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    Raffaele Poli: la CAN est, pour la CAF, «un peu comme la Coupe du monde pour la Fifa»

    Raffaele Poli. http://www.cies.ch

    La Coupe d’Afrique des nations (CAN) est devenue une manifestation sportive quasi-globale. La Confédération africaine de football (CAF) a su la valoriser, au fil des années, comme la pièce maîtresse de ses compétitions ; elles doivent lui rapporter un milliard de dollars d’ici à 2028. Mais cet argent sert-il la base du football africain ? Sa structuration, sa formation ? Un pays organisateur comme le Gabon tire-t-il profit de la CAN ? François Mazet a posé ces questions à Raffaele Poli, responsable de l’Observatoire du football au Centre international d’étude du sport (CIES) de Neuchâtel, en Suisse. Chercheur en sciences sociales, il dispense le cours « Enjeux contemporains du sport » à l’université locale. Il estime qu’il y a des améliorations dans la gouvernance du football africain, mais que beaucoup reste à faire, surtout par manque d’investissement dans les infrastructures et de vision à long terme.

    RFI: Les éditions passent et la Coupe d’Afrique des Nations gagne en visibilité, notamment via une plus ample exposition télévisuelle. Mais est-ce que cette visibilité accrue a des retombées concrètes pour le football africain ?

    Raffaele Poli: Oui, c’est clair. Effectivement, il y a des centaines de millions qui sont versés, aujourd’hui, pour la CAN. Pas seulement pour la CAN, mais c’est vrai que celle-ci reste la compétition phare de la CAF [Confédération africaine de football] et que c’est un peu le produit le mieux vendu à travers le monde. C’est un peu comme la Coupe du monde pour la Fifa [Fédération Internationale de Football Association].

    Concrètement, le partenariat entre la CAF et l’entreprise Lagardère doit rapporter près d’un milliard à la confédération africaine sur la période 2017-2028. Est-ce que cet argent va véritablement servir le développement du football africain, sa structuration ou bien est-ce qu’il va se perdre dans les méandres de la CAF et ensuite des fédérations, comme on en fait souvent le reproche ?

    Il est clair qu’aujourd’hui, on devient très méfiant parce qu’il y a eu trop d’exemples de mauvaise gestion, dans le passé. Il faut espérer que les différents remous qu’il y a eu, au niveau de la Fifa,[...] vont amener un vent de changement. En tout cas, c’est l’impression que j’ai, aujourd’hui, en observant un peu la situation. Les fonds de développement devront être utilisés de manière contrôlée, de plus en plus stricte et utilisés à bon escient. Par contre, il faut que tout le monde soit très attentif à ce qui se fait réellement sur le terrain. Il y a de très bonnes initiatives en Afrique, dans plein de pays africains mais ce sont souvent des initiatives privées. En Côte d’Ivoire, nous avons l’ASEC Mimosas d’Abidjan qui a été un des premiers à créer un centre de formation, dans les années 90, qui a de très bonnes structures et qui forme bien des jeunes. Ils ont aussi créé une radio - Radio Jaune et Noir - qui est très populaire à travers tout le pays. On voit ainsi un club se structurer comme une entreprise du spectacle, en quelque sorte. Au niveau du Mali aussi, il y a des initiatives privées comme celle de Jean-Marc Guillou qui a créé une école de foot – pas seulement au Mali d’ailleurs, mais aussi au Ghana - qui est en train de former de très bons joueurs. On l’a vu aussi avec les résultats et les sélections de jeunes du Mali. Ce n’est pas seulement une question de moyens ou d’infrastructures ; il faut aussi qu’il y ait une volonté politique qui soit présente pour que les choses se fassent.

    Et pour l’instant, cette volonté politique n’est pas encore présente partout ?

    Non. Il y a beaucoup d’instabilité dans certains pays. On sait par exemple qu’un président de fédération et même aussi un ministre des Sports est très souvent jugé en fonction des résultats obtenus par les équipes seniors, et notamment à la CAN. Par conséquent - et ce n’est pas pour dédouaner tous les présidents de fédération - ils vivent quand même des situations difficiles avec une pression énorme et une difficulté à planifier sur le long terme. Or, il n’y a rien qui s’obtienne à court terme, dans le football. Comme dans d’autres domaines, il faut planifier plutôt sur le long terme. C’est par rapport à cela qu’il y a, toujours aujourd’hui, de très gros problèmes en Afrique.

    Vous le dites, le football en Afrique, c’est une affaire politique, particulièrement sur le continent. Du coup, est-ce qu’un des maux du football africain, ce n’est pas, comme vous venez de le décrire, de mettre le maximum de moyens sur la vitrine - l’équipe senior - au détriment des équipes de jeunes, des féminines ou encore des centres de formation ?

    Oui, j’en suis persuadé. C’est le grand mal. Si vous mettez tout l’argent pour recruter un entraîneur européen qui, à la limite, ne vient dans le pays que pour sélectionner les matchs qualificatifs - et qui plus est, souvent les matchs amicaux ont lieu en France ou ailleurs - on voit bien qu’il n’y a pas de véritable investissement local. Pourtant, le patrimoine de l’Afrique ce n’est pas l’étranger ni la diaspora. Ce sont les joueurs du cru. Il y a beaucoup de jeunes qui devraient être mieux encadrés et c’est là-dessus qu’il faudrait véritablement mettre l’accent. Mais pour cela, il faut une meilleure redistribution des ressources vers ce qui peut véritablement et structurellement - en cas de bons politiques et de bons investissements sur le long terme - améliorer la situation.

    Peut-on quantifier les retombées de l’organisation de la CAN pour un pays comme le Gabon ?

    La CAN est un évènement qui n’est peut-être pas totalement global mais qui suscite quand même beaucoup d’intérêt, en dehors de l’Afrique. Donc, c’est aussi un évènement qui fait parler de l’Afrique et il y a, là aussi, un potentiel pour la critique sociale. Finalement, c’est aussi à ça que sert un grand évènement et de ce point de vue, le fait qu’on en parle, ne serait-ce que ça, c’est positif. Ensuite, tout dépend quand même de l’aléa sportif. Evidemment, si le Gabon va loin, s’il gagne la compétition, eh bien à ce moment-là, c’est un peu la panacée. C’est pour cela d’ailleurs, que les gouvernements mettent souvent beaucoup de moyens sur les premières équipes car, c’est vrai, il y a une récupération politique qui peut être faite. En même temps, il y a aussi des contre-exemples, c’est-à-dire des défaites cuisantes qui vont plutôt donner de la voix aux opposants. C’est donc un enjeu, quand même, qui n’est pas sans risques.

     


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