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    Mozambique, la difficile reprise économique

    Des Mozambicains sur la promenade récemment construite sur le bord de mer à Maputo, le 24 juin 2015, jour du 40e anniversaire de l'indépendance. ADRIEN BARBIER / AFP

    Après un boom économique prodigieux et l'espoir d'une croissance exponentielle, le Mozambique s'enfonce désormais dans une très grave crise économique. Le pays, aux multiples ressources naturelles, souffre de la faiblesse des cours des matières premières, mais surtout d'un grave déficit de crédibilité, lié au « scandale de la dette cachée » révélé au mois d'avril 2016. En 2013 et 2014, le gouvernement mozambicain a réalisé secrètement une vaste levée de fonds à l'étranger pour financer notamment un programme militaire secret. Le pays a ainsi contracté une dette colossale de près de 2 milliards d'euros, qui a fait plonger l'économie. Surendetté, lâché par le FMI et les autres bailleurs internationaux, le Mozambique est au bord du défaut de paiement. Sur place, la population encaisse le choc.

    Le long de la Costa Do Sol, la toute nouvelle rocade de Maputo dessine une ligne symbolique entre deux univers. D'un côté, la route longe de luxueux complexes immobiliers tout juste sortis de terre et des espaces commerciaux encore à moitié vides. Juste en face, la plage est un lieu de rencontre populaire. « La ville est vraiment belle avec ces nouvelles constructions. C'est très joli. Mais nous avons faim, car il n'y a pas d'argent. Il y a aussi le problème des services. Ce serait bien si ces nouveaux développements immobiliers créaient des emplois pour nous, mais ce n'est pas le cas », regrette Aida, assise sur le sable et en discussion avec ses amies.

    Mais la crise se fait sentir aussi de l'autre côté du périphérique, comme en témoigne Artur Rocha, assis à la terrasse du restaurant dont il est propriétaire : « Il y a tellement de nouveaux développements immobiliers... Bon, certains ne vont pas très bien, mais il y aura des jours meilleurs ! Parce que vous savez, le Mozambique a plein de nouvelles ressources naturelles. Malgré la situation actuelle, nous attendons un grand boom économique l'année prochaine. »

    Une économie plombée par le manque de transparence de l’État 

    Analyste du CIP, le Centre pour l'Intégrité Publique, Fatima Mimbire résume la situation : « Notre économie est très dépendante de l'activité de l'Etat. C'est une première chose. Lorsque cette dette cachée a été révélée, la confiance des investisseurs s'est dégradée. Notre monnaie nationale a été dévaluée. Donc, les coûts sont bien plus élevés et il y a une forte inflation. »

    Secteurs salarié et informel sévèrement touchés

    Dans le quartier populaire de Mafalala, au centre de Maputo, la crise est sur toutes les lèvres. Farida Bai, qui tient une petite cantine tout près du marché, est amère : « Á un moment donné, je vendais 100 à 120 plats par jour. Maintenant, si j'en fais 6 ou 10, c'est que j'ai de la chance. Même les produits locaux coûtent plus chers. Une tasse de beurre d'arachide pour cuisiner coûte maintenant 40 meticais (0,53 euros), alors qu'avant c'était seulement 15 meticais (0,20 euro). Quant au poulet, il est passé de 120 meticais (1,60 euro) à 230 (3 euros) ou 270 meticais (3,60 euros)... juste pour un poulet ! »

    La situation n'est pas meilleure pour Zacharis Basilio, éboueur dans le quartier : « Même notre salaire, nous ne le recevons plus correctement. Et tout ça à cause de la crise. Le dernier salaire que j'ai reçu date du mois d'octobre. Mais nous ne pouvons pas laisser les gens dans leurs ordures. »

    Les Mozambicains ne sont pas au bout de leurs peines, car les analystes estiment qu'il faudra encore des années pour que l'exploitation des énormes réserves de gaz ait des retombées directes sur l'économie. 

    La suspension des financements du FMI et de la Banque mondiale pourrait mettre en péril des grands travaux en cours au Mozambique. Ici construction d'un pont à Maputo, 15 avril 2016. REUTERS/Grant Lee Neuenburg
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