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    Benoît Hamon: «Si je gagne, j’imagine que Manuel Valls respectera les règles»

    Benoît Hamon. RFI

    Benoît Hamon, député des Yvelines, ancien ministre de l’Education nationale, vainqueur du premier tour de la primaire de la « Belle Alliance Populaire », était ce mardi 24 janvier, l’Invité du matin de RFI. Il répond aux questions de Frédéric Rivière.

    RFI : On ne va pas rester longtemps sur le sujet, mais tout de même difficile de ne pas s’arrêter un instant sur cet incroyable cafouillage autour des chiffres de la participation au premier tour de cette primaire. Que s’est-il passé ? Est-ce que c’est de l’incompétence ou est-ce que c’est du tripatouillage ?

    Benoît Hamon : Non, tripatouillage, je pense qu’il n’y a pas. Les ordres de grandeur sont les bons. Je n’étais pas dans la salle des machines…

    Ça ne fait pas sérieux quand même ?

    Oui, ça ne fait pas très sérieux, peu importe. On valide des résultats. Il y a autour d’un million six cent mille participants. C’est en deçà de ce qu’on espérait, mais c’est quand même pas mal. Et voilà, dont acte. Il s’agira que le deuxième tour se passe mieux.

    Que ça soit organisé de manière un peu plus professionnelle. Comment vous faites la part dans votre victoire au premier tour, en ce qui relève d’une véritable adhésion à votre programme et ce qui viendrait d’une volonté de placer en tête un candidat vraiment de gauche ?

    C’est pareil, non ?

    Pas forcément.

    Mais, je pense qu’il y a peu de doute sur le fait que je sois vraiment de gauche, en tout cas comparé à d’autres...

    C’était contenu dans ma question

    Mais il y a surtout une adhésion à la volonté de réconcilier à la fois des réalités telles qu’elles sont vécues, celles d’un travail difficile, pénible, de la souffrance au travail, de la difficulté de s’insérer sur le monde du travail, des insécurités du quotidien, celles des nouvelles insécurités liées au climat, aux pollutions atmosphériques, aux maladies chroniques qui se développent, et le moyen et long terme. Ce qui est très frappant aujourd’hui en politique, c’est la difficulté qu’ont beaucoup de responsables politiques à se projeter au-delà des 100 premiers jours. J’ai essayé de le faire et proposé aux Français un chemin, y compris avec les points d’interrogation qui restent sur un chemin de long terme. Il y a des questions qui sont posées à n’importe quel responsable politique, auxquelles il est difficile de répondre. Quand je propose un nouveau pilier à notre protection sociale autour du Revenu universel…

    Un sondage qui est sorti hier soir dit qu’une majorité de Français (soit 61%) y sont hostiles. Mais 55% des sympathisants de gauche y sont favorables. C’est une de vos propositions qui est extrêmement décriée par vos adversaires, par Manuel Valls notamment. Vous allez tenir le cap ?

    Elle l’est par paresse. Je vais vous dire : je considère aujourd’hui que personne, en tout cas surtout pas Manuel Valls, ne prend en compte l’impact de la révolution numérique sur le travail. On dit Benoît Hamon, c’est le candidat de la fin du travail. Mais c’est absurde ! Ce que je veux donner, c’est justement des instruments aux salariés, notamment ceux sur qui sont des métiers pénibles, difficiles, de pouvoir négocier avec leur employeur pour le cas échéant réduire le travail sans gagner moins. Donc j’essaie de penser cela. J’observe que l’un des points aveugles du discours de Montréal, c’est que 50% des métiers vont être transformés en lien avec cette révolution numérique. Il faut parler donc non seulement de temps choisi, mais aussi de formations professionnelles. Ces questions-là, j’essaie de les traiter. Je les traite par le Revenu universel pour partie. Mais qui peut croire qu’un nouveau pilier de la protection sociale puisse se mettre en œuvre du jour au lendemain. Là où se situe la paresse, c’est dans la volonté de ne rien changer aux règles du jeu, de penser qu’une nouvelle mesure pour les PME ou un nouveau crédit d’impôt changera quoi que ce soit, le fait qu’aujourd’hui on ait près de 5 à 6 millions de personnes en dehors de l’emploi. Et parmi ceux qui travaillent, ceux et celles qui aujourd’hui souffrent au travail, sont victimes de pathologies psychiques qui augmentent. Je crois que ce sont ces questions qu’il faut traiter, et pas se contenter finalement d'oukases vis-à-vis de la nouveauté, l’innovation, et puis surtout le statu-quo.

    Ce revenu universel, il sera vraiment versé à tout le monde, sans aucune condition de ressources. C’est l’un des reproches qui vous est fait. Est-ce que madame Liliane Bettencourt par exemple a besoin d’un complément de revenus par mois ?

    Comment fonctionne l’assurance maladie. Madame Bettencourt est remboursée de sa grippe de la manière que vous, par la sécurité sociale. Mais ce système, il est financé par quoi ? Par des cotisations, par la CSG, par un système qui redistribue la richesse où on se fonde sur les capacités à contribuer des uns et des autres. Ce que je veux dire…

    Donc les cotisations seraient donc très élevées sur les personnes les plus aisées pour financer ce Revenu universel ?

    Et que la première étape sur laquelle je m’engage, qui est l’éradication, en tout cas un premier pas vers l’éradication de la pauvreté, c’est-à-dire l’automatisation d’un revenu de 600 euros à tous les pauvres aujourd’hui, c’est le RSA socle [revenu de solidarité active], c’est 535 euros, et on l’obtient que si on le demande. Résultat : un tiers de ceux qui y ont droit, ne l’ont pas. Je propose que ce soit automatisé, porté à 600 euros, et que le Revenu universel soit distribué aux 18-25 ans. Pourquoi les 18-25 ans ? Parce que là encore, on ne regarde pas ce qu’est la réalité aujourd’hui du travail chez les plus jeunes. Le travail n’est plus comme il l’était pour nous. Auparavant, diplôme ou pas diplôme, on savait qu’il y avait du travail pour notre génération. Aujourd’hui, ce sont des contrats courts, on passe du travail salarié au travail non salarié, travail indépendant, auto-entreprenariat. Et pendant toutes ces périodes, on est très peu équipé. Et pourtant, nous sommes le pays qui n’autorise aucun minima social aux jeunes, qui ne les indemnisent guère du chômage puisqu’ils n’ont pas cotisé avant. Donc c’est pour cela que je veux que ce Revenu universel soit distribué aux jeunes de 18 à 25 ans, sans condition de ressources, et qu’on puisse voir là, quel est l’impact de cette mesure pour une génération qui aspire à un changement de son rapport au travail, à articuler vie personnelle et professionnelle.

    Vous êtes arrivé en tête dimanche soir. Vous avez la dynamique comme on dit en politique, vous avez l’arithmétique, le soutien d’Arnaud Montebourg. Que va faire Manuel Valls ce dimanche 29 janvier si vous gagnez la primaire ?

    J’imagine qu’il respectera les règles de la primaire, comme il s’y est engagé, qu’il me soutiendra. Après avoir dit que vos projets étaient « irréalisables », « infinançables », après avoir dit que vous représentiez « la défaite assurée » à l’élection présidentielle ?
    On avait entendu la même chose quand Hillary Clinton était la meilleure chance de réussite face à Donald Trump. On disait Bernie Sanders n’y arrivera pas. Et ça avait beaucoup jouer quand éditorialistes, journalistes avaient accompagné madame Hillary Clinton pour dire cela. Je pense que si le projet de monsieur Sanders, qui propulsait un imaginaire puissant en face de Trump, avait pu être testé à l’élection présidentielle, on n’aurait peut-être pas eu le même résultat. Ce que je pense, c’est qu’aujourd’hui il y a des résistances puissantes à la transformation de notre société. Ces résistances, elles s’exercent à gauche, à droite, on les voit. Moi, je n’ai pas l’intention de mettre mon projet dans la poche.

    Il ne vous paraît pas imaginable que Manuel Valls ne se sente pas en situation de vous soutenir, encore une fois, compte tenu de cette « fracture » qu’il nomme lui-même depuis dimanche soir ?

    S’il est le théoricien des gauches irréconciliables…

    Est-ce que finalement il n’est pas en train de se donner raison, ou est-ce que la primaire ne lui donne pas raison ?

    En tout cas, moi je ne le dénigrerai pas. Je respecte l’homme qu’il est, j’ai des désaccords avec lui. Je ne suis pas d’accord avec le projet politique qu’il propose, je le considère être figé dans un temps qui est dépassé, une page qui se tourne, mais je ne le dénigrerai pas. Je ne considère pas qu’il incarnerait, comme je l’entends dire… Moi, ça y est, je porte « la ruine de la France ». Tout ça devient ridicule. Il va bientôt y avoir des mots à mon endroit plus durs que ceux qu’on a vis-à-vis de la droite. Je demande à Manuel Valls et à ses amis un peu de sobriété.

    Manuel Valls a réaffirmé sa fermeté dimanche soir sur les questions de communautarisme, de laïcité, de lutte contre le terrorisme. Vous êtes accusé par lui-même et par ses partisans d’être sur ces sujets trop laxiste, d’être trop tolérant ?

    Mais comment, où, quand ? C’est de la pure invention ?

    Mais oui, c’est un procès. On fait un procès de quoi ? Un procès d’être élu de banlieue et d’être confronté, moi, à la réalité de ce communautarisme que je combats.

    Il a été élu de banlieue aussi Manuel Valls ?

    Que je combats autrement que par des mots. J’observe que c’est le Conseil d’Etat qui lui a rappelé la loi sur le burkini quand il s’est porté aux secours des mères interdisant le burkini. C’est le Conseil d’Etat qui lui a rappelé ce qu’était la laïcité en France. Ce n’est pas moi qui aie une interprétation dévoyée de la laïcité. Deux articles de la loi 1905, l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Cet article 10 dit : « Que nul ne peut inquiéter pour ses opinions même religieuses, sauf si on trouble l’ordre public ». Quand Manuel Valls proposait d’interdire le voile à l’université, ce sont 30 présidents d’université qui lui ont dit qu’il n’y a aucun trouble à l’ordre public. Rappel simple d’un article de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui justifie qu’on n’a pas à interdire le voile à l’université. Ce que je veux simplement dire aujourd’hui, c’est que dans la lutte contre le terrorisme, qui appelle à la plus grande intransigeance, il faut aussi recherche la meilleure efficacité, ce que l’on peut améliorer. Et ce n’est pas forcément une inflation législative, ce ne sont pas forcément des coups de menton, des mesures symboliques qui permettent d’avoir des résultats. En tout cas, j’essaierai d’éviter d’être dans ce terrain, on va dire de la spectacularisation de la vie politique pour rester dans la sobriété de choix qui vise à l’efficacité des politiques publiques, tant en matière de terrorisme que de vivre ensemble. Je souhaite la coexistence, plutôt que l’opposition des uns aux autres.

    Vous misez sur un éclatement du phénomène ?

    Je mise sur rien. Je mise sur un débat politique dont on verra, si au terme de ce débat, il prospère ou pas.


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