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    Le clan Gupta et le pouvoir en Afrique du Sud: décryptage avec Victor Magnani

    Victor Magnani. © IFRI

    Un clan au cœur du scandale : la famille Gupta. La collusion entre cette fratrie d'hommes d'affaires venus d'Inde dans les années 1990, et le président sud-africain Jacob Zuma, est pointée du doigt dans un rapport publié mercredi dernier par la médiatrice de la République. Cette dernière dénonce la corruption au plus haut niveau de l'Etat. Comment cette famille a-t-elle fait fortune ? Quels liens a-t-elle tissés avec le clan Zuma ? Décryptage avec Victor Magnani, chargé de projets au programme Afrique subsaharienne de l'Institut français des relations internationales à Paris (Ifri).

    RFI : C'est l'histoire de trois frères venus s’installer en Afrique du Sud dans les années 1990 pour faire des affaires. Comment les Gupta se sont-ils imposés sur la scène économique ?

    Victor Magnani : Ils sont arrivés juste avant les premières élections libres et démocratiques, en 1993. Donc, avant les premières élections de 1994. Le frère aîné Ajay Gupta est arrivé en premier, envoyé par son père qui pensait que l’Afrique du Sud serait le nouvel Eldorado.

    Ajay Gupta est arrivé en développant une compagnie informatique. Il a ensuite fait venir ses deux frères : Atul et Rajesh, qui l’ont rejoint assez rapidement. A la base, ce n’était pas une famille d’une puissance financière extrêmement importante. Mais la famille Gupta a développé ses activités bien au-delà du secteur informatique.

    Ils ont aujourd’hui des participations dans le secteur minier, dans les médias, dans l’armement ou encore dans les transports. Je crois qu’il est assez difficile de chiffrer la fortune de cette famille-là. Toutefois, on sait que la compagnie Sahara Computers, qui est la première compagnie créée par la famille Gupta, a un chiffre d’affaires d’environ 22 millions de dollars et emploie près de 10 000 employés aujourd’hui en Afrique du Sud.

    Par ailleurs, Oakbay Investments, qui est la Holding qui regroupe l’ensemble des sociétés liées à la famille Gupta, aurait des revenus à hauteur de 260 millions de dollars. Ce sont aujourd’hui les chiffres dont on dispose pour évaluer la puissance financière de cette famille-là.

    Les mines, l’informatique, l’immobilier, les médias... En effet, en 25 ans, la famille a réussi à bâtir un empire. C'est finalement assez court. Quelles ont été les clés de leur succès d’après vous ?

    Je crois que la clé de ce succès a été notamment de se rapprocher de la famille Zuma. La première rencontre avec Jacob Zuma aurait eu lieu en 2004 au cours d’une réception. Et depuis cette période-là, les liens se sont vraiment resserrés, je dirais, entre la famille Gupta et Jacob Zuma. Aussi bien Jacob Zuma que les membres de cette famille-là assument publiquement leur amitié.

    Il y a notamment trois personnes de la famille Zuma qui ont travaillé directement dans les sociétés détenues par la famille Gupta. Bongi Ngema Zuma, qui est une des femmes du président, a travaillé au service de communication d’une des sociétés minières de la famille Gupta, JIC Mining Services.

    Duduzile Zuma, la fille du président Zuma, a également eu un poste de directeur à Sahara Computers, la société informatique dont on parlait tout à l’heure. Et puis, bien sûr, Duduzane Zuma, l'un des fils du président, est souvent mentionné comme le pivot, finalement, de cette union entre la famille Zuma et la famille Gupta, puisqu’il a eu de hautes responsabilités dans Oakbay Investments.

    Comment les Gupta ont-ils pu réussir dans le monde des affaires ? Je crois qu’il faut déjà souligner, sans doute, le fait qu’ils ont été de bons investisseurs, qu’ils ont fait des choix économiques crédibles et rationnels qui auront permis de développer leur fortune. Ça c’est un premier point. Je pense qu’on ne peut pas simplement les taxer de corruption pour avoir réussi là où ils en sont aujourd’hui.

    Par contre, il est vrai que depuis quelques années, il y a des éléments extrêmement troublants qui montreraient qu’ils auraient bénéficié de leur amitié directe avec l’administration de Jacob Zuma, qu’ils auraient notamment pu bénéficier d'accès à des marchés publics de manière un petit peu douteuse.

    Finalement, on serait tenté de dire qu'ils ont misé sur le bon cheval en se rapprochant de Zuma alors qu’il n’était pas encore président...

    Tout à fait. Ils avaient essayé de développer des liens avec le précédent président de la République sud-africaine, Thabo Mbeki. Cependant, ils n’avaient pas réussi à créer un lien aussi proche avec le précédent président. Et ils ont donc plutôt misé sur Jacob Zuma. Ils ont développé ces liens-là, et l’auraient soutenu assez fortement lorsque Jacob Zuma a souhaité prendre la place de Thabo Mbeki à la tête de l’ANC avant de prendre la tête de la République sud-africaine.

    Donc, effectivement, il y a un lien très fort qui a été investi via Jacob Zuma. C’est peut-être finalement un investissement un peu trop important, à tel point qu’aujourd’hui la famille Gupta est impétrée dans une affaire assez délicate. Et elle aura vraisemblablement du mal à développer ses affaires dans les années à venir.

    Diriez-vous que la famille Gupta est aujourd’hui tellement attachée à la présidence Zuma et à ses dérives, qu’en cas d’alternance au pouvoir cela pourrait entraîner un affaiblissement de leur groupe ?

    Oui, tout à fait. Et d’ailleurs, la famille Gupta et son représentant ont envoyé des signes indiquant qu’ils se retireraient petit à petit de l’économie sud-africaine et qu’ils seraient même prêts à quitter le pays pour investir ailleurs. On parle notamment de Dubaï, où ils seraient relocalisés, mais aussi de la Chine ou de l’Inde, dans lesquels ils pourraient investir leur fortune.


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