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    Présidentielle au Gabon: points de vue croisés (A.Bissiélo-F.Enongoué)

    Anaclet Bissielo (G) et Flavien Enongué (D) respectivement sociologue et politologue gabonais. Montage /RFI

    Deux invités ce matin pour revenir sur la crise gabonaise consécutive à l’annonce des résultats de l’élection présidentielle hier. Selon les chiffres officiels publiés par la commission électorale, le sortant Ali Bongo arrive en tête, avec 49.80% des suffrages devant son principal rival, Jean Ping, crédité, lui, de 48.23%. Une courte avance de seulement 5.594 voix sur un peu plus de 600.000 électeurs. Un résultat contesté par l'opposition et dont l'annonce a provoqué des émeutes à Libreville et à Port-Gentil. Anaclé Bissiélo, professeur de sociologie à l'Université Omar Bongo, est proche de l'opposition. Flavien Enongoué, professeur de philosophie politique à l'Université Omar Bongo est lui proche de la majorité présidentielle.

     

    RFI : Anaclet Bissielo, Ali Bongo réélu selon la Commission électorale avec 49,80 % des voix contre 48,23 % pour Jean Ping, réélu, mais mal réélu, diriez-vous ?

    Anaclet Bissielo : Mal réélu. Je suis à l’aise pour le dire, c’est à l’ombre des forces de défense et de sécurité que ces résultats viennent d’être proclamés. Et je ne dirais pas avec la CENAP, puisque le président de la CENAP a été mis en minorité. L’ensemble des membres s’est retiré et le président de la CENAP est resté avec le ministre de l’Intérieur et ils ont proclamé des résultats qui n’appartiennent qu’à eux. Et cela s’est fait, en plus, sous les yeux des membres de la mission d’observation de l’Union européenne !

    Le taux de participation de 99,93 % et le score obtenu de plus de 95 % des suffrages par Ali Bongo dans le Haut-Ogooué vous étonnent-t-ils ?

    Ce qui étonne c’est qu’ils ont eu le temps de falsifier. Et le ridicule ne tue pas ! Parce que falsifier pour s’auto-accorder un taux de suffrage de 95 %, il n’y a rien de plus ridicule. Les chiffres du Haut-Ogooué ont été purement et simplement trafiqués.

    N’est-il pas trop tard pour publier, Anaclet Bissielo, les résultats bureau par bureau, comme le demande l’Union européenne ?

    Non, il n’est pas tard ! Parce que c’était la logique. Et d’ailleurs une logique qui a déjà été vérifiée au départ, au moment de la clôture de chaque bureau de vote. Donc ce qui est fait en amont à la clôture de chaque bureau de vote, on ne voit pas pourquoi on ne le ferait pas en aval, au moment de collecter l’ensemble des données qui viennent de l’intérieur du pays.

    Et du reste, vous avez annoncé tout à l’heure un taux de participation presque historique, qui a frappé l’attention de tous ceux qui sont venus observer les élections au Gabon. A partir de ce moment-là tout le monde connaît les résultats à la sortie, à la fermeture même de chaque bureau de vote ! Ce sont ces résultats-là, réels, que nous attendions. Mais nous ne faisions pas d’illusions. Nous avions déjà dit qu’un coup d’Etat se préparait. Mais le monde ne nous croit pas ! ... Nous avions bien dit que le coup d’Etat se préparait !

    Donc Ali Bongo, pour vous, est passé en force ?

    Il a organisé un coup d’Etat. Il n’y a pas d’autre mot pour qualifier ce qu’il a organisé.


    RFI : Flavien Enongoué, Donc Ali Bongo réélu selon la Commission électorale avec 49,80 % des voix. Diriez-vous qu’Ali Bongo est bien réélu ?

    Flavien Enongoué : Incontestablement ! Cela a été très serré. Il a bénéficié à la fois de l’apport réel de son fief politique. L’est du pays constitue le fief politique du Parti démocratique gabonais. Et dans ce fief politique il y a la place singulière qu’occupe le Haut-Ogooué qui à chaque élection serrée a toujours voté pour le PDG à plus de 90 %.

    Mais dans le Haut-Ogooué nous sommes sur un taux de participation historique de 99,93 % ?

    En 2009 nous étions déjà au-delà de 90 %. Et lorsqu’on prend en compte le caractère très tranché en terme identitaire de cette élection, il n’est pas de mon point de vue exagéré de considérer que les gens du Haut-Ogooué, pour un bon nombre d’entre eux, se sont sentis menacés à travers l’idée selon laquelle on va 'nettoyer les cafards'. Ils se sont sentis les premiers à être visés.

    L’opposition affirme qu’Ali Bongo est passé en force, que c’est un coup d’Etat.

    Je dirais que c’est du classique en Afrique. Il y a mieux. Aujourd’hui les représentants dans les commissions électorales locales ont bel et bien validé les procès-verbaux qui ont été centralisés aujourd’hui ! Ce qui se passe aujourd’hui c’est la contestation classique que vous rencontrez quasiment dans la plupart des pays africains.

    Seriez-vous favorable, comme le demande, le réclame l’Union européenne, à la publication des résultats bureau par bureau ?

    C’est une demande qui n’a pas lieu d’être pour une raison simple. Cette publication bureau par bureau a déjà été faite en bas, c’est-à-dire dans les bureaux de vote. Ils le retrouveront à la fin. C’est-à-dire lorsqu’il y aura contentieux, dans notre pays ils peuvent accéder au recomptage lorsqu’il y a contentieux. Et c’est ce qui s’est passé en 2009.

    Je rappelle que le contentieux au Gabon est retransmis en direct à la télévision. Nous n’attendons pas l’Union européenne pour le faire et nous sommes en droit de nous demander [quelle est] l'arrière-pensée de l’Union européenne. Ils sont la seule mission à avoir demandé et exigé des choses au-delà de ce qui était prévu dans l’accord.


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