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    Rapprochement Soudan-Arabie saoudite: «des intérêts croisés» pour Marc Lavergne

    Marc Lavergne, directeur de recherche au CNRS et spécialiste du Soudan. DR

    L'Arabie saoudite et le Soudan sont en pleine lune de miel. Un changement d'alliance stratégique pour le Soudan jusque-là très proche de Téhéran. Mais un changement qu'il ne faut non plus surestimer, estime Marc Lavergne, directeur de recherche au CNRS et spécialiste de la Corne de l'Afrique et du Moyen-Orient. Il est l'invité Afrique de RFI.

    RFI: Marc Lavergne, depuis mardi l’Arabie saoudite participe à des exercices militaires conjoints avec le Soudan, signe sans doute de l’influence nouvelle qu’entend exercer l’Arabie saoudite sur la Corne de l’Afrique et notamment au Soudan. Comment expliquez-vous ce retour en grâce des Saoudiens vis-à-vis de Khartoum ?

    Marc Lavergne : Je crois qu’effectivement il y a un tournant stratégique qui a été opéré par le Soudan vis-à-vis de l’Arabie saoudite dans un premier temps. Un tournant important puisqu’il faut se rappeler que, dans les années 90, le Soudan avait accueilli sur son sol Oussama ben Laden et al-Qaïda, de 1992 à 1996. Donc il y avait une posture de ce régime militariste et islamiste d’Omar el-Béchir qui s’opposait contre l’influence de l’Arabie Saoudite à l’échelle régionale, mais aussi à l’échelle mondiale. C’est-à-dire que le Soudan voulait devenir une sorte de point de référence opposé à l’Arabie Saoudite pour les islamistes du monde entier. Donc il y avait des conférences populaires, islamistes, qui se déroulaient chaque année à Khartoum qui faisaient le pendant de la conférence islamique qui se tenait à Djeddah, siège de l’organisation de la conférence islamique.

    Il y avait une fascination d’Omar el-Béchir pour l’imam Khamenei et pour l’aspect révolutionnaire du régime iranien de l’époque.

    Je dirais que ce n’était pas tant lui qu’Hassan al-Tourabi, le docteur Touarabi, qui lui était le mentor de cette révolution islamiste soudanaise et qui voulait atténuer ou abolir les frontières entre sunnisme et chiisme, entre Arabes et non Arabes, au sein de l’islam. Donc il y avait cette volonté d’un intellectuel de poser une alternative à l’influence de l’Arabie saoudite qui détenait les lieux saints. Et de ce fait il y a eu un rapprochement très étroit qui a été fait avec l’Iran de Khomeiny, en effet, qui se traduisait par un soutien militaire de l’Iran à l’armée soudanaise qui avait besoin d’avions, qui avait besoin de matériel. Donc tout ça a créé une sorte de tentative de prise en étau de l’Arabie saoudite avec l’Iran au nord et le Soudan au Sud de l’autre côté de la mer Rouge.

    Donc on voit bien l’intérêt des Saoudiens de briser cet étau dont vous parlez ?

    Tout à fait. Cet étau a commencé à être brisé au moment du 11 septembre 2001, dans la mesure où les Etats-Unis ont vu la main de Khartoum dans toute cette opération d’al-Qaïda et que Khartoum, pour éviter d’être pris pour cible par les missiles américains, a ouvert toutes grandes ses portes à la CIA et donc il y a eu un rapprochement indirect vis-à-vis des Etats-Unis et, par ce biais américain, il y a eu un rapprochement indirect avec l’Arabie saoudite. Le point d’orgue c’est l’entrée du Soudan il y a maintenant deux-trois ans dans la coalition menée par l’Arabie saoudite contre les houtistes yéménites.

    Est-ce que ça veut dire que Riyad peut désormais compter sur le soutien de Khartoum dans son opposition aux chiites iraniens ? Est-ce que le Soudan sera un allié de poids et un allié conséquent dans cette guerre à distance que se livrent ces deux puissances chiite et sunnite ?

    J’ai beaucoup de doutes, à la fois sur la fiabilité des positions du gouvernement soudanais et d’autre part sur sa capacité à apporter un soutien effectif. C’est vrai qu’il y a des mercenaires soudanais [les djandjawids NDLR] qui sont à pied d’œuvre aujourd’hui au Yémen, mais il y a aussi l’incapacité du gouvernement soudanais à apporter un soutien beaucoup plus déterminé à l’Arabie saoudite. Je pense qu’il y a des contentieux qui subsistent toujours en arrière-plan et que de toute façon ce qui détermine le gouvernement soudanais, ce ne sont certainement pas des questions religieuses.
    Pour le Soudan il y a la volonté de ne pas se fâcher radicalement avec l’Iran, qui lui - faut pas l’oublier - prend pied de plus en plus fermement en Afrique aussi. Donc au-delà des divergences de rites ou de religions, il y a des intérêts croisés de garder deux fers au feu. Parce que les relations qui ont été établies avec l’Iran depuis les années 80 ou 90 sont des relations aussi commerciales, des relations sécuritaires. C’est quand même les Iraniens qui ont formé tout l’appareil sécuritaire soudanais. Tous les tortionnaires soudanais ont été formés par des gens de Téhéran. Il y a des relations pétrolières aussi qui sont importantes dans la mesure où le Soudan peut avoir besoin de technologies iraniennes. C’est un peu paradoxal, mais l’Iran pour exploiter ses puits de pétrole a besoin et préfère avoir des conseillers ou des experts qui viennent sans doute de l’Iran, plutôt que d’avoir des experts occidentaux.

    En résumé comment s’allier avec les uns sans se fâcher avec les autres.

     


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