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    La chute d’Hissène Habré racontée par l’ancien patron de la DGSE

    Claude Silberzahn, ancien patron de la Direction générale des services extérieurs français (DGSE). PASCAL LAINE GERARD CERLES / AFP

    En Libye, la montée en puissance de Khalifa Haftar et de son armée provoque toujours des remous au sein de la communauté internationale qui ne reconnaît que le gouvernement d’union nationale. Le maréchal Haftar a récemment pris le contrôle des quatre principaux terminaux pétroliers du pays. Avec notre invité, nous revenons ce matin sur un épisode historique décisif mais méconnu dans lequel Khalifa Haftar a été impliqué. En 1987, alors officier de l’armée de Mouammar Kadhafi, il est fait prisonnier par le Tchad. Il est enrôlé par les services secrets américains. La CIA le met à la tête d’une troupe de combattants libyens dont l’objectif est de faire tomber Kadhafi. Finalement ce projet échoue mais joue un rôle important dans la chute du président tchadien Hissène Habré ! Et cela à cause de l’intervention des services secrets français… Claude Silberzahn, ancien patron de la Direction générale des services extérieurs français (DGSE), répond aux questions d’Anthony Lattier.

    Ce que l’on a appelé la « force Haftar », c’était quoi ?

    Claude Silberzahn: La « force Haftar » est en fait une invention américaine, l’idée étant de récupérer le maximum de prisonniers faits par Hissène Habré dans sa bataille contre le Tchad. Il y a eu une grosse récupération de matériel de guerre libyen et les 2 000 prisonniers, concentrés dans un camp à Ndjamena.

    L’idée, c’était donc d’entraîner ces hommes pour faire tomber le chef de l’Etat libyen, Mouammar Kadhafi ?

    C’est cela.

    Que pensiez-vous, à ce moment-là, de ce projet américain de mettre en place une « force Haftar » ?

    Nous avons, si vous voulez, participé à la victoire de monsieur Hissène Habré. Par contre, l’affaire de la « force Haftar » est une affaire proprement américaine dans laquelle notre service et la France n’interviennent absolument pas. Elle est une action couverte, une « covert action » de la CIA et nous ne sommes pas censés la connaître.

    En fait, nous la connaissons, bien entendu. Nous savons que les Américains, en liaison avec Hissène Habré, montent cette opération. Hissène Habré sera, d’ailleurs, invité aux Etats-Unis et il déjeunera même avec Reagan. C’est vous dire l’importance de cette affaire puisque c’est une affaire par laquelle les Etats-Unis pensent, à un moment donné, prendre à revers, en quelque sorte, Kadhafi. La France, à ce moment-là, est plutôt sur une ligne de réconciliation avec Kadhafi.

    Donc, cela ne sert à rien de renverser Kadhafi ?

    Nous ne sommes pas du tout d’accord pour re-déstabiliser le Tchad en faisant partir, depuis le Tchad, une « armée » destinée à renverser monsieur Kadhafi.

    Pour vous, à la DGSE, en s’alliant avec les Américains sur ce projet, le président tchadien, Hissène Habré, vous a trahi ?

    Oui, d’une certaine manière. Je suis allé à Ndjamena et j’ai vu, pour la première fois, le président Hissène Habré. Dans ce long entretien que j’ai eu avec lui, ce n’était pas à moi d’aborder l’affaire de la « force Haftar » que je n’étais pas censé connaître. Hissène Habré ne m’en a absolument pas parlé. Je suis sorti de la résidence présidentielle en ayant le sentiment qu’il y avait là un sujet considérable pour nous. Hissène Habré a joué, dans notre dos, avec les Américains et c’est en sortant que j’ai décidé de l’éliminer.

    D’éliminer Hissène Habré ?

    De l’éliminer du pouvoir.

    De quand date ce rendez-vous important ?

    Ce rendez-vous date de 1990.

    Donc à ce moment-là, vous décidez d’abandonner Hissène Habré et vous basculez, on va dire, en vous reportant sur Idriss Déby qui a fait défection au début de l’année 90. Vous décidez de lui apporter votre soutien ou, en tout cas, votre accord pour qu’il revienne à Ndjamena ?

    Ce n’est pas tout à fait ça. Le travail de la DGSE est fondamentalement de savoir qui est dans l’opposition, qui aura le pouvoir peut-être demain, et les oppositions auxquelles les pouvoirs actuels sont confrontés. Nous avons eu donc des contacts permanents avec Idriss Déby, depuis qu’il a pris le maquis.

    La France a-t-elle soutenu militairement Idriss Déby à ce moment-là ?

    Non. Ce qui se passe à ce moment-là, c’est que l’armée française est persuadée que Hissène Habré est un homme de guerre incomparable. J’obtiens donc qu’il n’y ait pas de prise de parti ni pour l’un, ni pour l’autre. Et pour répondre à votre question, on n’aidera pas militairement Déby.

    Mais vous lui faites savoir que la France a choisi la neutralité ?

    Je lui ai dit « la France considère qu’il s’agit d’un conflit interne ».

    Diriez-vous que le soutien d’Hissène Habré à la « force Haftar » a en partie, contribué à la chute de son régime ?

    Oui. Pour nous, il y a l’échec total d’Hissène Habré comme homme d’Etat. Il y a Hissène Habré comme violant les droits de l’homme en permanence et il y a Hissène Habré « traître » à des accords que nous avons et qui visent à soutenir le Tchad, en tant qu’Etat et Nation.

    Que change l’arrivée d’Idriss Déby, en décembre 1990 ?

    Déby nous laisse, à nous, à nos Services, de négocier avec les Américains le départ de la force Haftar. Il y en a certains qui repartent vers la Libye. Khalifa Haftar va aux Etats-Unis. Puis, beaucoup d’autres partiront également. Il aura une navette américaine qui viendra chercher les gens.


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