GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Dimanche 16 Juillet
Lundi 17 Juillet
Mardi 18 Juillet
Mercredi 19 Juillet
Aujourd'hui
Vendredi 21 Juillet
Samedi 22 Juillet
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Urgent

    Réunis à Rabat ce jeudi 20 juillet, les membres du Comité exécutif de la Confédération africaine de football ont acté le passage d’une Coupe d’Afrique des Nations à 24 équipes selon le président Ahmad. Le symposium de la CAF qui s'est tenu les 18 et 19 juillet avait fait cette recommandation.

    Hervé Ladsous: «On ne s’en prend pas impunément à des fonctionnaires internationaux»

    Hervé Ladsous, secrétaire général adjoint sortant aux opérations de maintien de la paix de l'ONU. UN Photo/Eskinder Debebe

    Les quelque 120.000 casques bleus déployés dans le monde changent de patron. Ce week-end, le Français Jean-Pierre Lacroix a succédé à son compatriote Hervé Ladsous au poste de secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des opérations de maintien de la paix. Du Congo Kinshasa au Nord-Mali, les urgences ne manquent pas. A l'heure du bilan, le chef sortant des casques bleus, Hervé Ladsous, se confie au micro de RFI.

    RFI : Quand vous êtes arrivé à la tête de ce département de l’ONU en octobre 2011, il y avait quelque 110 000 casques bleus déployés dans le monde. Aujourd’hui, il y en a 120 000. Est-ce le signe que le monde va de plus en plus mal ?

    Hervé Ladsous : Je crois que oui, nous avons à faire face toujours à une succession de conflits complexes, notamment en Afrique où sont déployés 80% de nos personnels. Mais dans le même temps, je dois signaler qu’il y a quand même des opérations qui marchent bien. Nous sommes en train de fermer en ce moment la mission en Côte d’Ivoire, parce que le job a été fait et nous allons fermer dans l’année qui vient nos missions au Liberia et en Haïti. Voilà, ça a été un succès.

    Le travail des Nations unies a été endeuillé ces derniers jours par la découverte du corps des deux experts des Nations unies au Kasaï central. Quelle est votre réaction ?

    D’abord de consternation et on fait évidemment une enquête pour savoir ce qui s’est passé. Mais c’est l’illustration des tensions considérables qui se sont fait jour au cours des derniers mois dans cette région centrale de la RDC.

    Est-ce qu’on sait dans quelles circonstances ont été tués Michael Sharp et Zaida Catalán ?

    Non, on a seulement identifié les corps, mais comme je vous le disais, l’enquête est en cours.

    Et justement cette enquête, qui va la mener ?

    Nos investigateurs et puis sans doute aussi les enquêteurs nationaux des pays respectifs. Il s’agissait d’un Américain et d’une Suédoise, donc je pense que les polices de ces deux pays seront impliquées également.

    Le 18 mars, sept soldats de l’armée congolaise ont été arrêtés et inculpés par la justice militaire du Congo-Kinshasa. Tout cela à la suite de la diffusion d’une vidéo accablante pour les forces de l’ordre dans cette province du Kasaï-Central. Est-ce que cela suffit à vos yeux ou pas ?

    Accablante, vous avez raison d’utiliser ce mot. Je crois que d’abord il faut vérifier que ces gens – si leur culpabilité est bien établie – vont être effectivement poursuivis et condamnés pénalement. Mais c’est vrai que ça illustre le fait que malgré de gros efforts pour former les forces de sécurité congolaises, il y a encore du travail à faire et il faut effectivement qu’un exemple soit fait parce que c’est inadmissible.

    Faut-il une commission d’enquête internationale ?

    Ça, je ne suis pas informé d’une intention particulière à cet égard.

    Et même après la mort de deux experts de l’ONU, vous pensez qu’une commission d’enquête internationale n’est pas nécessaire sur tous les événements tragiques qui se passent au Kasaï-Central ?

    Non, je vous dis que nous faisons une enquête pour établir les faits. Après, il appartiendra aux organes appropriés, y compris au Conseil de sécurité, s’il le souhaite de prendre une telle décision, car en fait il s’agissait d’experts qui travaillaient pour le comité des sanctions qui était un organe subsidiaire du Conseil de sécurité. Donc ce sera au Conseil de sécurité de se prononcer sur ce point.

    Et quel est votre point de vue ?

    Oui, je pense que cela pourrait être effectivement très utile. Ça ne les ramènera pas malheureusement à la vie, mais il faut que les gens comprennent qu’on ne s’en prend pas impunément à des fonctionnaires internationaux.

    Le 28 mars, vous avez demandé que soit nommé un Premier ministre issu de l’opposition conformément à l’accord du 31 décembre 2016. Mais le pouvoir et l’opposition s’opposent sur le mode de désignation de ce Premier ministre. Qui a raison ?

    Il y avait un accord pour justement remplacer le Premier ministre. Je crois comprendre que le Premier ministre sortant ne veut pas s’en aller et puis il y a un problème pour l’identification du successeur. Ce que je me contente de dire c’est qu’il ne faut pas que ça dure parce que c’est une situation instable et qui encore une fois génère des tensions.

    Au Soudan du Sud, il y a de plus en plus de massacres. Peut-on parler aujourd’hui de nettoyage ethnique au détriment des Nuers de l’opposant Riek Machar ?

    Il y a incontestablement une polarisation croissante des groupes ethniques au Sud-Soudan. Le risque d’un génocide contre tel ou tel groupe d’ailleurs ne peut pas être exclu. La situation est en fait abominable. Il y a des combats dans plusieurs parties du pays, le flot des réfugiés s’est accru au cours des derniers mois, notamment en direction de l’Ouganda. Je suis tenté de résumer la situation au Sud-Soudan comme celle de l’exemple du crash parfait d’un avion au décollage. Quand un avion s’écrase, on peut incriminer soit le pilote, soit la conception de l’avion. Dans le cas précis, ce sont les deux facteurs qui expliquent cette situation épouvantable.

    Quand vous parlez de la défaillance du pilote voulez-vous dire que le président Salva Kiir n’est pas à la hauteur de la situation ?

    Je veux dire tous les dirigeants politiques du Sud-Soudan – le gouvernement comme l’opposition – qui règlent leurs comptes entre eux en montrant bien peu de préoccupation pour les souffrances terribles que ressent leur population.

    Malgré la famine, le gouvernement du Soudan du Sud consacre plus de la moitié de son budget à acheter des armes. Le refus du Conseil de sécurité de voter un embargo sur les ventes d’armes à ce pays, est-ce que ce n’est pas un échec pour le secrétariat général des Nations unies ?

    C’est d’abord un échec du Conseil de sécurité lui-même. Parce que ne pas arriver à obtenir le nombre de voix voulues pour décider un embargo qui reste absolument nécessaire – et c’était la position de l’ancien secrétaire général, ça reste la nôtre – il faudra bien qu’à un moment donné il dise que ça suffit.

    Ce sont les Russes et les Chinois qui ont bloqué ?

    Ça a été une série de pays qui n’ont pas voté, tout simplement. Qui se sont abstenus.

    Vous vous êtes impliqué personnellement et on sent que vous avez des regrets à ce sujet.

    Mais oui, comment ne pas en éprouver ? Un pays qui est déjà aussi pauvre, qui consacre ses quelques ressources qui lui restent – plutôt qu’à aider ces gens qui souffrent – à acheter des hélicoptères de combat, non, ce n’est pas défendable.

    Au nord du Mali, deux ans après l’accord d’Alger, plusieurs grandes villes comme Tombouctou et Taoudéni sont toujours sans autorité intérimaire. Est-ce que ce n’est pas le signe que cet accord d’Alger ne marche pas ?

    Je préfère voir ce qui s’est fait. C’est-à-dire que les gouvernements intérimaires, il y en a maintenant à Gao, il y en a à Kidal, Tombouctou apparemment, c’est encore remis, mais Taoudéni devrait se faire. Le regret que j’éprouve, c’est que ce processus a été beaucoup trop long à être mis en œuvre. On a perdu beaucoup de temps. Vous savez que les accords d’Alger prévoyaient une période de transition de vingt-quatre mois, on va être à vingt-quatre mois au mois de juin. Et donc ça a été mon message l’autre jour au gouvernement et aux autres acteurs maliens : « Vous avez assez perdu de temps, maintenant il faut avancer ». Alors ce qui est bien - bon signe - c’est que se réunit en ce moment et depuis quelques jours la Conférence d’entente nationale qui avait été promise depuis longtemps par le président Keïta. Ce qui est bien aussi, c’est que maintenant, on a commencé à déployer sur le terrain des patrouilles conjointes qui associent l’armée malienne et des représentants des groupes armés signataires. Donc ça c’est important parce que ça montre aux populations du Nord que la sécurisation, la stabilisation, commencent à être mises en œuvre.

    Vous parlez de ces patrouilles conjointes, ces fameuses patrouilles mixtes. Y a-t-il encore des volontaires après le terrible attentat du 18 janvier dernier à Gao ?

    Mais oui, il y a toujours des volontaires et heureusement. C’est vrai que cet attentat a été épouvantable, ça a fait 50 morts. Mais pour autant, il faut avancer et c’est ce qu’on fait.

    Le mois dernier, les principaux chefs jihadistes se sont regroupés physiquement devant une caméra vidéo. C’était dans le nord du Mali sous la houlette d'Iyad Ag Ghali. Est-ce que ce n’est pas un défi qu’ils vous ont lancé ?

    C’est sans doute un défi. C’est aussi un signal qu’en fait ils veulent adresser, pas seulement au Mali, mais à toute la région. Parce qu’en réalité la menace qu’ils font peser, elle s’étend à l’ensemble de la bande sahélienne.

    Quand vous êtes arrivé à la tête de ce département il y a cinq ans et demi la guerre était circonscrite au nord du Mali. Aujourd’hui, elle s’étend au centre du pays. Est-ce que ce n’est pas très préoccupant ?

    C’est préoccupant. C’est vrai que les jihadistes ont fait avancer leur ligne effectivement dans la région de Mopti, notamment dans le centre. Non, je crois que ces gens conservent leur agenda. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs nous travaillons maintenant activement avec les pays du G5 Sahel pour coordonner des opérations, notamment dans les régions frontalières. La Mauritanie, le Niger, le Burkina Faso, le Tchad aussi travaillent avec le Mali pour essayer de réaliser des opérations de tenaille. A la fois, pour parvenir à coincer certains groupes armés et aussi pour essayer de lutter contre le trafic de drogue qui est un des ressorts aussi de la crise malienne.

    Cent quatorze casques bleus tués depuis le début de l’opération Minusma au Mali c’est un terrible bilan. Est-ce que les jihadistes ne risquent pas de gagner la guerre d’usure ?

    Je crois que le Conseil de sécurité souhaite que le travail se poursuive. C’est un travail de longue haleine, mais qui implique surtout que l’Etat malien se rétablisse dans toutes ses prérogatives de souveraineté. Et donc, l’un des objectifs, c’est aussi que les forces de sécurité maliennes soient pleinement déployées dans le nord du pays et puissent assumer le moment venu elles-mêmes les tâches de sécurisation.

    Vous manquez d’hélicoptères, vous manquez de blindés antimines. Vu le terrible bilan plusieurs pays refusent d’envoyer des contingents, est-ce que vous n’êtes pas sous-équipés ?

    On est sous-équipés. C’est vrai, il nous manque des hélicoptères, en effet. Il nous manque au total près d’une centaine de blindés. Donc nous ne ménageons aucun effort pour essayer de trouver les pays qui pourraient nous aider à combler ces déficits. Et nous essayons d’être créatifs, il faut trouver des solutions pragmatiques.

    C’est une rude tâche pour votre successeur Jean-Pierre Lacroix ?

    Mais la tâche n’est pas facile, c’est vrai, je le reconnais bien volontiers.


    Sur le même sujet

    • ONU

      ONU: les dossiers africains du nouveau chef des opérations de maintien de la paix

      En savoir plus

    • Etats-Unis / ONU / RDC

      Maintien de la paix: l'ambassadrice américaine à l'ONU confirme les coupes

      En savoir plus

    • RDC

      RDC: le mandat de la Monusco renouvelé, avec une légère réduction des effectifs

      En savoir plus

    1. 1
    2. 2
    3. 3
    4. ...
    5. Suivant >
    6. Dernier >
    Les émissions
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.