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    Qu’est-ce qu’une institution culturelle à l’heure du numérique?

    © RFI/Simon Decreuze

    Avez-vous remarqué qu'aujourd'hui, dans un musée, le meilleur ami du flâneur, c'est son cher et tendre smartphone. Passez du côté de la Joconde, au Louvre, et c’est une nuée de téléphones qui s’interpose entre les spectateurs et le sourire égal de la Joconde elle-même. Promenez-vous dans les Jardins de Versailles, arpentez les ruelles d’Avignon en plein mois de juillet, ou regardez sur la Croisette, en plein festival de Cannes, les selfies ont pris le pouvoir sur la promenade du flâneur.
    Alors, j’ai eu envie de poser la question suivante : que sont les institutions culturelles d’antan devenues ?

    Il est de bon ton de dire que le smartphone, c’est le mal, c’est la surcharge informationnelle, c’est presque le tout à l’égo, comme disait Régis Debray. Oui, sauf que le selfie, le filtre Instagram ou la story sur Snapchat, ce n’est pas nécessairement la fin des haricots pour le démon de l’inspiration, ce n’est pas nécessairement la fin des humanités et de la culture au long cours, ce n’est pas nécessairement la fin de l’effroi devant «le silence des espaces infinis».

    C’est peut-être même l’un des outils d’émancipation du genre humain, tant il peut aussi permettre d’améliorer l’accès à l’information, de décloisonner des territoires confinés, voire nous permettre d’avoir une nouvelle fenêtre sur le génie humain et la création contemporaine, ou, dans un tout autre registre, sur les atrocités commises du côté d’Alep, sous le regard des citoyens reporters armés de leurs téléphones et de leurs comptes Twitter.

    Nous commencerons donc l’émission avec notre coup de fil de la semaine, et on part à Beyrouth pour parler de la Syrie, avec Omar Ouahmane, qui nous parle des citoyens reporters à Alep-Est.

    Après les brèves, je vous convie à une conversation sur la transformation des musées, ou plus largement, des institutions culturelles à l’heure du numérique. Et vous verrez, j'ai invité 5 chercheuses formidables qui défendent une certaine idée de la culture à l’heure du code informatique et des réseaux sociaux :
    Audrey Defretin qui termine la sienne sur la médiation sur les supports numériques
    Noémie Couillard qui termine aussi la sienne sur les nouveaux métiers du musée, et notamment le community manager
    Marion Coville qui vient de soutenir sa thèse sur les jeux vidéo au musée
    Claire Séguret qui coordonne les réseaux sociaux à la communication de la BNF
    Sophie Bertrand, responsable de Gallica à la BNF.

     


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