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    L'Allemagne veut financer la formation professionnelle au Kenya

    Vue de Nairobi, la capitale du Kenya. Sam Stearman/Wikipédia

    Pour l’Allemagne, la coopération économique avec l’Afrique ne peut se faire sans une formation de la main-d’œuvre locale. Lors du second sommet Afrique-Allemagne pour les affaires qui s’est tenu il y a quelques jours à Nairobi, le ministre fédéral de la Coopération économique et du Développement a plaidé pour une « révolution de l’éducation » sur le continent.

    Les entreprises allemandes ont longtemps été frileuses à l’idée s’implanter en Afrique. Elles sont actuellement moins de 900 à opérer sur le continent. Aujourd’hui, l’Allemagne veut inverser la tendance… La naissance de classes moyennes ouvre de nouveaux marchés en Afrique de l’Est. Face à la concurrence de la Chine, l’Allemagne mise sur une relation privilégiée avec les pays de la région, en favorisant l’emploi et la formation de la main-d’œuvre locale.

    « Nous pouvons apporter de la technologie, des compétences, et de la formation pour les jeunes, détaille Heinz Walter Grosse, directeur de la SAFRI l’initiative subsaharienne pour les affaires allemandes. Je pense qu’il est important que dans le futur, nous investissions plus en Afrique. Nous ne devons plus nous limiter à l’import-export, mais réellement produire sur place, et créer des emplois pour les jeunes. »

    Une nécessité pour se développer

    Cette approche n’est pas nouvelle. Volkswagen ou Siemens l’ont déjà implantée en Afrique du Sud, un pays qui bénéficie d’un tiers des investissements allemands en Afrique. Lukas Duursema, directeur du bureau est-africain de Siemens, explique que la mise à contribution de la main-d’œuvre locale est nécessaire au développement de son entreprise en Afrique de l’Est.

    « La formation de la main-d’œuvre est un défi pour toute entreprise. Nous essayons d’embaucher de la main-d’œuvre locale, de la former... Ils ont une connaissance du marché africain, reconnait-il. Nous amenons également de la main-d’œuvre expatriée, qui apporte des compétences supplémentaires dans l’exécution de nos projets. Nous développons l’entreprise conjointement, et c’est la seule manière de la pérenniser. »

    Le Kenya, locomotive de l’Afrique de l’Est

    Bientôt, une université technique est-africaine financée par l’Allemagne devrait voir le jour au Kenya, la locomotive de la région avec une croissance de près de 6 %. Lucy Mutina, est ingénieur mécanique, et chef d’une petite entreprise de traitement des eaux usées basée à Nairobi. Elle accueille le projet avec enthousiasme.

    « Nous avons de bonnes formations d’ingénieurs. Mais je pense que nous sommes limités en termes d’ateliers, et de formations pratiques. Donc, ce sera bien si les entreprises allemandes s’investissent dans la mise en place d’infrastructures nécessaires à la formation pratique, car pour produire de la technologie, il ne faut pas que du travail intellectuel, il faut aussi du travail manuel », insiste-t-elle.

    Des initiatives qui s’inscrivent dans un projet plus global. Berlin compte profiter de sa présidence du G20 cette année pour renouveler le cadre de coopération entre l’Union européenne et le continent africain, et prévoit un plan Marshall non pas pour, mais avec l’Afrique.

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