une de vos plus vieilles missions aussi, c’est la Somalie. C’est un problème chronique, la Somalie. Question politique : est-ce que vous avez le sentiment, parfois, en apportant de l’aide évidemment, de contribuer malgré tout au pourrissement du conflit, à sa prolongation ?

    On apporte de l’aide parce qu’il y a des gens qui sont dans le besoin. C’est très difficile d’être là et de ne rien faire. Ainsi, on espère toujours qu’on peut changer la vie des gens qui sont affectés, depuis trente-deux ans, en Somalie. Trente-deux ans, c’est évidemment très long mais ce qui est vrai, c’est que les conflits, aujourd’hui, durent de plus en plus. Et ce qui est vrai aussi, c’est qu’une organisation humanitaire - qui est là en principe pour l’urgence – est, de plus en plus, face à des problèmes de développement, d’infrastructures, d’une guerre qui dure. Nous faisons aussi, par conséquent, beaucoup, beaucoup de travail qui va déjà dans le sens du développement.

    Le CICR a une conception de la neutralité très stricte, depuis sa création. Mais est-ce qu’aujourd’hui, quand vous voyez évidemment que toutes les situations sont liées à des problèmes politiques, votre conception évolue-t-elle sur ce sujet ?

    Nous avons toujours été dans les salles de conférence avec les diplomates et avec les politiciens. Nous savons négocier, nous savons mettre les problèmes humanitaires sur l’agenda de ceux qui ont du pouvoir. Et cela, nous continuons à le faire.

    De tous les partis ?

    De tous les partis. Et nous faisons la même chose avec les militaires, les rebelles, les communautés et tous ceux qui peuvent changer la vie des populations.

    L’évaluation des prisons aussi c’est l’une de vos missions. La situation des prisonniers, est-ce qu’elle s’améliore au fil des années sur le continent africain ?

    La situation des prisonniers ne s’améliore pas sur le continent. Nous avons visité, l’année dernière, 300 000 détenus dont 10 000 individuellement. Nous constatons que la surpopulation est un grand problème. Il y a aussi des résultats avec de beaux exemples, mais il y a beaucoup à faire.

    Comme lesquels, par exemple ?

    Quand on voit que, dans une prison, on essaie de mettre en place un système avec du biogaz, pour que les autorités achètent moins de bois pour chauffer et qu’ils mettent tous leurs efforts pour que ça marche, quand ils forment les prisonniers, les garde et que, par la suite, le système perdure sans nous, ça, c’est un bon exemple.


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