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    Makhtar Diop (Banque mondiale): «la situation en Côte d’Ivoire va revenir à la normale»

    Makhtar Diop (photo) a rencontré le président Alassane Ouattara. Jeune Afrique/Bruno Levy

    Avec 8,5 % de croissance en moyenne ces cinq dernières années, la Côte d’Ivoire enregistre l’un des plus forts taux de croissance au monde. Mais, depuis le début de l’année, la grogne ne cesse de se faire sentir. Mutineries, grèves des fonctionnaires. C’est dans ce contexte, alors que l’inquiétude est à nouveau forte dans le pays, que le vice-président de la Banque Mondiale pour l’Afrique a effectué une visite dans le pays. Lors de son passage à Abidjan, Makhtar Diop a rencontré le président Alassane Ouattara. Il est au micro d’Anna Sylvestre.

    RFI: Depuis la fin de la crise post-électorale, les performances économiques de la Côte d’Ivoire ne cessent d’être saluées. Pourtant, depuis le début de l’année, une forte grogne sociale se fait entendre. Est-ce que les économistes se sont réjouis un peu vite ?

    Makhtar Diop : Je crois qu’il faut voir a situation de la Côte d’Ivoire en perspective et voir que nous avons un pays qui a été un pays avec le taux de croissance le plus élevé en Afrique de l’Ouest, pendant une période importante. Cela, je crois, est extrêmement impressionnant et on ne devrait pas oublier les difficultés du moment. Je suis confiant que la situation en Côte d’Ivoire va revenir à la normale et nous allons aider les autorités ivoiriennes à faire face à ce défi et à avoir une croissance plus inclusive.

    Le taux de croissance le plus élevé effectivement - 8,5 voire 9 % en moyenne ces dernières années - et en même temps un taux de pauvreté qui ne recule pas ou presque pas. Est-ce qu’il n’est pas là, le problème ?

    La pauvreté a reculé. Quand vous regardez les données que nous avons…

    A peine. On est passé de 51 à 46.

    Oui. Mais en combien de temps et dans quelles conditions ?

    En quatre ans.

    En quatre ans et je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de pays de l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques] qui aient eu cette réduction à ce rythme. Il faut donc mettre les choses en perspective. Les défis étaient énormes.

    Il est important, quand on parle des économies africaines, de voir aussi ce qui a été réalisé de manière positive. On a eu une réduction de pauvreté à ce niveau-là, pendant cette période, mais c’est également une période, pour les autorités ivoiriennes, où il fallait faire face à un certain nombre de contraintes.

    Je vous donne quelques éléments d’environnement international qui n’ont pas été très favorables. Il y a la situation de la sécurité. Comme vous le savez, la sous-région a fait face à des menaces terroristes qui affectent nos pays. Et puis, la demande a été beaucoup plus faible, au niveau international, en raison du ralentissement de la croissance dans des pays de l’OCDE. Ce sont là des éléments qui n’ont pas toujours été favorables et malgré cela, la Côte d’Ivoire a maintenu un taux de croissance élevé.

    Je crois qu’il faut donc célébrer cela, regarder de l’avant et se dire: qu’est-ce qui peut être fait de mieux ? Et ce qui pourrait être fait de mieux c’est que les autorités ivoiriennes nous disent « nous souhaiterions que cette croissance soit une croissance qui permette de réduire la pauvreté de manière encore plus rapide ». Nous travaillons avec eux dans ce domaine.

    Nous avons préparé sur les filets sociaux. C’était un projet de 50 millions de dollars et la demande du gouvernement ivoirien, nous allons procéder à un accroissement significatif de ce projet et ajouter un montant de 100 millions de dollars. Nous pensons donc pouvoir, au cours des deux ou trois prochaines années, mettre à disposition du gouvernement ivoirien 150 millions de dollars qui permettront aux plus pauvres de faire face à certaines difficultés.

    Ces dernières années, la Côte d’Ivoire a bénéficié de cours mondiaux du cacao globalement hauts. Ces cours sont en train de baisser. Ces quatre derniers mois, ils ont baissé de 25 %. Est-ce que cela est inquiétant ?

    Oui. Cela n’est jamais bon pour un pays lorsqu’une des sources d’exportation reçoit un tel choc. Cependant, cela nous conforte dans l’idée qu’il faut augmenter la transformation du cacao, sur place, avoir plus de valeur ajoutée et être beaucoup mieux protégé face aux fluctuations du prix des matières premières tel que le cacao.

    C’est tout l’objet du projet que nous sommes en train de préparer avec les autorités ivoiriennes. C’est un projet de 300 millions de dollars qui aidera justement à une plus grande transformation du cacao au niveau local. Le gouvernement ivoirien s’est fixé des objectifs très ambitieux dans ce domaine et c’est cela qui permettra de faire face à ces fluctuations des cours des matières premières.

    Il y a eu de la grogne sociale du côté des soldats, avec mutineries en début d’année. Puis également du côté des fonctionnaires qui ont demandé le paiement d’un certain nombre de stocks d’arriérés. Est-ce que ce sont des sommes très importantes pour la Côte d’Ivoire ? Cela va-t-il peser forcément sur le budget de l’Etat ?

    Le gouvernement ivoirien est en train de finaliser l’évaluation de l’impact de ces mesures sur le budget. Je crois savoir qu’ils vont prendre aussi des mesures de restriction de dépenses dans certains autres domaines pour pouvoir faire face justement à ces dépenses nouvelles. Il y aura une discussion avec nous - la Banque mondiale – mais aussi avec le Fonds monétaire et autres partenaires pour voir comment nous pouvons aider le gouvernement de Côté d’Ivoire à face à ces besoins nouveaux, non pas de manière brutale, en une année, mais peut-être d’étaler cet effort de redressement sur une période un peu plus longue.

    C’est ce que vous ont demandé le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, et le président Alassane Ouattara ?

    C’est ce que le Premier ministre m’a dit et nous y réfléchissons de manière très sérieuse parce que nous ne souhaiterions pas que l’économie ivoirienne subisse un ralentissement car il ne s’agit pas seulement de la Côte d’Ivoire. En effet, la Côte d’Ivoire est l’une des économies les plus fortes de la sous-région et il serait essentiel que la Côte d’Ivoire maintienne des taux de croissance élevés mais, bien sûr, dans des conditions macroéconomiques qui soient soutenables.

     

     


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