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    Cina Lawson - Adjim Danngar - Augustin Vounoudougou

    Denise Epoté. © RFI

     

    Afrique en marche, Les têtes d’affiches de Denise Epoté, de TV5 Monde, comme chaque dimanche sur RFI, avec Assane Diop. Trois têtes d’affiche ce dimanche 19 février 2017.

     

    Assane Diop : Votre première tête d’affiche cette semaine est togolaise. Cina Lawson est ministre des Postes et de l’Economie numérique du Togo. A ce titre elle vient de lancer un vaste programme national d’écosystème digital. Un signe de modernité politique dîtes-vous ?

     
    Denise Epotée : A ce jour, la référence africaine en matière de développement digital est le Rwanda. Et tant mieux si de nombreux pays aujourd’hui s’inspirent de ce qui a été fait dans ce petit pays sans ressources particulières et de surcroît enclavé. Cela dit, rares sont les femmes à qui le secteur de l’économie numérique est confié au sein d’un gouvernement. Sans doute doit-on penser que les enjeux sont trop importants pour de frêles épaules féminines... Le cas de Cina Lawson prouve à suffisance le contraire. Elle est depuis sept ans à la tête de ce département dont dépend en grande partie la modernisation du Togo. Fin janvier, elle a procédé au lancement de quatre sites. Un portail, appelé à devenir la vitrine du pays et destiné à tous ceux qui désirent s’informer sur les institutions du pays. Le deuxième site, vise à rapprocher l’administration des usagers, notamment grâce à la dématérialisation des procédures administratives. Le site Open data comme son nom l’indique recense toute les données ouvertes de l’état dans différents secteurs. Enfin le quatrième site permet d’avoir accès en ligne au journal officiel. Deux autres sites sont appelés à être lancés. Ils vont concerner le secteur du tourisme et celui des investissements. Pour avoir navigué sur les quatre premiers sites je confirme qu’ils sont opérationnels. Il appartiendra aux togolais de juger dans quelques mois, de leur accessibilité et de leur efficacité.
     
    La deuxième tête d’affiche de votre rendez-vous nous vient du monde de la bande dessinée. Après une carrière de dessinateur au Tchad, Adjim Danngar s’est exilé en France et puis s’est tourné vers la BD. Après avoir co-signé des ouvrages collectifs aux Editions l’Harmattan BD. Il vient de publier dans la même maison son premier album en solo. Une parution saluée par la critique ?
     
    Et on peut comprendre pourquoi, car c’est sous l’angle comique que cet ex caricaturiste aborde en 116 pages, la vie de cette mamie du 9e arrondissement de Paris, un rien acariâtre et raciste : Mamie Denis évadée de la maison de retraite. Pour fuir la morosité de l’hospice, la pression des services sociaux et surtout la cupidité de son neveu qui lorgne sur son héritage, mamie Denis décide d’aller s’installer en Afrique. Aidée en cela par ses anciens voisins africains avec qui les rapports n’ont pourtant pas toujours été faciles. Pour Adjim Danngar c’est enfin la reconnaissance par le monde du neuvième art, du talent de celui qui signa ses premiers dessins de presse à N’Djamena dans Le Rafigui et Le Miroir avant d’être contraint à l’exil pour avoir abordé des sujets dits sensibles. Il faut espérer Assane que l’arrivée au ministère de la culture du réalisateur Mahamat Saleh Haroun permettra à Adjim Danngar de revenir au Tchad pour dédicacer cet album sans être inquiété.
     
    On en vient à votre dernière tête d’affiche. Il est camerounais pétri de musiques traditionnelles Massa et Peul qui ont bercé son enfance de berger et de griot. Le brassage de ces sons avec la musique urbaine, rend son style unique et inspire même de grands noms de la scène musicale africaine ?
     
    Si sur la scène musicale camerounaise Augustin Vounoudougou est connu, il aura fallu attendre sa prestation en finale de la compétition l’Afrique à un incroyable talent à Abidjan pour découvrir le style de cet artiste à l’accoutrement inédit. A la ville et sur scène il ne quitte pas le costume du berger qu’il fût jusqu’à l’âge de 12 ans. Son chapeau de paille quelque peu élimé, ses amulettes autour du cou, sa gourde à la taille et son bâton, sont sa marque de fabrique et à l’origine de son nom de scène : Le berger.
     
    Sa chanson Le son du berger, tire de son premier album sorti fin janvier évoque les guerres en Centrafrique, en Libye, et au Soudan. Ce mélange de slam et de bêlement a suscité la surprise puis les applaudissements d’Angélique Kidjo, Claudia Tagbo et Fally Epoupa qui ont salué la puissance des mots. Je vous recommande de regarder le clip sur internet vous ne serez certainement pas déçu.

     


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