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    Hasni Abidi: la menace des jihadistes à Syrte n'est que «provisoirement» écartée

    Combattant des forces pro-gouvernementales à Syrte, le 31 juillet 2016. REUTERS/Goran Tomasevic

    En Libye, l'Etat islamique perd la bataille de Syrte. Le gouvernement d'union nationale basé à Tripoli y a reçu le soutien déterminant des Américains. La menace jihadiste est-elle pour autant écartée ? Que vont faire les milliers de jihadistes présents en Libye ? Autant de questions autour desquelles Hasni Abidi, le directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen apporte un éclairage pour RFI.

    Après un an et deux mois de présence, l’Etat islamique est sur le point de perdre Syrte. La menace jihadiste est-elle pour autant écartée de Libye ?

    Hasni Abidi : Elle est écartée provisoirement d’un lieu stratégique qui est Syrte, mais elle n’a pas disparu du sol libyen dans la mesure où des centaines de combattants de l’Etat islamique, qui occupaient une grande partie de la ville de Syrte, vont se déplacer vers d’autres localités. Le deuxième danger, c’est que le gouvernement libyen en situation difficile ne pourra pas consolider et préserver cette victoire militaire, le risque de retour des jihadistes est tout à fait probable si le gouvernement n’arrive pas à fédérer d’autres forces pour contrôler la totalité des quartiers de Syrte.

    Par ailleurs, une phase plus violente, diffuse, pourrait-elle marquer une mutation de la stratégie de l’Etat islamique ?

    Absolument. Le risque que l’Etat islamique passe à une deuxième stratégie, c’est-à-dire semer le chaos, la terreur partout où il y a des éléments bien implantés, ça c’est le danger imminent qui guette la Libye. Et là, ça va être très difficile, même pour la communauté internationale, de soutenir le gouvernement de Fayez el-Sarraj.

    Des sources françaises et américaines ont fait état de 5 000 à 7 000 jihadistes de l’Etat islamique dans toute la Libye. Y a-t-il des départs vers l’Algérie, la Tunisie et la bande sahélienne ?

    Le risque, c’est bien entendu de partir vers certains pays africains qui n’ont pas les moyens de contrôler la frontière terrestre. Pour l’Algérie, ce n’est pas par hasard que l’armée algérienne, depuis quelques jours, est en état d’alerte maximum avec la frontière libyenne, sans oublier que des installations gazières et pétrolières très importantes sont dans cette bande qui sépare l’Algérie et la Libye. La Tunisie est le maillon faible parce que, évidemment, elle risque de voir certains Tunisiens, membres de l’Etat islamique à Syrte ou ailleurs, revenir sur le sol tunisien.

    La reprise de Syrte est une victoire pour le Gouvernement d’union nationale, mais elle a été rendue possible grâce aux frappes américaines. Cela va-t-il aider le gouvernement d’union ou à terme, le desservir ?

    Le gouvernement de monsieur el-Sarraj est en quête de respectabilité, de légitimité internationale. Je crois qu’avec cette victoire programmée face à l’Etat islamique, il enregistre des points très importants, à la fois auprès des Américains, et en même temps, le gouvernement va montrer qu’il n’a pas de proximité, contrairement à ce que disent certains de ses opposants, avec des groupes terroristes, des groupes jihadistes. Donc au départ, ça va l’aider aussi au niveau des Nations unies dans la médiation de Martin Kobler. En revanche, une présence accentuée sans résultat militaire et surtout sans programme politique, sans sortie politique, le gouvernement est dans une situation difficile. Et le grand paradoxe de la Libye aujourd’hui, c’est qu’il y a des avancées sur le plan militaire, mais elles ne s’accompagnent pas par des percées politiques.

    L’Algérie n’était pas favorable à cette opération américaine, mais prône plutôt une solution interne entre Tripoli, le général Haftar, les milices, les tribus. Que pensez-vous de cette position algérienne ?

    Il faut dire que l’histoire récente de la Libye a donné raison aux positions algériennes. L’Algérie a été bien sûr écartée par Martin Kobler et par son prédécesseur Bernardino Leon, dans le règlement de la crise signé à Skhirat parce qu’elle a voulu que tous les éléments, c’est-à-dire les tribus et même les anciens du régime libyen participent dans une résolution politique par concordance, et pas par une solution politique dictée par les Nations unies. Et je crois qu’aujourd’hui, l’Algérie est appelé à jouer un rôle important au regard des relations qu’elle entretient avec tous les acteurs de la scène libyenne.

     


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