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    Olivier Sultan: «une nouvelle approche des artistes africains contemporains»

    Le peintre sénégalais Soly Cissé, dont des oeuvres sont actuellement exposées à Paris. DR

    L'art contemporain africain a le vent en poupe. Les plasticiens du continent sont à la mode en Europe et aux Etats-Unis. Peintres, photographes et sculpteurs de la nouvelle génération révolutionnent à la fois leur discours sur le monde et leur façon de travailler. Pour en parler, RFI reçoit Olivier Sultan, directeur de la galerie Art Z, qui expose en ce moment à Paris les peintres Evans Mbugua, Soly Cissé, Gastineau Massamba ou encore Nu Barreto.

    RFI: Les plasticiens africains ont actuellement le vent en poupe. Est-ce que c’est un effet de mode - une nouvelle fois les plasticiens africains sont à la mode – ou, au contraire, y a-t-il un phénomène plus profond, un renouvellement des artistes africains ?

    Olivier Sultan: Je parlerais plutôt de reconnaissance juste et méritée, suite à une vingtaine d’années de promotion et d’expositions comme « Africa Remix » ou encore « Magiciens de la Terre ». Pour la première fois, je dirais depuis deux-trois ans, les artistes contemporains africains occupent la place qu’ils méritent, que ce soit à Londres, à Paris ou à New York. Ça va au-delà de la mode. C’est réellement une reconnaissance d’un travail original, intéressant et une reconnaissance également de propositions originales par rapport à l’art contemporain en général.

    Et c’est à la fois un travail des galeristes, comme vous, qui ont fait connaître, découvrir et fait admirer les évolutions de ces artistes, et c’est aussi un travail des artistes africains eux-mêmes qui peut-être ont un peu changé leur façon d’aborder le marché de l’art contemporain ?

    Tout à fait. C’est un peu les deux. Il y a, en effet, une nouvelle approche des artistes africains contemporains, notamment la jeune génération qui fait sa propre promotion et c’est très bien, qui a moins de complexes, peut-être, que la génération précédente et qui est peut-être aussi plus indépendante par rapport au marché de l’art.

    Je pense à des gens comme Barthélémy Toguo, Gastineau Massamba qui font en même temps leurs relations publiques et leur promotion. Ils établissent aussi, paradoxalement, des ponts vers l’Afrique parce qu’il y a beaucoup d’Africains expatriés qui souhaitent se rétablir en Afrique et redémarrer des lieux de création en Afrique.

    Pendant longtemps on avait le sentiment que les propositions des artistes africains étaient destinées à correspondre aux goûts d’un public occidental. Est-ce que les choses ont changé ?

    Les choses ont évolué et évoluent rapidement, d’abord parce que les artistes eux-mêmes sont lassés d’offrir à l’Occident ce que l’Occident demande. Ils sont des citoyens du monde, des gens qui sont informés de ce qui se passe partout dans le monde, non seulement au niveau des arts plastiques, mais au niveau de la politique, de la culture en général et de la pensée. Ils ont donc envie de proposer des créations qui collent à leur quête d’une nouvelle identité africaine et non pas ce que les gens ont envie de voir. Ils n’ont pas envie de répondre aux clichés que les gens ont de l’Afrique.

    Il y a une espèce de libération intellectuelle dans le domaine des arts plastiques contemporains comme il y en a, par exemple, dans le domaine de la littérature ou de la pensée ?

    Tout à fait. Et cela tient aussi au fait qu’il y a une explosion du nombre d’acteurs dans la promotion de l’art contemporain africain. Avant, il y avait deux-trois grandes galeries et deux-trois musées qui organisaient des expositions. Maintenant, il y a énormément, à la fois, des galeries, des curateurs et des commissaires d’expositions africains. Et donc, du coup, on colle au plus près de ce que les artistes africains veulent exprimer, au plus près de leurs pensées et de qui ils sont. Je pense qu’il y a un grand respect de ce que sont les gens et de ce qu’ils ont vraiment envie d’exprimer.

    Qu’est-ce qui fait l’originalité ? Qu’est-ce qui fait que le travail de ces artistes venus d’Afrique de l’Ouest, d’Afrique centrale, d’Afrique australe attire autant les clients, attire autant les curieux ? Quelle est leur touche d’originalité ?

    Disons que ce ne sont pas des gens qui passent par des écoles d’art ou qui ne recherchent pas des choses comme le concept. Ils collent, plutôt, au plus près de la réalité sociale et politique et l’expriment avec des moyens à la fois contemporains mais qui, en même temps, restent accessibles au plus grand nombre. C’est cela qui attire les gens, je pense.

    Vous êtes galeriste, vous êtes découvreur de talents. Comment doivent faire les jeunes peintres ou les jeunes sculpteurs qui nous écoutent et qui sont aujourd’hui en Afrique? Comment doivent-ils faire pour se faire connaître d’un public européen, américain, chinois ?

    Déjà il faut être soi-même. Il faut oublier les imitations. Il ne faut pas se dire : Untel marche bien… Soly Cissé, Gastineau Massamba marchent bien… et je vais faire à la manière de… Il faut être vraiment soi-même. Ensuite, il ne faut pas hésiter à sonner à la porte des galeries ou des centres culturels. Et puis, maintenant avec Internet, il faut aussi se faire connaître par les réseaux sociaux et contacter ses propres collègues. Les artistes les plus connus sont assez bienveillants envers les benjamins et envers les artistes moins connus. Il ne faut donc pas hésiter à aller voir, par exemple, Barthélémy Toguo ou Soly Cissé… Ce sont des gens qui sont prêts à aider leurs compatriotes et il ne faut pas hésiter à aller les contacter.

    Il y a un grand mouvement de retour en Afrique de la part de ces artistes. C’est vraiment général. Il ne faut pas hésiter à aller voir les grands noms et leur dire « Voilà, maintenant il faut que la balle revienne dans le continent ».

     


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