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    Dr. B. Beucher (chercheur): au Burkina «la royauté Mossi joue un rôle de leader»

    Le Mogho Naba, le roi des Mossis dans son palais, le mardi 22 septembre 2015. RFI/Olivier Rogez

    Les Mossi constituent le principal groupe ethnique du Burkina Faso. La société mossi est organisée en plusieurs royaumes, au sein du pays. Plus présents lors des moments de crise, les rois et les dignitaires Mossi exercent aussi leur influence au quotidien sur les questions politiques et sociales. Benoît Beucher, docteur en histoire et en sciences politiques à l'université Paris-Sorbonne, chercheur affilié à l'IMAF, Institut des mondes africains, est l'invité de RFI. Il vient de publier « Manger le pouvoir au Burkina Faso ». La noblesse mossi à l’épreuve de l’Histoire.

    RFI: Quand vous parlez de la royauté, de la société mossie, vous refusez de la qualifier de traditionnelle. Pourquoi ?

    Benoît Beucher: Je le fais parce que le mot « traditionnel » donne finalement l’impression d’une histoire immobile, d’une histoire figée, d’une répétition du même à travers les siècles. Or, ce que j’ai voulu montrer c’est que nous sommes loin d’avoir affaire à une histoire immobile. Nous avons une histoire qui est déjà très dynamique, bien avant la conquête coloniale, et plus encore peut-être, par la suite. Par conséquent, le mot « traditionnel » finalement nous empêche de saisir cette dynamique historique.

    Royauté mossie implique qu’il y a un roi. Qu’est-ce qu’il y a comme autres institutions ?

    Effectivement, il y a un roi et il trône toujours. Il a également une cour composée de ceux que les Français, à l’époque coloniale, appelleront les ministres et ils portent toujours ce titre-là. Ce sont donc des statuts informels qui ne sont pas reconnus officiellement.

    Il y a également un syndicat des chefs coutumiers à l’échelle nationale et là, nous voyons très clairement que la royauté Mossi, en particulier celle de Ouagadougou, joue un rôle de leader à l’échelle au moins nationale, sur ce plan.
    Comment s’organise ce rôle de leader alors ?

    Ce rôle de leader s’organise à travers la communication. Le Mogho Naba [le roi de Ouagadougou] – même si cela ne plaît pas à tout le monde – parle très souvent au nom de tous les chefs coutumiers du pays et, voire même, au nom de ce que l’on appelle les autorités morales, c’est-à-dire ces autorités, à la fois coutumières et/ou religieuses qui ont joué un rôle majeur dans les situations de crise ou post-crise dans ce pays. C’est un rôle médiatique extrêmement important.

    Il parle. Et sa parole porte ?

    Et sa parole porte, effectivement. Même si, encore une fois, elle peut être contestée. En effet, le Mogho Naba – roi de Ougadougou – ne régnait pas sur l’ensemble de ceux que nous appelons aujourd’hui les Burkinabè. Dans chaque région, il y a également d’autres chefs, parfaitement indépendants, et donc le roi ne les représente pas tous. Mais en même temps, il a quand même une influence extrêmement forte, extrêmement puissante. Il porte donc à l’échelle nationale, malgré tout.

    Vous parliez des mouvements de crise. On pense surtout au coup d’Etat manqué du Régiment de sécurité présidentiel (RSP), en 2015 ?

    Absolument. Il y a le coup d’Etat manqué, perpétré par le RSP, et l’accord de sortie de crise a été signé dans le Palais du Mogho Naba. Evidemment cela interroge et cela interroge notamment l’historien. Pourquoi cette autorité dite coutumière qui avait l’air d’être moribonde – si on écoutait un petit peu les commentateurs – a joué un rôle aussi central dans la résolution de la crise ?

    Et on pourrait même remonter avant et se rendre compte qu’à chaque moment de crise majeure dans l’histoire du pays, la royauté a joué un rôle, un rôle de médiation. La plupart du temps, elle essayait d’apaiser la situation et parfois même d’accompagner les régimes qui ont été issus de ces situations de crise.

    Ces dignitaires Mossi ont-ils aussi un rôle quand il n’y a pas de crise ?

    Ils ont aussi un rôle quand il n’y a pas de crise et notamment un rôle en période électorale, ce qui n’est quand même pas rien. Au moment effectivement où les scrutins se déroulent, le roi de Ouagadougou - qui est le plus influent des rois Mossi - dispose clairement d’une certaine influence sur le vote de ses sujets. Peut-être moins dans la capitale, Ouagadougou, qu’en province et dans les campagnes. En milieu rural, son autorité reste très forte y compris dans la capitale, dans ce que l’on appelle les vieux quartiers – la ville en effet s’est énormément agrandie et il y a des quartiers périphériques qui sont nés – où il dispose encore d’une certaine influence.

    Justement, comment pourrait-on définir le genre de loyauté qui unit la royauté Mossi à ses sujets ?

    Historiquement, la monarchie de Ouagadougou est contractuelle, c’est-à-dire qu’un contrat est passé avec les sujets. Pour vous donner un exemple, à l’époque pré-coloniale – et cela, les chefs s’en souviennent encore aujourd’hui – un chef qui avait fauté devait se suicider, soit par strangulation, soit par inoculation d’un poison. Un chef pouvait même être acculé au suicide par son propre conseil de gouvernement. C’était à l’époque pré-coloniale.

    A l’époque coloniale, l’administration française a essayé de renforcer la monarchie ouagalaise mais elle est toujours restée, malgré tout, une monarchie contractuelle. C’est donc, quand même, quelque chose d’extrêmement important. Et loyauté qui est attendue des sujets, elle l’est aussi des chefs qui doivent correspondre à ce que j’ai appelé un « ethos aristocratique », c’est-à-dire assurer la sécurité, la paix pour les sujets et œuvrer pour l’intérêt commun, celui du royaume, même si, d’une certaine manière, il n’existe plus que dans les têtes, peut-être.

    Et parfois cela se fait contre l’Etat ?

    Oui, et c’est là que la situation est difficile pour ces chefs qui, quelque part, sont finalement entre le marteau et l’enclume. On l’a très bien vu, sous le régime de Blaise Compaoré qui a été chassé du pouvoir en 2014, après vingt-sept ans au pouvoir. La monarchie de Ouagadougou a accompagné la mise en place de ce régime et en même temps a essayé de servir les intérêts de ses sujets. Mais quand elle a vu qu’un nombre toujours croissant de sujets contestaient précisément le régime de Compaoré, sa position paraissait presque intenable.

    Finalement la stratégie qui a été celle de la cour royale a été extrêmement habile. Ce fut celle d’avoir des membres de la cour royale qui étaient membres de l’opposition, en même temps qu’ils avaient des membres de la cour royale qui étaient membres du parti au pouvoir et ainsi, de pouvoir jouer, un petit peu, sur tous les tableaux et s’ouvrir un maximum d’issues ou de portes sur le plan politique.

    Puisqu’au final, les régimes passent mais la royauté reste…

    Tout à fait. Quand on regarde sur la longue durée, il y a une expression de l’historien Joseph Ki-Zerbo qui était vraiment très belle, qui disait que l’histoire c’était « une forme de fil, que parfois il se rompait mais finissait toujours par se reformer ». Et effectivement, nous avons un petit peu cela avec ces monarchies. Elles ont, pour elles, la continuité.
     


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