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    Louisa Lombard: «Les Centrafricains ont droit aux richesses du pays»

    Couverture du livre « State of rebellion » de Louisa Lombard aux éditions Zed Books. zedbooks.net

    La Centrafrique est souvent présentée comme un « Etat failli » («failed state» en anglais) qu'il faut reconstruire et consolider. Mais est-ce vraiment la bonne approche? Louisa Lombard prône une nouvelle manière d'appréhender les problèmes du pays et appelle à la mise en place de politiques plus innovantes. Elle propose notamment une « politique de distribution ». L'universitaire, professeur à Yale, publie State of rebellion , aux éditions Zed Books. En ligne de New Haven, aux Etats-Unis, elle est l'invitée de RFI.

    Vous voudriez, je pense, qu’on se débarrasse de certains stéréotypes ou d’idées reçues concernant ce pays et notamment l’idée que la Centrafrique est un Etat failli. Vous dites que cette analyse de l’Etat failli n’est pas bonne. Pourtant elle structure l’approche de beaucoup d’organisations extérieures intervenant en Centrafrique ?

    Louisa Lombard : C’est bien cela le problème, c’est-à-dire que l’on ne peut pas penser à une manière d’organiser la politique qui soit différente de celle des Etats que l’on voit en Europe, par exemple. Le fait que la Centrafrique ne ressemble pas à cet Etat-là, cela apparaît comme un problème pour différents organismes internationaux.

    Et cela pose un problème pour régler les problèmes des Centrafricains ?

    A mon avis oui, parce que toutes ces interventions internationales qui existent coûtent très cher. Tous ces efforts pour faire construire et faire consolider l’Etat centrafricain sont là, mais cela ne change pas le fait que pour construire et consolider un Etat, en Centrafrique, il faut des quantités et des sommes énormes d’argent ! On fait donc des petites choses et à la fin du projet, il n’y a pas eu un grand changement et on continue à œuvrer toujours de cette manière. Or, à mon avis, il y a d’autres façons d’intervenir.

    Une chose que l’on pourrait faire, par exemple, c’est mettre en place une politique de distribution où tous les Centrafricains recevraient une certaine quantité d’argent. Ce n’est pas un salaire, mais c’est juste une manière de dire aux Centrafricains : « Vous êtes des personnes dignes, vous avez droit à une partie juste des richesses de ce pays ». Ainsi, de l’argent serait donné aux Centrafricains qui le dépenseraient dans leur communauté et qui ferait évoluer un tout petit peu l’économie et peut-être aussi les autres services.

    Ce sont des idées, par exemple, qui paraissent farfelues quand on en parle aux organisations internationales ?

    Oui, car c’est très différent de leur manière habituelle d’intervenir. Mais on l’a déjà vu pour l’Afrique du Sud, par exemple, où on a commencé à mettre en place une telle politique. Il y a aussi des ONG, en Afrique de l’Est, qui mènent également une telle politique. Ils pourraient donc le faire, également, dans un Etat fragile comme la Centrafrique.

    Est-ce une idée qui vous est venue après avoir analysé, sur le terrain, la façon dont fonctionnaient les relations entre les personnes et le pouvoir ?

    Oui, absolument. Après l’indépendance, il y a eu des leaders ou encore des présidents qui ont créé des postes salariés. C’était une manière de créer des citoyens. Il y avait cette politique qui voulait que toute personne sortie de l’université de Bangui était immédiatement intégrée dans l’Etat. Le fait d’être fonctionnaire n’était pas seulement une question de travail que l’on exerçait, mais c’était surtout une question de statut social. En tant que fonctionnaire, vous étiez quelqu’un de digne, quelqu’un qu’on ne pouvait pas ignorer et qu’on ne pouvait pas abandonner.

    Au cours des années 80, avec l’économie centrafricaine en désordre et l’ajustement structurel qui a été mis en place, cette politique de créer des citoyens en créant des postes salariés a été rompue. D’après la perspective des bailleurs de fonds, on pouvait la remplacer par une politique d’élection. Mais le lien entre les électeurs et les personnes de pouvoir est un lien assez faible si on le compare au lien entre une personne salariée et les personnes de pouvoir.

    C’est pour cela que beaucoup de membres des groupes armés, par exemple, se sont sentis abandonnés et ont revendiqué une relation matérielle avec l’Etat central. Ce n’est pas seulement une question d’argent ou d’avarice qui voudrait que les Centrafricains veulent de l’argent. C’est surtout une question de statut social. Par conséquent, je pense qu’on devrait plutôt travailler dans ce sens et trouver les manières de mettre les Centrafricains un peu plus à l’aise ; leur montrer qu’ils vont être pris en compte et qu’ils ne peuvent pas être abandonnés de la manière dont ils l’ont été, depuis maintenant des décennies.


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