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    Jean Ping: au Gabon, «notre coalition tiendra jusqu’à la victoire finale»

    Jean Ping. REUTERS/Noor Khamis/File Photo

    Pour tenter de sortir le pays de la crise née de la contestation de sa réélection en août dernier, le président gabonais Ali Bongo Ondimba a lancé mardi son « dialogue » qui associe de très nombreuses organisations de la société civile et une partie de la classe politique. Mais pas son principal opposant. Car Jean Ping et ses alliés boycottent le rendez-vous. Mardi dernier, le 20 mars, le Premier ministre Emmanuel Issoze-Ngondet était l’invité de RFI. Ce vendredi 31 mars, il s’agit de Jean Ping, qui répond aux questions de Carine Frenk.

    RFI : N’êtes-vous pas en train de manquer une opportunité pour faire changer les choses au Gabon ?

    Jean Ping : Quelle est l’opportunité d’après vous ?

    Parler de la limitation des mandats présidentiels, d’élections à deux tours, d’une réforme de la Commission électorale, de la Cour constitutionnelle. Vous aviez fait campagne sur ces thèmes ?

    Oui, mais je vais remonter d’abord à la Conférence nationale de 1991. On a mis en place une démocratie. On a mis en place les règles du jeu, et puis progressivement, le régime a « tricoté » la situation dans laquelle nous nous trouvons. On est revenu à sept ans renouvelables à perpétuité, on est revenu à un tour, etc. Sans demander à personne. Maintenant, ils nous disent qu’ils veulent « détricoter ». Qu’ils « détricotent » ! Ils n’ont pas besoin de nous. Nous avons toujours demandé la libération des prisonniers politiques. Mais vous n’avez pas besoin qu’on vienne à genoux pour vous demander de libérer les prisonniers politiques. Libérez-les ! Vous voulez revenir aux deux tours, vous avez une Assemblée qui est à vos ordres. Tout ce que vous voulez, vous pouvez le faire, tant que nécessairement nous y soyons. Le problème est qu’une bande de copains, certains diraient de coquins, veulent que nous venions apporter notre caution. Voyez-vous, le voleur qui vient chez vous et qui prend tout, et qui dit « venez, je vais vous laisser un strapontin » ou « venez reconnaître que c’est moi le chef » alors vous avez perdu les élections, et que vous n’êtes pas habilité à organiser ce que vous voulez organiser. C’est très simple.

    Vendredi, Jean-Marc Ayrault, le ministre français des Affaires étrangères, a exprimé l’espoir que ce dialogue débouche sur des réformes structurelles. C’est un petit succès diplomatique pour Ali Bongo ?

    Non, la communauté internationale demande que la situation revienne à la normale. Si donc, le pouvoir qui a tout confisqué, qui tue, qui pique, qui viole, décide de ne plus payer, ne plus voler, les gens ne peuvent qu’apprécier.

    Et si cela se met en place sans vous ?

    Mais ça se mettra en place sans moi, c’est une certitude parce que je ne serai pas là. Je ne donnerai pas ma caution à une mascarade, au bal des vampires. Pendant un mois, ils vont être dans les hôtels pour danser, pour chanter, sabler le champagne, pour prendre les décisions qui sont déjà connues d’avance.

    Et votre coalition reste soudée, cela n’était pas gagné ?

    Notre coalition reste soudée, comme vous le voyez. Les cinq candidats qui m’ont soutenu sont là et ils ont exprimé clairement qu’ils n’iront pas au dialogue.

    Cela va durer jusqu’à quand ?

    Pourquoi vous ne posez pas la question de dire, leurs simagrées et leur bal de vampires va durer jusqu’à quand ?

    Est-ce que votre coalition, est-ce que l’union de l’opposition va tenir jusqu’aux législatives qui risquent d’être encore reportées, peut-être en 2018 ?

    Malgré toutes ces tentatives de corruption, notre coalition tiendra jusqu’à la victoire finale. Maintenant, les élections législatives, c’est une autre question.

    Beaucoup de membres de votre coalition veulent tenter leur chance. Mais vous, est-ce que vous n’allez pas être plutôt tentés par le boycott ?

    Non, nous ne sommes tentés par rien du tout. Nous avons dit à nos adhérents, à nos partis politiques : prenez vos décisions au sein de vos partis, faites la remonter pour que notre coalition, notre grande coalition dans son ensemble, puisse examiner la question et prendre les décisions appropriées.

    Est-ce que Guy Nzouba-Ndama ne va pas vouloir voler de ses propres ailes à un moment ou un autre ?

    Ce sont les questions que certains se posent. Moi, je sais simplement que la coalition tient. Elle tient bien, je vous laisse élucubrer sur ce sujet.

    Concrètement sur le terrain, vous aviez annoncé que vous iriez au rapport de force. Qu’en est-il aujourd’hui ? Avez-vous renoncé ?

    Vous ne constatez pas que le fait de refuser le dialogue est dans le rapport de force ? Vous ne considérez pas que les tournées que je viens d’effectuer dans le pays avec un succès, avec un triomphe, participent de ce rapport de force ?

    Mais vous savez que certains de vos partisans vous reprochent de ne pas être assez actif. Et pendant ce temps, Ali Bongo continue sa route ?

    C’est ce que nous allons voir parce que moi, j’ai un déroulé qui est clair. Et nous poursuivons notre chemin, comme initialement prévu. Nous prévoyons d’organiser un méga meeting. Nous prévoyons par exemple que nos partis politiques aillent soutenir par une marche les syndicalistes, ceux du Conasysed. Le pouvoir s’évertue à interdire la Conasysed. Renier les libertés syndicales, ce n’est parce que vous allez entreprendre ces mesures illégales que la situation va se normaliser.

    Le Premier ministre Emmanuel Issoze-Ngondet affirme qu’il n’y aura pas d’année blanche. C’est possible ?

    Le Premier ministre fait ce qu’il peut. Il est tenté de peindre la situation en rose. Il utilise pour ça des contorsions pour essayer de sauver l’année blanche. Moi, je suis persuadé qu’il n’y parviendra pas parce qu’il n’y a pas d’investissement dans ce secteur. La mauvaise gestion des personnels, la dégradation des conditions d’encadrement des élèves, le licenciement des enseignants, en gros, c’est une faillite totale.


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