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    Décryptage avec nos invités, Liesl Louw Vaudran et Stéphanie Wolters, de l'Institut d'études et de sécurité de Pretoria -ISS-, Daniel Compagnon, professeur à l'Institut d'études politiques de Bordeaux (Centre d'études d'Afrique noire), Jean-Baptiste Placca, éditorialiste à RFI, et nos envoyés spéciaux à Harare et correspondants régionaux.

    Adama Barrow: «La nouvelle Gambie est libre, prête à coopérer à l’international»

    Gambie: le nouveau président élu (le 2 décembre) Adama Barrow. REUTERS/ Thierry Gouegnon

    Invité Afrique exceptionnel sur RFI Adama Barrow, le nouveau président élu de la Gambie. L'homme qui a mis un terme aux 22 ans de règne autocratique de Yahya Jammeh, répond aux questions de notre envoyé spécial à Banjul, Guillaume Thibault. Adama Barrow qui voit dans sa victoire, une victoire du peuple gambien.

    RFI : est-ce que vous êtes heureux aujourd'hui ?

    Adama Barrow : Très, très... Très heureux. C'était un appel de la Nation, et j'y ai répondu. Ce qui était impossible hier, est possible aujourd'hui.

    Est-ce que c'est la victoire du peuple gambien, monsieur le président ?

    C'est une victoire du peuple, une révolution. Les gens étaient prêts pour le changement, et avec leur détermination et leur persévérance, il a été possible. L'impossible est aujourd'hui possible.

    Vous parlez de la nouvelle Gambie ? Qu'est-ce que c'est la nouvelle Gambie ?

    La nouvelle Gambie est très intéressante. La nouvelle Gambie est une Gambie libre. La nouvelle Gambie est une Gambie qui est prête à se mettre en marche. La nouvelle Gambie est prête à coopérer à l'international, avec tout le monde.

    Quelles sont vos relations avec Yahya Jammeh ?

    Et bien, il n'y a aucune relation directe entre moi-même et Yahya Jammeh. Nous sommes tous les deux sur la scène politique, nous nous sommes affrontés dans cette élection, et j'en suis le vainqueur. C'est tout. Aucun lien entre nous.

    Quand vous avez parlé avec lui au téléphone il a proposé de vous aider. Est-ce que vous allez accepter cette aide ?

    Il a été président pendant 22 ans. De toute évidence, il y a certaines choses qu'il peut nous apprendre. Si besoin, nous le consulterons.

    Ça veut dire qu'aujourd'hui on ne peut pas faire sans Yahya Jammeh ?

    Bien sûr que si. Comme il y a une période de transition de deux mois, alors nous devons travailler avec lui durant cette période pour qu'il nous transmette officiellement le pouvoir.

    Où est Yahya Jammeh aujourd'hui et que dites-vous aux Gambiens ?

    Et bien, nous ne voulons pas trop en dire, nous n'avons de griefs contre personne. Lorsque nous serons en place, nous ouvrirons des enquêtes et nous les mènerons à bien. Nous respectons tout le monde. Nous n'en voulons à personne. Nous ferons tout sur la base de nos principes.

    Dans la rue les Gambiens ont fêté votre victoire - ou fêté la fin du règne de Yahya Jammeh - mais beaucoup aussi demandaient la justice...

    La justice sera rendue pour tout le monde dans ce pays. La Gambie a souffert pendant vingt-deux ans et maintenant, tout le monde est libre. Libre dans le sens où la règle est la même pour tous, avec une justice libre, des médias libres... Pour que le peuple soit informé. Si on est informé, on peut être éclairé, et avec un peuple éclairé, le pays se développe.

    Durant la campagne vous avez dit que au bout de trois ans vous alliez organiser une nouvelle élection présidentielle. Est-ce que vous allez le faire ?

    Je vais respecter tous mes engagements. La Constitution prévoit un mandat de cinq ans, mais je respecterai l'accord, car nous nous étions entendus sur le principe que nous pouvions y arriver en trois ans. Si on y arrive en trois ans, c'est bien. Si on n'y arrive pas, alors nous examinerons le délai, mais pour le moment, on respecte les trois ans.

    Quelles sont vos priorités ?

    Ma première priorité est de former mon gouvernement. Ce gouvernement va commencer à travailler très bientôt, on y travaille, c'est le plus important. C'est fondamental. Nous voulons commencer les réformes, il faut réformer les choses. Quand on réforme les choses, on peut avancer.

    Quelles réformes par exemple ?

    Beaucoup de choses. Il y a de mauvaises lois... il faut réformer l'économie, la justice... C'est une révision de quasiment toute la gouvernance. Vingt-deux ans, c'est long.

    Je sais que le président Macky Sall vous a appelé pour vous féliciter. Les relations entre le Sénégal et la Gambie c'est aussi quelque chose de très important ?

    Très, très important. C'est un voisin proche, le Sénégal entoure la Gambie. Notre meilleur ami au monde devrait donc être le Sénégal. Et nous ferons de cela une priorité, de cimenter notre relation pour que les deux pays en tireront profit.

    Dernière question, monsieur le président : quelle est votre définition de la liberté ?

    La liberté est quelque chose de très important dans la vie d'une personne. La liberté donne la possibilité d'explorer son potentiel. Si on est libre, les choses sont plus faciles. Si on est libre, on est heureux. La liberté est donc très importante. Et elle est arrivée.

    ⇒  Un entretien à réécouter sur RFI ce dimanche 4 décembre, sur les antennes africaines de 4h40, 5h45, 6h40, 7h45 et 12h40 en Temps universel


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