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    K.Berwouts (chercheur): en RDC «les populations expriment un désir d’alternance»

    Des secouristes sont évacués les personnes blessées, pour la plupart grièvement brûlées, du siège de l'UDPS vandalisé le mardi 20 septembre 2016. REUTERS/Kenny Katombe

    A Kinshasa en RD Congo, les manifestations de ces deux derniers jours contre un report des élections ont été violemment réprimées. On déplore plusieurs dizaines de morts. Pourquoi les nombreux manifestants ne veulent-ils pas entendre parler d'un report des élections ? Le « dialogue national » entre le pouvoir congolais et les quelques opposants favorables à ce report a-t-il encore un sens ? Le chercheur belge Kris Berwouts est un analyste indépendant qui a mené trois enquêtes à Kinshasa depuis le début de cette année. Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Kris Berwouts, dans un document publié il y a deux mois par l’Ifri (Institut français des relations internationales), vous avez écrit que ces deux jours des 19 et 20 septembre seraient des jours explosifs. Comment le saviez-vous à l’avance ?

    Kris Berwouts : Nous savons depuis longtemps que la population attend les élections et la Constitution congolaise prescrit que la Commission électorale convoque l’électorat trois mois avant la fin du mandat du président.

    Les gens savaient donc que ce lundi et ce mardi étaient la date limite pour qu’ils soient convoqués dans les délais constitutionnels ?

    Tout à fait. Et ça n’a pas été le cas. Les gens se sont organisés pour exprimer leur mécontentement.

    Les graves événements de ces deux derniers jours nous font penser à ceux de janvier 2015 où plusieurs dizaines de personnes ont été tuées à Kinshasa et Goma. Est-ce qu’il y a des similitudes entre ces deux événements ?

    Oui. L’une des similitudes importantes semble être la spontanéité des manifestations. C'est comme si la mobilisation ne dépendait pas seulement d’un mot d’ordre de l’opposition ou de la société civile par exemple.

    Depuis le début de l’année, vous vous êtes rendu trois fois à Kinshasa et vous avez enquêté auprès de plusieurs groupes sociaux. Quelle est l’aspiration la plus profonde des gens que vous avez rencontrés ?

    Disons que la première frustration tourne autour des conditions de vie des gens. Les gens vivent dans une pauvreté extrême, le chômage est presque généralisé, il est très difficile de nourrir la famille. Donc les gens trouvent qu’ils vivent dans les conditions d’il y a vingt ans, vers la fin du régime Mobutu.

    Pour eux, le fait que ça n’a pas changé, c’est un problème de gouvernance. Et donc si un président comme le président actuel n’est pas capable, ou n’a pas la volonté de changer la gouvernance en seize ans de règne, les gens ne croient plus qu’il va le faire dans sa 17e année. Donc pour ça, les gens attendent la fin du mandat de Kabila pour qu’il parte, pour qu’il y ait une alternance, pour qu’il y ait une alternative.

    Kris Berwouts, chercheur et analyste indépendant belge. ©Kris Berwouts/facebook.com

    Alors face à ce ras-le-bol, la stratégie du pouvoir a été de diviser l’opposition et d’organiser un dialogue national avec la frange de l’opposition qui était prête à accepter un report de la présidentielle. Est-ce que cette stratégie a fonctionné ou pas ?

    La stratégie a marché dans le sens que l’opposition apparaît aujourd’hui affaiblie, n’est pas capable d’être vraiment l’incarnation d’une alternative. Il y a une forte pression d’en bas, de la population des quartiers populaires qui veulent un changement. Alors je pense qu’il y a une perte d’autorité morale des acteurs institutionnels classiques, les partis politiques, la société civile, dans une certaine mesure aussi les églises, et qu’il y a un climat d’auto-prise en charge de la population. A l’heure actuelle, beaucoup de gens n’ont pas l’impression que les différents leaders d’opposition sont capables de dépasser les questions d’ego ; qu’ils ne sont pas encore capables de se mettre ensemble dans une constellation unie et crédible.

    Est-ce que les manifestations de ces deux derniers jours ne prouvent pas que le dialogue national, prôné par le pouvoir et une partie de l’opposition, est rejeté par beaucoup de gens ?

    Je crois que oui. Le président Kabila a convoqué ce dialogue il y a un an. Beaucoup de gens étaient très méfiants et croyaient que le président voulait imposer une nouvelle transition de quelques années, de trois ans, pour entre-temps changer la Constitution. Donc il y a beaucoup de méfiance autour de ça. A l’heure actuelle, il n’y a pas de confiance dans le fait que le dialogue soit le bon cadre.

    Et est-ce que les partis d’opposition qui boycottent ce dialogue depuis leur rencontre de Genval, près de Bruxelles en juin dernier, ne vont pas être encore confortés dans leur stratégie par les événements de ces deux derniers jours ?

    Les événements des derniers jours sont en train de polariser le paysage politique, je crois, notamment par la réaction du gouvernement, bien sûr. On a besoin d’un dialogue un peu plus, ou même beaucoup plus inclusif. Et pour le moment on voit quand même une répression qui est assez forte. Il y a des menaces de couper l’Internet, de couper la communication. Il y a bien sûr, tout d’abord, les attaques sur les [sièges] des partis d’opposition, donc tout ça va vraiment dans la direction opposée d’une solution portée par tout le monde.

    Dans le document que vous avez publié il y a deux mois, vous avez écrit que le pouvoir formait des « gangs de jeunes » pour intimider l’opposition. Est-ce que les évènements de ces derniers jours vous confirment dans cette analyse ?

    Cette analyse est basée sur une série de témoignages [à ce propos]. Effectivement, bien sûr, les événements récents sont une indication que c’est une réalité.

    Vous pensez peut-être à la mise à sac des quartiers généraux de l’opposition ?

    Bien sûr, oui.

    La communauté internationale, notamment l’Union africaine et les pays occidentaux, ont cautionné le dialogue national entre le pouvoir et une frange de l’opposition. Etait-ce le bon choix ou pas ?

    Je pense que la communauté internationale n’avait pas beaucoup d’alternatives, et qu’elle a essayé de faire une pression pour que ce dialogue soit aussi inclusif que possible. A l’heure actuelle, le groupe qui est effectivement autour de la table est trop limité pour désigner vraiment les contours d’une solution. Je comprends donc que différents pays, y compris la France, soient en train de plaider pour un dialogue beaucoup plus inclusif.

    Mais avec les graves événements de ces deux derniers jours, il semble qu’on prenne le chemin inverse ?

    Tout à fait. On est tombé dans des polarisations qui vont dans une très mauvaise direction. Je ne pense pas que détruire les [sièges] des partis d’opposition, je ne pense pas que la répression ou couper les voies de communication soit une bonne piste pour arriver à une plus grande inclusivité. Je pense le contraire.


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