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    RCA: « Notre message a toujours été clair : il y a un choix, celui de la paix »

    Parfait Onanga-Anyanga, patron de la Minusca en République Centrafricaine. Photo ONU

    En Centrafrique, la guerre fait rage depuis plus de trois mois dans le centre-est du pays entre factions issues de l'ex-Seleka. La «coalition» FPRC-MPC menée par Nourreddine Adam veut prendre Bambari, 2e ville du pays, où l'UPC d'Ali Darass a son quartier général. Pour l'instant, la Minusca empêche la progression des éléments de la coalition qui ne renonce toutefois pas à son objectif. Les médiations se sont multipliées ces derniers temps, notamment sous l'égide de l'Union africaine, pour tenter (en vain) d'obtenir un cessez le feu, et de pousser les groupes armés à reprendre les discussions sur le DDR, le désarmement. Parfait Onanga Anyanga est le patron de la Minusca, l'opération de maintien de la paix des Nations unies en RCA. Il est l'invité de RFI.

    RFI : La ville de Bambari peut-elle tomber aux mains du FPRC-MPC ?

    Parfait Onanga Anyanga : Non, pas tant que les forces opérationnelles seront présentes. Les forces de la coalition ont avancé, nous sommes aujourd’hui, disons, sur le même terrain. La Minusca fait face aux éléments de la coalition. Notre souhait évidemment est d’éviter tout engagement militaire. L’usage de la force n’est que vraiment en dernier recours. Notre message a toujours été clair : il y a un choix, celui de la paix vaut mieux que tout autre.

    En empêchant la coalition de prendre la ville, est-ce que vous n’aidez pas d’une certaine manière l’UPC ?

    Non, non… Il faut comprendre la raison pour laquelle la Minusca a dû demander aux belligérants, aussi bien aux éléments de la coalition qu’à l’UPC, d’éviter qu’il y ait un embrasement, qu’il y ait une guerre à Bambari. Ce pays a trop souffert. Le sang n’arrête pas de couler. Nous avons dit qu’au moment où le pays commençait à renouer justement avec l’ordre constitutionnel, que les efforts de paix louables sont en cours, il n’était pas question qu’on puisse rester impuissant à l’avancée des forces qui voulaient se donner Bambari comme champ de bataille. Et donc c’est la raison pour laquelle nous avons dit non aux deux camps. Pour l’instant, les forces de l’UPC sont présentes à Bambari, mais non pour y faire la guerre. Donc nous disons que Bambari ne doit pas tomber – pas seulement que Bambari ne doit pas tomber – que Bambari ne devrait jamais être un champ de bataille parce que ceux qui en paieront le prix, encore une fois ce seront les populations civiles.

    Est-ce qu’Ali Darass doit quitter Bambari ?

    Cela est une demande que nous avons entendue. Je crois que pour la sérénité des populations civiles centrafricaines Bambari ne devrait jamais être sous la coupe de groupes armés, quels qu’ils soient.

    Un certain nombre de médiations internationales ont été engagées. Est-ce que vous avez l’impression que le message passe auprès des groupes armés ?

    Je crois. Moi, j’ai bon espoir. Nous sommes au contact, nous parlons aux uns et aux autres et partout j’ai entendu une volonté d’aller au dialogue, de trouver des solutions. Evidemment, chacun ne met pas dans l’issue de ces consultations la même chose, mais ce qui est important c’est qu’il semble y avoir un vrai désir d’aller à la paix et c’est bien pour cela que les Nations unies vont s’associer à cet effort.

    Le programme DDR reste une priorité ?

    Absolument ! Il faut tout faire pour réduire le niveau d’armement dans le pays, surtout les armes qui sont dans des mains qui n’en ont pas le droit. Malgré les difficultés, on est dans un Etat de droit. Donc la légitimité de la force doit résider avec l’Etat et donc nous allons poursuivre autour du gouvernement cet effort pour que le programme du DDR avance.

    Mais comment faire pour amener à la table des discussions des groupes armés qui refusent toujours le DDR – le FPRC notamment – sans tomber dans les systèmes déjà expérimentés et qui ne fonctionnent pas ?

    Cela va être un défi pour les Centrafricains. J’ai sous les yeux un texte du FRPC dans lequel il déclare accepter d’observer le programme politique et le plan de sortie de crise amorcé par les autorités nationales et la communauté internationale. Cet engagement me paraît clair et donc il faut donner une chance à ce dialogue. Je crois comprendre également que le président de la République lui-même n’a pas de vue dogmatique sur l’issue de ce dialogue, pourvu qu’il reflète évidemment les attentes des Centrafricains qu’ils ont exprimées lors du forum de Bangui.

    Mais comment discuter d’un éventuel cessez-le-feu avec des groupes armés qui se battent toujours sur le terrain ?

    C’est un problème. Ces appels ont été lancés par la CEEAC, par l’Union africaine. Mon ami et frère Mohamed Hassan Lebat disait bien hier que toute poursuite d’hostilité ressemblerait à un sabotage des efforts de paix. C’est un message qui est lancé aux groupes armés. Je crois qu’il a entendu. Au moment où je vous parle, il y a une baisse de tension appréciable. Mais ce n’est pas suffisant, il faut aller plus loin. C’est un défi qui est lancé à ces groupes armés. Le pays ne pourra pas se construire s’il ne donne pas une chance à la paix. Nous sur le terrain, évidemment, nous avons le mandat de poursuive nos efforts. Nous ne pensons pas que la force soit une solution aux problèmes de fond. Il faut aller aux racines du problème centrafricain qui sont profondes. Mais la force sera nécessaire toutes les fois où ceux qui auront été invités autour de la table choisiront de poursuivre des œuvres funestes, à ce moment-là la communauté internationale et nationale se mettront ensemble pour que le droit que cette force-là s’exprime. Mais pour l’instant, je crois qu’il faut garder le dialogue comme une option forte. Il n’a pas encore eu lieu d’une manière satisfaisante, donc espérons que ces appels au dialogue ont été entendus et surtout ces appels à une cessation immédiate des hostilités.

    Est-ce que vous ne craignez pas que la paix finalement se fasse au détriment de la justice ? C’est-à-dire que les chefs de guerre obtiennent une amnistie en échange de la paix.

    Il y a toujours un risque, mais qu’il faut prendre. Il faut prendre le risque d’aller dialoguer. Je fais confiance à la sagesse des Centrafricains. Il y a d’autres expériences à travers le monde où aujourd’hui des criminels eux-mêmes, les bourreaux d’hier, reconnaissent le mal qu’ils ont commis à leur société. Ce n’est jamais une négociation facile entre la paix et la justice, mais je crois qu’on peut atteindre les deux d’une manière qui soit équilibrée, pour que le pays tire une ligne pour refuser de faire de l’impunité la recette de sortie de crise. Ce n’est pas facile. Mais dès que les Centrafricains auront accepté de se parler, ils iront puiser au fond d’eux-mêmes les ressorts pour se donner une chance de rebâtir le contrat social centrafricain. Il faut le faire autour des autorités centrafricaines, il faut renforcer leur légitimité et aller vers un dialogue qui permettra à la Centrafrique de sortir une fois pour toutes de ces crises à répétition.


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