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    Cheikh Guèye, premier adjoint au maire de Dakar: c'est «un règlement de comptes»

    Cheikh Guèye. https://www.youtube.com

    Le maire de Dakar en prison... la nouvelle fait sensation. Depuis plus de 25 ans, Khalifa Sall est un poids lourd de la politique sénégalaise. Et depuis mardi 7 mars, il est inculpé et écroué pour détournement présumé de fonds publics. Y a-t-il un rapport avec sa décision de faire cavalier seul aux législatives de cette année et, qui sait, à la présidentielle de 2019 ? Cheikh Guèye est le premier adjoint au maire de Dakar et le maire de la commune de Dieuppeul-Derklé. Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    Votre maire est inculpé et écroué pour détournement présumé de fonds publics. Quelle est votre réaction ?

    Cheikh Guèye : Nous avons tous appris et nous en sommes désolés la décision du juge d’instruction qui a suivi pratiquement le procureur de la République. Et les charges de détournement de deniers publics, blanchiment d’argent, association de malfaiteurs, je considère que ce chapelet de charges est bâti selon un tissu politique. Je considère tout cela comme un prétexte fallacieux pour mettre la main sur quelqu’un, un homme, dont l’esprit de transparence et la volonté de reddition de comptes sont connus de tous. A ce que je sache, il ne s’agit pas de reddition de comptes. Il s’agit de règlement de comptes.

    Vous dîtes qu'il y a un règlement de compte et pas du tout une reddition de comptes. Pourtant, le procureur de la République de Dakar dit tout le contraire : il s’appuie sur un rapport de l’inspection générale d’Etat selon lequel un milliard 800 millions de francs CFA aurait été pris sans justification dans les caisses de la ville de Dakar ?

    Alors il s’agit pratiquement de 30 millions par mois qui sont décaissés par le percepteur. Cette pratique existe au niveau de la ville de Dakar depuis 1920. Et ces fonds étaient destinés pour soutenir les nécessiteux. De 1920 à 1960, ces fonds existaient. En 1960, avec l’accession de notre pays à la souveraineté internationale, le chef de l’Etat de l’époque, Léopold Sédar Senghor, avait pensé qu’il fallait reconduire cette pratique qui permettait à la ville capitale d’apporter son concours, son soutien à des personnalités dans le besoin, à des institutions. Et c’est cela qui est encore d’actualité. Donc je ne peux pas croire à un seul instant à ces discours. Mais ce qui est sûr, constant, et que l’opinion aujourd’hui comprend, c'est que personne ne peut entacher les habits immaculés du maire de Dakar qui a deux reprises a reçu les félicitations et les encouragements de l’ARMP, de l'Autorité de régulation des marchés publics. Et il faut rappeler que le maire en 2009 avait fait sa déclaration de patrimoine. Il l’a renouvelée en 2014. Pourquoi un homme comme ça qui gère plus de 256 milliards va mettre la main sur un milliard ? Cela ne tient pas la route.

    Officiellement, cet argent a servi à acheter du riz et du mil pour les populations nécessiteuses. Mais le procureur affirme qu’il n’y a pas de pièces justificatives ?

    Mais la comptabilité sur ces questions est très claire : on n’a même pas besoin de justificatifs. Ce sont des fonds politiques, ils sont nombreux ces Sénégalais qui pour des pathologies très difficiles et dont le traitement est très coûteux ont bénéficié de ces fonds. J’en connais certains qui en ont bénéficié pour des cas d’évacuation sanitaire. J’en connais certains pour des questions comme le cancer qui en ont bénéficié. Et on devrait faire un appel et demander à tous ceux qui en ont bénéficié de se montrer. Vous comprendrez qu’il y a beaucoup de citoyens de Dakar, et même du Sénégal, qui viendraient manifester aujourd’hui leur reconnaissance à l’endroit du maire de les avoir sauvés à un moment de leur vie.

    Vous dîtes que le maire est totalement innocent. Pourquoi ces charges contre lui alors ?

    Moi, je pense très sincèrement, que c’est pour des raisons politiques. Comme dit l’adage, « qui veut tuer son chien l’accuse de rage ». Lui-même l’a dit : des émissaires sont venus lui dire «si vous arrêtez votre tournée politique, on va arrêter la procédure». Ça veut dire que c'est politique. C’est la politique qui est derrière tout ça.

    Vous dites que c’est politique, mais selon le porte-parole du gouvernement, Seydou Guèye, il n’y a aucun acharnement judiciaire. Il y a seulement une justice indépendante qui fait son travail ?

    Je ne pense pas. On cherche justement des poux dans la tête du maire pour l’accuser et l’accabler. Mais les chiens aboient, la caravane passe. Comment dans un pays de démocratie, le maire de la ville capitale soit arrêté dans de telles conditions ? Arrêté pour des questions comme ça ? On aurait même pu pour les besoins de l’enquête demander une information judiciaire, comme ce fut le cas pour les percepteurs qui sont aussi responsables. Mais pourquoi tout simplement faire un mandat de dépôts comme ça. Qu’est-ce que ça veut dire ? Personne ne comprend.

    Mais à votre avis, qu’est-ce qu’on reproche à Khalifa Sall ?

    Ce qu’on lui reproche, c’est le fait d’avoir dit que quelle que soit la situation, il aura une liste aux élections législatives. Ce qu’on lui reproche, c’est que partout où il est allé, à l’occasion de ses tournées, ce sont des liesses populaires acquises à sa cause.

    Ce qu’on lui reproche, c’est d’être un frondeur du Parti socialiste et un dissident de la majorité, et de vouloir conduire une liste autonome aux législatives au mois de juillet 2017 ?

    En tout cas, il a annoncé de façon claire aujourd’hui qu’il participerait à ces élections législatives. Et il a commencé à partir de cette déclaration à faire des descentes dans le Sénégal des profondeurs. Et partout où il est allé, il y avait des personnes en transe parce que, en lui, on avait trouvé un leader charismatique. C’est peut-être cela qui fait peur.

    Voulez-vous dire que Khalifa Sall sera peut-être candidat en 2019 à la présidentielle face au président sortant, Macky Sall ?

    Je ne saurais le dire à cet instant, mais quelle que soit la situation il a décidé de s’engager pour participer aux élections législatives.
     


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