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    La discrétion après le pouvoir

    Jean-Baptiste Placca. RFI

    Benoît XVI a surpris le monde en démissionnant de la charge de Souverain Pontife, il y a quatre ans. Il surprend plus encore en se faisant totalement oublier, dans le respect total de son successeur. Une belle leçon pour les politiques.

    Un anniversaire est passé totalement inaperçu, cette semaine : la fin du pontificat de Benoît XVI. Cet événement majeur, pourtant, de ce siècle, n’a été célébré par personne. Depuis quatre ans, Joseph Ratzinger ne fait plus parler de lui et ne se mêle surtout pas de la conduite de l’église catholique par son successeur. Et si les hommes politiques savaient, eux aussi, non seulement partir, mais s’abstenir de se mêler de la gestion de leur successeur !

    Joseph Ratzinger est à un âge où l’on ne fête plus rien, dans un état où l’on ne se mêle plus abondamment du travail des autres. Il n’empêche, depuis sa renonciation volontaire à la charge de Souverain Pontife, le 28 février 2013, il a adopté une attitude exemplaire, alors qu’il détenait, jusque-là, un pouvoir plus important que celui de nombreux chefs d’Etat de par le monde. Car si le peuple sur lequel il régnait avait eu une nation, celle-ci serait la plus peuplée de la terre, puisque c’est sur quelque 2 milliards d’âmes que veille le chef de l’église catholique. Et sa juridiction s’étend par-delà les frontières, sur tous les continents, au-dessus de tous les océans. Le plus impressionnant, dans ce ministère pétrinien [de Saint-Pierre, ndlr] c’est l’humilité du leader, qui est un souverain, faut-il le rappeler. Benoît XVI et son successeur, François, sont des dirigeants vénérés par leur « peuple », comme peu de dirigeants politiques peuvent l’espérer de la part de leurs concitoyens.
    Mais, s’il en est ainsi, c’est sans doute en partie parce que les leaders en question n’abusent pas de leur pouvoir, ou, du moins, pas toujours.

    Ce ne sont, cependant, pas tous les leaders politiques qui abusent ainsi du pouvoir qu’ils peuvent avoir sur leur peuple. Il arrive aussi que des hommes d’Eglise se comportent très mal vis-à-vis de leurs fidèles. Les uns ne sont donc pas totalement irréprochables, tandis que les autres seraient indignes sur toute la ligne.

    Nous sommes bien évidemment dans la configuration de la règle et de l’exception ou, plutôt, des exceptions, parmi la moyenne des leaders politiques et la moyenne des docteurs de l’Eglise. La règle, ici, en l’occurrence, c’est le sérieux et l’humilité des seconds. D’ailleurs, pour accéder à un tel titre, il leur faut généralement avoir fait la preuve d’une autorité exceptionnelle, non seulement dans la maîtrise de la théologie, mais aussi dans la profondeur de sa foi, la sûreté de sa pensée et la sainteté de sa vie. Autant de critères qui confèrent une influence réelle aux docteurs de l’église. Chacun de leurs actes, tous les détails de leur vie sont scrutés, passés au peigne fin. L’homme politique, dans certains pays, peut parvenir à la magistrature suprême sans être passé par tous ces tamis. Regardez donc ce qui arrive aujourd’hui à certains hommes et femmes politiques, en France. Tel a été ministre, Premier ministre même, sans que son intégrité n’ait jamais été à ce point questionnée. Et il aurait pu finir président de la République, sans ces troublants petits détails de sa vie, disons de famille. Même ce fameux article du Canard Enchaîné aurait pu tomber à un moment de pic d’actualité qui l’aurait relégué au second plan. Avec un tout petit peu plus de chance, il serait devenu président et perçu à jamais comme l’honnête et rigoureux homme pour qui toute la France le prenait.
     
    En dépit de scandales fréquents au sein de l’Eglise catholique, des détails aussi gênants dans la vie d’un prélat n’auraient jamais pu passer inaperçus.

    Absolument ! Et un François Fillon ne serait probablement jamais devenu évêque. Alors que, d’un point de vue politique, il est déjà cardinal et en passe de devenir pape, sans que l’on s’aperçoive de ce lourd secret de famille, qui lui est soudain si fatal. Pour le reste, oui, en politique aussi, il est des personnalités remarquables, dont la vie, en tout cas, inspire aux populations une vénération certaine. Et, pour revenir à la discrétion de Benoit XVI vis-à-vis de son successeur, François, l’on se souvient de celle de Léopold Sédar Senghor, qui a su, au Sénégal, s’effacer, pour laisser le champ libre à Abdou Diouf, dès lors qu’il lui avait volontairement transmis le pouvoir, en janvier 1981. Au Cameroun, les partisans de Paul Biya reprocheront à Ahmadou Ahidjo de n’avoir pas eu la même élégance, après novembre 1982.

    On parle là des cas de transmission pacifique du pouvoir

    Même après avoir été battu, l’on peut faire preuve, sinon d’élégance, du moins de discrétion. Ce qui a, par exemple, été le cas de Mathieu Kérékou, vaincu par Nicéphore Soglo, au Bénin, en 1991. Les partisans de Pascal Lissouba, au Congo, reprocheront à Denis Sassou Nguesso non seulement d’avoir manqué d’élégance, de cette élégance-là, mais d’avoir recouru aux armes pour dégommer celui qui l’avait battu dans les urnes.

    C’est juste une question de qualité des hommes. Il y a les hommes et femmes de qualité, puis il y a les autres. A l’église, comme à la ville.


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