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    Romain Caillet: les deux tendances de Boko Haram, Shekau et al-Barnawi

    Prise le 5 mars 2015, cette photo montre une salle de classe brûlée lors d'un raid de Boko Haram, à Chibok, dans le nord-est du Nigeria, là même où plus de 200 lycéennes ont été enlevées le 14 avril 2014. AFP PHOTO/SUNDAY AGHAEZE

    Le groupe Etat islamique a désigné un nouveau chef à la tête de l'organisation islamiste Boko Haram, Abu Musab al-Barnawi . Boko Haram sévit dans le nord-est du Nigeria et dans les pays voisins, notamment le nord du Cameroun. Selon l'hebdomadaire officiel de l'organisation EI, al-Naba diffusé mardi soir, Abu Musab al-Barnawi a été désigné gouverneur de l'EI pour l'Afrique de l'Ouest. Mais le leader de Boko Haram Abubakar Shekau aurait affirmé, de son côté, dans un message audio être «toujours présent», malgré l'annonce de son remplacement par l'organisation Etat RFI reçoit Romain Caillet, chercheur et consultant sur les questions islamistes.

    RFI : Qui dirige Boko Haram ?

    Romain Caillet, analyste-chercheur. new-gen-consulting.com

    Romain Caillet : Jusqu’à mardi soir, pour les observateurs, c’était relativement clair en dépit des rumeurs qui circulaient, qui évoquaient tantôt une purge anti Shekau, tantôt une purge de Shekau contre ses adversaires. En dépit de toutes ces rumeurs donc, il semblait être évident que Abubakar Shekau restait le chef de la section de l’Etat islamique en Afrique de l’ouest. Il y avait [d'ailleurs] régulièrement des communiqués de l’EI qui démentaient toute rumeur de changement de direction.

    Et puis mardi soir la revue al-Naba, qui est l’hebdomadaire en langue arabe de l’EI, a publié une interview avec Abu Musab al-Barnawi, présenté comme le nouveau wali -donc le nouveau gouverneur de l’EI en Afrique de l’Ouest- [ce qui] impliquait un limogeage d’Abubakar Shekau. Et puis mercredi soir, grande surprise, il  y a eu un audio d’Abubakar Shekau qui s’adresse à Baghdadi, donc l’émir de l’Etat islamique, en le saluant sous son titre de 'calife des musulmans', et lui dit : Abu Musab al-Barnawi (celui qui est présenté comme le successeur de Shekau à la tête de la section d’Afrique de l’ouest) est un déviant, il a des erreurs doctrinales et je vous demande de vous positionner par rapport à ça.

    Malgré tout cette annonce de l’hebdomadaire officiel de l’état islamique al-Naba vous paraît-elle crédible ?

    Ça veut dire que le choix qui a été fait par le haut commandement de l’EI, est de nommer pour la section de l’Afrique de l’ouest, à la tête, Abu Musab al-Barnawi qui était l’ancien porte-parole de Boko Haram.

    Alors comment expliquer cette confusion ?

    Au sein de ce qui était autrefois Boko Haram, qui est devenu aujourd’hui l’EI en Afrique de l’Ouest, il y a maintenant deux tendances. Une tendance qui se rallie derrière Abubakar Shekau, qui est la plus dure et une tendance qui va paradoxalement être un peu moins radicale, un peu moins extrémiste et qui est justement cette tendance qui s’est ralliée à l’Etat islamique. C’est-à-dire que contrairement à tout ce qu’on pouvait dire, finalement les partisans de Shekau sont les partisans de la ligne ultra radicale absolue.

    Est-ce qu’on peut déjà interpréter un peu le rapport de force sur le terrain si cela se passe ?

    Celui qui va avoir la légitimité internationaliste et qui aura le soutien des combattants étrangers - même s’ils ne sont pas très nombreux au Nigeria il y en a quand même-, c’est effectivement le groupe qui est rassemblé autour d’Abu Musab al-Barnawi qui va avoir la légitimité. Et souvent les combattants étrangers les plus déterminés sont ceux qui sont les plus radicaux et le discours idéologique le plus radical est celui qui est promu par Abubakar Shekau. A force d’être ultra radical, on finit par être minoritaire.

    Et puis un troisième élément à confirmer : j’ai cru comprendre que Abu Musab al-Barnawi n’était pas un inconnu puisque c’était l’ancien porte-parole de Boko Haram. Mais il serait le fils de Mohammed Youssouf, le fondateur de Boko Haram. Si cette rumeur est vraie, cela voudrait dire que la légitimité est du côté de ceux qui sont avec Abu Musab al-Barnawi donc avec la composante pro EI. Mais en même temps, si c’est le fils de Mohammed Youssouf, fondateur de Boko Haram, c’est quelqu’un de relativement jeune et il y a peut-être des gens derrière lui et dans ce cas ce serait, non pas un homme de paille mais quelqu’un qui serait utilisé parce qu’il est le « fils de » et qu’il y ait donc finalement un autre groupe derrière lui.

    Et de façon indirecte ces derniers évènements sont-ils la preuve qu’Abubakar Shekau en fait n’est pas mort puisqu’il a été donné pour mort à plusieurs reprises ?

    Il n’y a pas un élément déterminant qui prouvait qu’il était vivant hier, mais effectivement cet enregistrement de Abubakar Shekau a été réalisé quelque temps seulement avant la nomination où en tout cas avant que l’idée circule de la nomination d’Abu Musab al-Barnawi à la tête de l’Etat Islamique en Afrique de l’Ouest.

    Assiste-t-on à la volonté d’une main mise de l’état islamique sur Boko Haram ?

    La politique de l’EI contrairement à celle d'al-Qaïda, c’est justement d’être plus qu’une franchise et d’essayer de tout contrôler, d’envoyer des émissaires mais aussi d’envoyer des cadres qui influent sur la politique et aussi sur les tactiques militaires du groupe. En discutant avec un certain nombre de journalistes, ils m’ont dit que quand on parle à des militaires, souvent des militaires tchadiens, ils disent qu’il y a des blancs maintenant avec Boko Haram. Alors peut-être éventuellement que pour ces Africains, les blancs ce sont des arabes. Donc j’écarte pas l’hypothèse que il y ait carrément des cadres de l’Etat islamique, venus du territoire syro-irakien qui soient actuellement avec Boko Haram ou l’EI en Afrique de l’Ouest.

    D’autre part, il faut savoir que Boko Haram a eu aussi de gros changements dans sa communication, ça a été, vu mais aussi même dans ses tactiques militaires. Donc manifestement, après l’allégeance à l’Etat islamique il y a eu du changement aussi dans Boko Haram et ce changement n’est pas venu de nulle part.


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