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    La RDC peine à freiner la perte de valeur du franc congolais

    Une liasse de dollars sur un marché de Kinshasa. JUNIOR KANNAH / AFP

    En République démocratique du Congo, cela fait maintenant un an que la monnaie nationale dévisse face au dollar. Depuis 2016, le franc congolais a perdu près de 30% par rapport au billet vert. Ce week-end, la Banque centrale du Congo a décidé de doubler son taux directeur, passant de 7 à 14%, afin de juguler l'inflation liée à la perte de valeur de la monnaie nationale. Mais ces mesures apparaissent inefficaces alors que l'économie du pays est en pleine crise et que le niveau de vie de Congolais dégringole.

    Claude échange de la monnaie sur le marché informel à Kinshasa. Aujourd'hui, il troque un dollar pour 1 250 francs congolais. L'année dernière, c'était 900. Comme la RDC importe presque tous les biens de première nécessité qu’elle consomme, les conséquences se font vite sentir sur le panier des Congolais.

    « Il n'y a pas si longtemps, on achetait le sac de haricots à 900 francs par exemple, un prix assez bas, constate Claude. Aujourd'hui, le sac revient à 1 500 francs ! Le sac de riz Makoma coûte aujourd'hui 40 000 francs congolais. En dollars, le prix n'a pas changé, c'est toujours 30 dollars, mais en francs congolais c'est bien plus cher. » 

    Effort
     
    La RDC souffre de la chute des cours des matières premières (notamment du cuivre et du pétrole) dont l'exportation représente 95% des revenus du pays. Conséquences: les dollars ne rentrent pas alors qu'ils continuent de sortir pour financer les importations. Pour juguler l'hémorragie, la Banque centrale a demandé aux banques commerciales un effort.

    « Elles doivent immobiliser des francs congolais de manière à juguler le volume de la monnaie nationale en circulation et par conséquent contribuer à la stabilisation du taux, explique Yves Cuypers, directeur général de la Banque commerciale du Congo. Mais ce sont des francs qu'elles ne peuvent pas utiliser à autre chose et ce sont des francs qui ne rapportent rien non plus, donc le coût pour les établissements est important. Les banques commerciales ont payé en 2016 le prix fort de la politique monétaire. Vous ne pouvez pas compenser un déficit économique par des mesures de stricte politique monétaire. Cela ne marche qu'un temps. »
     
    Des réserves insuffisantes
     
    Pour limiter la perte de valeur du franc, la Banque centrale injecte aussi ponctuellement des dollars sur le marché. Un pansement sur une jambe de bois, selon Albert Tcheta Bampa, professeur d'économie à la Sorbonne à Paris et à l'université protestante du Congo.

    « Le montant avec lequel intervient la Banque centrale est insignifiant. Aujourd'hui, les réserves en devises étrangères de la RDC représentent moins d'un mois d'importations. Le pays n'a jamais atteint trois mois de réserves, le niveau requis internationalement. Même si la Banque centrale continue ses interventions, elle n'arrivera pas à arrêter la dépréciation de sa monnaie. Aujourd'hui, il faut laisser le taux de change fluctuer au gré des marchés. On n'a pas encore atteint le niveau critique de l'inflation, elle est encore soutenable. »

    Les Congolais eux ne sont pas de cet avis. Ils ont perdu plus de 20% de leur pouvoir d'achat en un an. 

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