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    Jan Woerner: «Nous allons sur Mars pour savoir s’il y a eu de la vie dessus»

    Jan Woerner, directeur général de l’ESA. ESA

    Ce mercredi 19 octobre, si tout se passe bien, l’Europe va mettre un pied sur Mars. Le module Schiaparelli de la mission ExoMars doit en effet se poser sur la planète rouge, une opération que seuls les Américains ont aujourd’hui réussi. Jan Woerner, le directeur général de l’Agence spatiale européenne (ESA) répond en exclusivité à RFI.

    RFI : Jan Woerner, ce mercredi, si tout se passe bien, ce sera une première pour l’Agence spatiale européenne. Dans le cadre de la mission ExoMars, vous allez poser un engin à la surface de la planète rouge, le module Schiaparelli. En quoi consiste cette mission ?

    Jan Woerner : En fait, c’est la deuxième fois, avec la mission Mars Express et l’atterrisseur Beagle 2 en 2003, mais il n’avait envoyé aucun signal.

    ExoMars est une mission fascinante, et cet atterrissage est une étape cruciale. Nous allons donc poser le module Schiaparelli, et c’est une manœuvre compliquée. Tout d’abord, on a dû aller vers Mars. On y est, on peut donc dire que c’est fait. Ensuite Schiaparelli a dû se séparer de la sonde principale. Il va ensuite pénétrer dans l’atmosphère martienne avec son bouclier thermique.

    Si tout se passe bien, ses parachutes vont s’ouvrir pour le ralentir. Puis, quand le module se rapprochera de la surface, il va larguer le bouclier thermique et les parachutes. Si tout se passe comme prévu, des réacteurs vont alors s’allumer pour un atterrissage en douceur sur mars.
     
    Quel type de données espérez-vous récolter avec l’atterrissage de Schiaparelli ?
     
    Avec Schiaparelli, mais aussi la sonde principale de la mission ExoMars, le Trace Gas Orbiter : le TGO, on a pour but de rechercher des traces de vie sur Mars. Le rôle de TGO est d’observer l’atmosphère de la planète pour voir si elle contient de telles traces de vie actuelle ou passée.

    Schiaparelli lui, c’est avant tout un démonstrateur technologique d’atterrissage. Mais cela ne l’empêche pas d’embarquer quelques instruments scientifiques également. C’est donc une mission très intéressante.
     
    Pourquoi chercher la vie sur Mars alors qu’aujourd’hui cette planète est très certainement stérile ?
     
    Nous cherchons des traces de vie sur Mars, car Mars a eu dans son passé de meilleures conditions qu’aujourd’hui. Elle était plus chaude, son atmosphère était différente. On sait également qu’il y a de l’eau glacée sur Mars, mais elle devait être liquide dans le passé. La Nasa a bien apporté des observations indiquant qu’il y en aurait toujours actuellement, mais c’est un autre point.

    L’eau liquide, c’est un élément nécessaire si vous voulez avoir de la vie. Les deux modules, Schiaparelli et le TGO ont donc pour mission de rechercher tous les indices sur cette possible présence de vie. Avec la mission ExoMars 1, c’est la première fois que l’on a une mission dédiée à cette question.
     
    Vous l’avez sous-entendu, après ExoMars 1, il y aura ExoMars 2. Une mission avec un rover à la surface de Mars. Elle devait décoller en 2018, puis a été reportée à 2020. Où en est cette mission ?
     
    Il y a plusieurs raisons qui font qu’on ne peut pas la repousser de seulement un, deux ou trois mois. À cause des orbites respectives de la Terre et de Mars, soit on décolle en 2018, soit on repousse d’au moins deux ans. Ce sera donc en 2020, car il y a encore plusieurs difficultés techniques pour mettre tous les instruments scientifiques à bord. C’est la raison de ce report.

    ExoMars 2 sera la suite directe de celle qui se déroule en ce moment. On enverra un rover sur Mars, un robot qui peut se déplacer et qui aura un instrument unique qui n’a jamais utilisé avant : une foreuse qui pourra creuser dans le sol martien jusqu’à deux mètres de profondeur. Deux mètres parce qu’on pense que s’il y a toujours de la vie sur Mars, elle ne sera pas à la surface, mais dans sa croûte, sous la surface.

    Ces deux missions sont donc liées : avec l’atterrissage de Schiaparelli ce mercredi, nous préparons l’atterrissage du rover de la mission en 2020 et avec TGO, on regarde déjà l’atmosphère. C’est donc un programme complet d’exobiologie, de recherche de vie en dehors de la Terre... et c’est ce que signifie ExoMars : la biologie sur Mars.
     
    Quel est le rôle de l’Europe dans l’exploration martienne ? Barack Obama a réaffirmé la volonté américaine de poser des Américains sur Mars dans les années 2030. Où se situe l’ESA dans cette dynamique ?
     
    Tout d’abord, pourquoi Mars ? C’est une question facile : si vous voulez aller sur une autre planète, Mars est la solution la plus simple. Vénus est trop chaude, Mercure encore plus, Saturne et Jupiter sont beaucoup trop lointaines… Mars est donc notre seule opportunité. C’est la première raison, mais surtout Mars a fasciné les hommes depuis des siècles.

    Quand ils regardaient le ciel, ils voyaient un point rouge. Quand on a commencé à braquer des télescopes dessus, on a vu que ce point rouge évoluait : on a même pensé qu’il y avait des gens dessus ! Aujourd’hui, on sait que ce n’est pas le cas, mais Mars reste un endroit spécial, intéressant et fascinant. À tel point que les Etats du monde qui ont des activités spatiales sont intéressés par Mars pour toutes ces raisons. Ce n’est pas une compétition, c’est une coopération. Si vous regardez notre mission ExoMars, c’est un partenariat très fort avec la Russie, mais aussi avec les États-Unis. Ces missions se font toujours en coopération internationale. Le robot Curiosity et ExoMars sont, à ce titre, complémentaires : ils font tous les deux progresser l’exploration martienne.
     
    Mais la Nasa a clairement en vue l’exploration humaine de Mars.
     
    À la question : « est-ce que l’homme marchera sur Mars ? », la réponse est clairement oui. C’est évident, des astronautes y iront. Les seules questions, ce sont « quand ? » et « comment ? »

    Le voyage vers Mars des Américains est plus qu’un simple voyage. C’est une feuille de route de l’exploration du Système solaire dont la première étape est Mars. Mais avant ça il faut continuer d’explorer l’orbite basse terrestre avec la Station spatiale internationale, et retourner sur la Lune - que ce soit en orbite ou à sa surface. Mars est donc la destination, mais ce n’est pas la première. Mais j’en suis convaincu, les hommes iront sur Mars. Ils ont escaladé le mont Everest, ils sont descendus dans les abysses, ils ont découvert l’Amérique… c’est dans la nature humaine d’explorer l’inconnu.

    Avant que des hommes n’aillent sur Mars, il y a toujours la Station spatiale internationale. Il y a un français, Thomas Pesquet, qui va la rejoindre le 15 novembre. Que pouvez-vous nous dire de lui ?
     
    Thomas Pesquet est un astronaute européen, c’est important pour moi de le préciser, d’accord, il a la nationalité française, ou un accent français, comme vous voulez, mais c’est avant tout un de nos jeunes astronautes européens. Je suis donc très heureux qu’il fasse cette mission après celle du Britannique Tim Peake. Tim a fait un séjour merveilleux à bord de la Station spatiale internationale et maintenant c’est au tour de Thomas d’y séjourner pendant 6 mois.

    J’espère que tout se passera bien et qu’il aura un décollage réussi à la mi-novembre et qu’il puisse ensuite réaliser toutes les expériences de prévues. J’ai signé un contrat avec le CNES, l’Agence spatiale française à ce sujet, il y a deux semaines.
     
    Il s’agit vraiment d’une étape supplémentaire dans l’exploration humaine de l’orbite basse de la Terre. Vous savez, on ne peut pas remplacer les humains en orbite, parce que les expériences que l’on fait avec des astronautes, par exemple sur la médecine, on ne peut pas faire ça avec des robots. On ne peut pas mesurer la pression sanguine d’un robot, on ne peut pas étudier le système de régulation du sel d’un robot. C’est donc une raison suffisante pour envoyer des astronautes dans l’espace.

    Vous le dites, le vol habité est important pour la recherche scientifique. Pourtant, à la différence de ses partenaires internationaux, l’Europe ne s’est toujours pas engagée à prolonger sa participation à la Station spatiale internationale jusqu’en 2024. Pourquoi n’a-t-elle pas encore pris cet engagement ?
     
    C’est important que l’Europe maintienne ses activités dans la Station spatiale internationale. Pour plusieurs raisons : la recherche médicale en est une... mais il y a également l’intérêt géopolitique à aller dans l’espace.

    Dans la Station spatiale internationale, il y a des Américains, des Russes, des Japonais, des Canadiens et des Européens, qui travaillent ensemble. Ils le font même en période de crise sur Terre, comme celle en Crimée, ou n’importe quel autre d’ailleurs.

    On a toujours cette coopération très forte dans l’espace et je pense que l’Europe doit maintenant confirmer sa présence dans le projet jusqu’en 2024, au côté de nos partenaires internationaux. Ils ont d’ailleurs tous déjà pris cet engagement.
     
    La contribution européenne est relativement petite, quelque chose comme 8 % mais elle est très rentable, pour la recherche, pour la technologie, pour l’inspiration que donne ce projet. Nous devons donc confirmer notre présence. Je vais d’ailleurs demander aux Etats membres de l’Agence spatiale européenne, pendant ce qu’on appelle le conseil ministériel qui aura lieu à Lucerne à la fin de l’année, de confirmer notre présence dans la Station jusqu’en 2024.
     
    Cela implique aussi le module de service européen du vaisseau américain Orion. C’est ce qu’on appelle une contribution technologique. Cela veut dire qu’on ne donne pas d’argent pour envoyer nos astronautes, mais on fournit en échange certaines technologies. Par cet échange, on a le droit de voler à bord de la Station. Si on prolonge jusqu’en 2024, c’est donc également bon pour le développement de nouvelles technologies européennes.
     
    Vous êtes optimiste quant à la décision qui sera prise en décembre à Lucerne ?
     
    Je ne suis pas optimiste, je suis réaliste. Je suis relativement certain que nous aurons cet engagement parce que la nécessité que l’Europe a d’avoir des astronautes à bord de la station, les valeurs que cela transmet, ce sont des choses évidentes. Je suis donc assez sûr que cet engagement sera pris.
     
    Vous pensez déjà à l’après-Station, avec un projet, le « moon village », l’installation d’une base sur la Lune. Pouvez-vous nous le présenter ?
     
    Lors de nos discussions avec les Etats membres sur la stratégie, nous avons retenu trois destinations - la destination ne doit d’ailleurs pas être le seul critère, ce qu’on y fait compte aussi - l’orbite terrestre basse, la Lune et Mars.
     
    L’orbite basse, c’est ce que nous faisons actuellement, et c’est ce que nous devrons continuer après 2024, même après la fin de la Station spatiale internationale. Nous avons besoin d’aller en orbite basse pour les raisons que j’ai évoquées tout à l’heure.
    Mon idée n’est pas d’avoir un projet là, maintenant, pour créer un village lunaire. Il s’agit plutôt d’un concept.

    Pour comprendre la différence, vous pouvez imaginer plusieurs personnes qui se retrouvent et se disent « créons une communauté ». Comme elles ont différentes capacités, il y a peut-être un boulanger, une qui veut faire un bar...  ils vont créer leur communauté qu’on va appeler un village.

    Vous voyez, la différence, c’est qu’il ne s’agit pas d’un projet de l’ESA pour aller construire des habitations, des églises ou une mairie sur la Lune. Le concept, c’est de réunir des gens du monde entier avec différentes capacités pour qu’ils travaillent ensemble sur le même site. Ce site, c’est la Lune.

    Il s’agirait d’une activité ouverte et organisée dans le monde entier. Nous avons déjà eu des retours intéressés de nos Etats membres, mais aussi de pays un peu partout dans le monde et de compagnies du secteur privé qui pourraient y amener une activité robotique ou bien humaine. C’est pour cette raison que je suis assez confiant dans ce concept. Cela va marcher, même si je rappelle que ce n’est pas un projet au sens strict du terme, et ce n’est pas en contradiction avec l’exploration de Mars ou autre. C’est un concept pour amener différents acteurs venus du monde entier à travailler ensemble sur la Lune.
     
    L’agence spatiale européenne a organisé début septembre des « citizens’ debates », des débats citoyens, dans toute l’Europe. Il y a une volonté d’impliquer les citoyens européens dans la politique spatiale ?
     
    Quand j’étais candidat au poste de directeur général de l’ESA, on m’a demandé quelle était ma vision. J’ai répondu que l’ESA devait devenir une agence ouverte dans le cadre de ce que j’appelle « Space 4.0 ». « Space 1.0 », c’était l’astronomie, « Space 2.0 », c’était la course aux étoiles avec Apollo et Soyuz. « Space 3.0 », l’ouverture, avec la Station spatiale internationale.

    Maintenant, nous sommes dans une nouvelle ère. L’espace s’ouvre à différents acteurs, commerciaux ou du secteur privé, mais également aux individus. L’espace est aujourd’hui un instrument utilisé tous les jours, une infrastructure. Je pense que les citoyens doivent avoir leur avis à ce sujet. On a donc organisé cette journée dans toute l’Europe, et on a demandé aux 2 000 participants ce qu’ils attendaient de l’espace, ce qu’on devrait y faire, comment l’argent public doit être investi.

    Les résultats sont très intéressants. Beaucoup ont répondu qu’on devrait, en tant qu’humains, utiliser l’espace pour l’exploration, pour l’observation de la Terre. De façon très intéressante, plus de 80 % d’entre eux ont également répondu qu’on devrait rechercher des ressources dans l’espace. Je pense donc que c’était une initiative très profitable. Nous faisons bien sûr le même genre de démarche avec l’industrie, avec le monde universitaire, mais cette fois-ci, nous avons voulu discuter avec l’homme de la rue, si on peut dire.
     
    Vous avez mentionné l’exploration. Il y a eu la fin de la mission opérationnelle de la sonde Rosetta au début du mois d’octobre. Quelles sont les prochaines grandes missions scientifiques de l’ESA ?
     
    La première est bien sûr ExoMars. Mais nous avons beaucoup d’autres programmes pour le futur. L’exploration des lunes glacées de Jupiter, nous voulons aller vers Mercure. Nous prévoyons une mission dédiée à l’évolution du Soleil, Solar Orbiter. Nous avons également un projet concernant les ondes gravitationnelles. Vous savez qu’Albert Einstein avait décrit les ondes gravitationnelles dans sa théorie, mais elles n’avaient jamais pu être observées. L’ESA avait donc depuis longtemps pour projet une mission, LISA, utilisant ces ondes comme un moyen pour étudier l’Univers.

    En début d’année, les Américains ont effectivement observé ces ondes pour la première fois. Au même moment, nous avons lancé notre satellite LISA Pathfinder, qui a pour rôle de vérifier si la solution technique que nous avons choisie fonctionne bien. La véritable mission LISA, qui s’appelle désormais eLISA, n’est prévue qu’en 2034. Nous regardons donc loin dans le futur, mais cette mission nous donnera les moyens d’observer l’Univers comme jamais auparavant.

    Jusqu’à présent, nous ne disposons que de moyens optiques, comme les télescopes, et nous avons des radiotélescopes. Les ondes gravitationnelles sont donc un troisième moyen et si tout se passe comme prévu, nous ouvrirons donc une nouvelle fenêtre dans notre compréhension de l’Univers. Ce sera une mission très stimulante.
     
    La mission ExoMars est faite en collaboration avec Roscosmos, l’Agence spatiale russe. Est-ce que certaines des missions que vous venez d’évoquer sont envisageables avec ce type de partenariat ?
     
    Nous prévoyons des missions avec nos partenaires du Monde entier. Roscosmos fournit la fusée pour les deux missions ExoMars, mais la Nasa également est impliquée. Nous avons des projets pour la Lune avec la Russie, nous parlons également avec l’Inde, le Japon. Il s’agit véritablement d’une collaboration internationale.

    C’est ce qui est beau avec l’espace : nous dépassons les crises terriennes. Je comprends bien sûr les conflits qu’il y a sur Terre, mais en même temps, nous avons besoin de quelque chose qui peut passer au-dessus de ces conflits. L’espace peut jouer ce rôle.
     
    L’espace, et la science en général, ont donc un rôle à jouer pour promouvoir la coopération internationale ?
     
    Je pense que ce n’est pas exagéré de dire que l’espace est au service de l’humanité. Ici, à l’ESA, avec nos 22 pays membres et le Canada, nous coopérons. Alors qu’en dehors, ces Etats ne le font pas nécessairement. Tous nos membres participent par exemple au programme scientifique. Nous faisons l’Europe ! Et aucun de nos membres n’a jamais manifesté son envie de quitter l’ESA, il n’y a pas de Brexit de l’ESA. C’est donc très important pour l’Europe mais aussi pour le monde.

    L’ESA, avec cette structure particulière, a la capacité de coopérer avec n’importe qui au monde. Si l’un de nos membres a des différends politiques avec un autre pays du monde, nous avons 21 autres états membres qui n’ont peut-être pas ces difficultés. L’ESA est donc un instrument idéal pour faciliter la coopération internationale, dans l’espace, mais aussi en sciences en général.
     
    Même avec la Chine ?
     
    Oui ! Par exemple, les États-Unis et la Chine ont des difficultés. L’ESA, elle, parle avec les États-Unis, avec la Chine, mais aussi avec l’Inde, la Russie ou l’Afrique. C’est ce qui fait la beauté de l’ESA.
     
    La Chine vient de mettre sur orbite son deuxième laboratoire spatial. Peut-on imaginer des astronautes européens à bord ?
     
    Nous avons de bonnes discussions avec la Chine. Il n’y a pas encore de décision d’arrêtée, mais certains de nos astronautes apprennent déjà le chinois, au cas où ils doivent un jour embarquer sur un vaisseau chinois.
     
    Il y aura donc des astronautes européens dans une station chinoise ?
     
    C’est possible.
     
    Quand est-ce que la décision sera prise ?
     
    Nous en parlons. Vous voyez, nous n’abandonnerons pas nos valeurs, mais la Chine est véritablement devenue une puissance spatiale. Nous étudions donc des façons de coopérer plus étroitement.

    Nous le faisons déjà, nous avons des expériences sur certaines de leurs sondes, mais bien sûr, avoir un astronaute européen dans un vaisseau chinois, ce serait aller encore plus loin. Mais nous voulons coopérer avec eux. Même avec différentes opinions sur beaucoup de sujets, nous devons avoir des contacts avec les pays du monde entier.
     
    L’Europe n’a pas une très grande histoire du vol habité, elle n’a aucun moyen propre d’envoyer des hommes dans l’espace. Vous en parlez pourtant beaucoup, vous en faites la promotion. Quelle est la politique de l’ESA en la matière ?
     
    On a eu de très beaux outils ! L’ATV, le véhicule de transfert automatique, qui pouvait s’arrimer à la Station spatiale internationale de façon autonome. Après l’arrêt du programme, nous avons réfléchi à la suite, comme améliorer l’ATV en un système qui puisse transporter des astronautes. À cause du coût, les Etats membres sont plutôt réticents.

    Nous verrons ce que le futur nous réserve, il n’y a pas de feuille de route définitive aujourd’hui. Jusqu’à présent, nous pouvons utiliser les systèmes russe et américain, peut-être chinois également. Nous avons cependant un accès autonome à l’espace avec les fusées Ariane et Vega, et c’est le plus important. Pour le vol habité, nous verrons, mais il ne faut jamais dire jamais.


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