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    Violences dans le Kasaï Central (RDC): «On veut des enquêtes avec la Monusco»

    La ville de Kananga au Kasaï-Central est en première ligne des affrontements qui opposent le groupe Kamwina Nsapu aux forces de sécurité congolaises. Junior D. Kannah / AFP

    Marie-Ange Mushobekwa, ministre des Droits de l'homme de la RDC est l'invitée Afrique de RFI. L’ONU et la Monusco se sont dits préoccupées ces derniers jours par les informations faisant état de la mort d’une centaine de présumés miliciens Kamuina Nsapu en l’espace de quelques jours au Kasaï Central. L'organisation onusienne dénonce un usage excessif de la force et condamne le recrutement d’enfants par cette présumée milice. Ce mouvement Kamuina Nsapu, né de la révolte d’un chef coutumier au Kasaï contre l’autorité de l’Etat, serait composé à plus de 50% de mineurs, en majorité des enfants de moins de 14 ans. Un député d’opposition a appelé à une enquête indépendante dénonçant une répression contre des civils pour l’essentiel désarmés.

    Marie-Ange Mushobekwa, ministre congolaise des Droits de l’homme (RDC). facebook.comm

    RFI : Madame la ministre, que répondez-vous à ce que dit la Monusco quand elle parle d’usage excessif de la force de la part des FARDC et qu’elle condamne d’ailleurs cet usage excessif ?

    Marie-Ange Mushobekwa : Justement, parlant de l’usage excessif de la force, je me demande à quel niveau la Monusco considère qu’il faut utiliser la force ou pas. Vous êtes française, j’étais à Toulouse lorsque Mohammed Merah s’est attaqué aux enfants – un seul individu – il y a eu au moins 300 militaires qu’on a envoyés pour le désarmer. Nous, nous faisons face à plusieurs personnes, des centaines de personnes armées, qui tuent les militaires, qui tuent les policiers ! Et lorsque la police et les forces armées de République démocratique du Congo ripostent pour faire respecter l’ordre public on dit qu’on fait usage disproportionné de la force. C’est injuste.

    Ça veut dire que pour vous tous les miliciens, Kamuina Nsapu sont armés ?

    Il y a ceux qui portent des armes à feu, il y a ceux qui portent des armes blanches. Pour nous c’est des centaines - des milliers - de Congolais qui meurent chaque jour ! Parce que les miliciens ont décidé que les choses se passent comme ça, qu’on appelle miliciens chez nous et qu’on appelle terroristes chez vous.

    Vous dites que ce sont les miliciens qui font l’essentiel des victimes au Kasaï ?

    Oui, je l’affirme. Et je confirme. Jusque-là, les enquêtes que nous avons menées au mois de janvier prouvent à suffisance que les miliciens ont fait beaucoup plus de victimes.

    Justement, est-ce que vous avez des chiffres ? Puisqu’on ne donne jamais de chiffres officiels du côté des autorités, quelle est la proportion de victimes faites par les miliciens et quelle est la proportion de victimes faites par les forces de sécurité ? Est-ce que vous avez une idée des chiffres depuis juillet, maintenant ?

    La Monusco avant-hier a parlé de 30 à 50 personnes, mais a souligné que c’était des informations non confirmées. A l’issue de l’enquête, si ce n’est pas les mêmes chiffres, j’espère que la Monusco aura le courage de faire un communiqué pour dire qu’elle s’est trompée et que les conclusions de l’enquête ont démontré autre chose.

    Mais là, ce que je vous demande c’est vos chiffres à vous, officiels.

    Justement, à l’issue de l’enquête les conclusions vont nous renseigner sur le nombre exact de victimes, des victimes de Kamuina Nsapu et des victimes des forces de l’ordre.

    C’est-à-dire que si les chiffres que vous avez montrent de manière claire que les forces de sécurité n’ont pas fait tant de victimes, vous vous attendez à des excuses de la Monusco ?

    Peut-être pas des excuses, mais le rétablissement de la vérité parce que ça ne sert à rien d’envenimer la situation. La Monusco fait partie des partenaires privilégiés du gouvernement de la République démocratique du Congo. Le Bureau Conjoint des Nations unies aux droits de l’Homme également. Mais ce que nous voulons c’est qu’avant d’avancer des chiffres dans les médias, la Monusco et le Bureau Conjoint des Nations unies aux droits de l’Homme puisse consulter le gouvernement, que nous puissions mener des enquêtes communes et qu’à l’issue de ces enquêtes nous puissions rendre publics les résultats.

    Où en sont vos enquêtes ? Parce que la Monusco disait qu’ils étaient en train d’enquêter sur toutes ces allégations, notamment l’existence de fosses communes, les exécutions sommaires par les FARDC et puis l’enrôlement d’enfants dans le cadre de ces groupes. Est-ce que vous avez enquêté sur toutes ces allégations ?

    Eh bien oui, nous sommes en train de mener des enquêtes dans le Kasaï-Central. Il y a déjà une délégation du ministère de l’Intérieur qui s’est rendue sur place. Nous-mêmes, au ministère des Droits Humains, nous avons envoyé une autre délégation pour enquêter et les enquêtes se poursuivent. Au stade actuel des choses nous ne pouvons pas confirmer, ni infirmer toutes ces allégations. Une chose est sûre. Il y a des personnes innocentes qui sont décédées et les auteurs justement de tous ces actes vont répondre de leurs actes.

    Y compris si c’est les forces de sécurité ?

    Justement, j’étais en train de vous dire que tous les auteurs de ces actes –s’il y a eu des policiers ou des militaires qui se sont rendus coupables, qui se seraient rendus coupables, des violations des droits de l’Homme –rassurez-vous, ils seront traduits devant les juridictions compétentes.

    Vu la proportion d’enfants est-ce qu’il n’y aurait pas dû avoir une autre manière de gérer cette milice pour justement protéger les enfants ?

    Madame, les militaires et policiers congolais ne sont pas fous pour commencer à tirer dans le vide, comme ça, ou tirer sur les enfants qui sont innocents ! Les policiers et militaires ont réagi, ont riposté. Lorsqu’un enfant de 15 ans détient une arme à feu et tire sur un policier et que ce policier meurt, qui tire sur un militaire et que ce militaire meurt, qu’est-ce qu’on fait ? On doit défendre d’abord tous les autres ! Chercher à désarmer cet enfant ou ces enfants. Et malheureusement, dans le cadre de ce désarmement il y a eu des enfants miliciens qui sont morts.


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