GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mercredi 17 Juillet
Jeudi 18 Juillet
Vendredi 19 Juillet
Samedi 20 Juillet
Aujourd'hui
Lundi 22 Juillet
Mardi 23 Juillet
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.

    L’interminable gestion de monsieur Hayatou à la tête de la CAF

    Jean-Baptiste Placca. RFI

    Trônant, depuis trois décennies à la tête de la Confédération africaine de football (CAF), ce Camerounais a si peu songé à la relève qu’il brigue à nouveau sa propre succession. Avec le risque d’une sortie humiliante.

    Magali Lagrange : La semaine qui s’annonce pourrait être décisive, dans l’histoire du football africain. Puisque les présidents de fédérations nationales se réunissent à Addis-Abeba pour élire le président de la Confédération africaine de football (CAF). Et, pour la première fois depuis trente ans, un semblant de suspens semble entourer l’élection à la tête du football africain... Comment expliquer cela ?

    Jean-Baptiste Placca : Peut-être faut-il rappeler que la Confédération africaine de football (CAF) existait depuis déjà trente ans, lorsque l’actuel titulaire du poste en est devenu président. Et durant ces trente premières années, la CAF avait connu… six présidents. Mais, depuis trente ans, elle est présidée par le même homme, ce qui est déjà une anomalie. A cette anomalie s’ajoute une autre, sous la forme d’une nouvelle candidature… du même homme !

     

    Sans vouloir faire concurrence à Rémy Ngono, excellent analyste du football africain et européen, et qui s’est, par ailleurs, souvent révélé être une encyclopédie vivante de la sagesse africaine, rythmant ses analyses par de pertinents proverbes africains, l’on a envie de servir à Issa Hayatou ce proverbe qui dit que lorsque vous vous installez sous un arbre, à profiter indéfiniment de son ombre et de ses fruits, et que vous vous obstinez à ne jamais céder la place, les oiseaux finissent par déverser leur fiente sur votre crâne. Trente ans, c’est non seulement trop, mais cela n’est pas sain ! Vraiment !

     

    Issa Hayatou a peut-être encore des choses à proposer…

     

    D’autres peuvent s’en charger ! Et son attitude passée vis-à-vis de ceux qui ont tenté de lorgner sur son siège ou de contester son autorité, laisse craindre qu’il ait, comme certains dirigeants politiques africains, envie… de mourir au pouvoir. Et d’ailleurs, le programme du seul candidat qui ose l’affronter, cette fois-ci, est une critique, en creux, de tout ce qui était détestable dans l’interminable gestion de Monsieur Hayatou. Le Malgache Ahmad Ahmad, ancien footballeur, a même été entraîneur, puis ministre, et il fait preuve d’une modestie que l’on aimerait tant voir à l’œuvre à la tête de la CAF.

     

    Son nom a été cité dans le fameux « QatarGate », mais sans suite.

     

    Oui. Et, à la différence d’autres éminents responsables du football africain régulièrement cités, par le passé, dans des scandales, à la Fifa ou au CIO, il n’a pas réfuté avec dédain les accusations. Et il admet avoir, en effet, demandé l’assistance du Qatar pour les élections dans sa Fédération. Parce que la pauvreté contraint des fédérations comme la sienne à demander de l’aide. « Il n’y a pas de honte à cela », dit-il. Aide qu’il n’a pas reçue, parce que, entre-temps, la Fifa la lui avait apportée, en dotation extrabudgétaire. Voilà pourquoi il a été blanchi sans avoir eu à se défendre. Cet homme, par sa simplicité, rompt avec la morgue de certaines gens qui, du haut du pouvoir que leur confère l’argent du football continental, méprisent et écrasent tout ce qui leur résiste, tous ceux qui les défient.

     

    Il n’empêche que ce candidat d’un petit pays est poussé par de grands…

     

    Oui, et Ahmad Ahmad ne le nie pas. Amaju Melvin Pinnick, le président de la Fédération du grand Nigeria est de ceux qui peuvent oser le soutenir ouvertement. Cela est sain. Le candidat en est à son troisième mandat, et il promet que ce sera le dernier, quelle que soit l’issue de l’élection à la présidence de la Caf. Parce que, de son point de vue, au-delà de trois mandats, c’est la léthargie, la monotonie.

     

    « Toutes les autres confédérations ont, à ce jour, changé leurs leaders. L’Afrique va-t-elle restée en marge de tout cela ? », s’interroge Ahmad Ahmad.

     

    Que reproche-t-il d’autre à Issa Hayatou ?

     

    Rien, dit-il. Mais en même temps, il faut l’entendre préciser qu’il voudrait être « un président à l’écoute de toutes les fédérations ». Il faut l’entendre rappeler que les membres de la CAF ne sont que des administrateurs du football africain, qui devraient faire davantage de place « aux acteurs », « aux anciennes gloires », « à ceux-là qui, pieds nus, ont amené le football africain là où il est ». Il faut l’entendre préciser que le football doit aussi être « un instrument de stabilisation sociale », en Afrique.

     

    Et il précise : « Si je dis que je dois instaurer une bonne gouvernance, c’est parce qu’il n’y pas de bonne gouvernance. Le Comité exécutif s’arroge beaucoup trop de pouvoirs. Y compris ceux qui devraient être dévolus aux organes juridictionnels, par exemple ».

     

    Il fallait vraiment quelqu’un de l’intérieur pour dire cela. « Si c’est une élection normale, je suis gagnant », assure-t-il. Et lorsqu’on lui demande s’il doute de la transparence du scrutin, l’homme politique s’empresse de répondre qu’en politique, il faut toujours douter.


    Sur le même sujet

    • CAF

      CAF: qui est M. Ahmad, l’homme qui défie Issa Hayatou ?

      En savoir plus

    • CAN 2017

      Issa Hayatou: «Je peux faire jusqu'à dix mandats, où est le problème?»

      En savoir plus

    • Foot: l’Afrique réclame dix représentants en Coupe du monde

      En savoir plus

    Prochaine émission

    D'un côté le meilleur, le grotesque et le pire de l'autre

    D'un côté le meilleur, le grotesque et le pire de l'autre
    Il n’existe pas de virus africain de la contestation systématique des résultats électoraux. Il suffit d'un minimum de transparence et de crédibilité pour que le verdict des urnes inspire confiance aux populations.
    • D'un côté le meilleur, le grotesque et le pire de l'autre

      D'un côté le meilleur, le grotesque et le pire de l'autre

      Il n’existe pas de virus africain de la contestation systématique des résultats électoraux. Il suffit d'un minimum de transparence et de crédibilité pour que le verdict …

    • Littérature: Cheikh Hamidou Kane et la démocratie en Afrique

      Littérature: Cheikh Hamidou Kane et la démocratie en Afrique

      Pour le dernier exercice de cette année 2016 nous devions parler avec Jean-Baptiste Placca des pays qui portent les espérances du continent en matière de démocratie et …

    • AfricSearch, une belle idée

      AfricSearch, une belle idée

      Ce jeudi 15 septembre, à Abidjan, AfricSearch, cabinet de recrutement et de conseil en ressources humaines, a célébré le vingtième anniversaire de sa création. L’événement, …

    • Le tigre ne parle pas de sa tigritude

      Le tigre ne parle pas de sa tigritude

      Paris, Bamako… ces capitales, dévastées par les jihadistes, mettent à mal le slogan« islam = religion de paix ».

    • Guinée: retour à la case départ

      Guinée: retour à la case départ

      La victoire du président guinéen sortant est quelque peu dépréciée par les réserves des observateurs. Pire, elle ne résout rien, quant au climat politique, plus tendu …

    • L'Afrique qui avance... L'Afrique qui recule...

      L'Afrique qui avance... L'Afrique qui recule...

      L’Afrique, terminologie unique, revêt des réalités multiples : Il y a l’Afrique qui avance résolument, celle qui ne cesse de reculer, et celle qui s’enfonce, de plus …

    1. 1
    2. 2
    3. 3
    4. ...
    5. Suivant >
    6. Dernier >
    Les émissions
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.