GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Dimanche 17 Septembre
Lundi 18 Septembre
Mardi 19 Septembre
Mercredi 20 Septembre
Aujourd'hui
Vendredi 22 Septembre
Samedi 23 Septembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos

    A.Agbénonci (Bénin): «Nos biens culturels ont une valeur spirituelle importante»

    Aurélien Agbénonci, ministre béninois des Affaires étrangères. consulatbenin.fr

    « Rendez-nous les trésors que vous avez pillés au XIXe siècle ! ». C'est, en substance, le message du Bénin à la France. Depuis un courrier officiel envoyé le 27 juillet 2016, Cotonou demande à Paris la restitution de tous les biens culturels béninois que possèdent les musées de France. Jeudi 30 mars 2017, les ministres des Affaires étrangères des deux pays se sont rencontrés à Paris. Pour quel résultat ? Le ministre béninois des Affaires étrangères, Aurélien Agbénonci, revient pour RFI sur cette réunion et ce dossier.

    RFI : Aurélien Agbenonci, le 27 juillet 2016, le Bénin a demandé à la France la restitution des biens culturels béninois conservés notamment dans les musées français. De quels biens s’agit-il ?

    Aurélien Agbenonci : Il s’agit de trésors royaux, de diverses œuvres d’art, dans certains cas de documents, qui ont été pillés ou emportés lors de la conquête coloniale du Bénin, mais aussi dans l’œuvre des missionnaires, et qui se trouvent aujourd’hui dans les musées, mais aussi dans les collections privées. Et nous essayons de les récupérer.

    Donc il s’agit, en fait, du butin de guerre des troupes coloniales ?

    Principalement du butin de guerre lors de la chute du roi Béhanzin. Mais, c’est durant tout le processus de la colonisation, et aussi après, que des objets ont été emportés.

    Est-ce que vous avez une idée du nombre de pièces concernées ?

    Certains spécialistes disent autour de 6 000. On n’a pas un inventaire exhaustif, mais c’est dans cet ordre-là.

    Six mille pièces, parmi lesquelles il y a le trône et le sceptre du roi Béhanzin ?

    Il y a plusieurs récades [sceptres royaux de l’ancien royaume du Dahomey, NDLR] des rois Ghezo, Glélé, Béhanzin. Il y a le trône du roi Ghezo qui est majestueux, que vous voyez lorsque vous visitez le musée du Quai Branly - j’y étais encore hier - ; c’est une série de biens culturels qui font partie de notre patrimoine.

    Pour l’instant, vous n’avez pas encore établi la liste ?

    Il y a diverses listes mais il n’y a pas encore une liste exhaustive. Et vous savez qu’il n’y a pas de développement sans tenir compte de ce qui constitue notre mémoire. Et, pour nous, leur valeur va au-delà de ce que l’on peut imaginer. Et, dans certains cas, ces biens ont même une valeur spirituelle importante pour les Béninois. Alors, ce que nous essayons de faire, c’est de convaincre la partie française qu’il est temps que ces biens retournent à la maison, qu’il est temps que nous puissions récupérer quelque chose qui nous appartient. Nous voulons développer un tourisme culturel. Et j’ai rencontré le ministre des Affaires étrangères lors de mon séjour ici, nous ne sommes pas dans la revendication. Nous sommes dans une démarche de coopération pour récupérer des choses qui sont à nous.

    Cette lettre du Bénin est partie le 27 juillet 2016 et, le 12 décembre 2017, vous avez reçu une réponse de votre homologue français Jean-Marc Ayrault. Il dit comprendre votre démarche, mais, en même temps, il vous répond que les biens aujourd’hui entreposés en France sont inaliénables et insaisissables.

    Et même, il parle d’imprescriptibilité. Je ne suis pas venu pour l’aliénation. Je ne suis pas venu pour saisir. Je suis venu pour récupérer quelque chose qui est à nous. Et j’ai eu une conversation très constructive avec Jean-Marc Ayrault, la semaine dernière, pendant mon séjour à Paris, et nous sommes tombés d’accord sur le fait qu’il faille aller dans la direction qui a été proposée par le président François Hollande, le 12 décembre aussi, lors de son tête à tête avec le président Talon. A savoir, mettre en place une commission de coopération pour voir les modalités. Vous savez, il y a diverses modalités. D’abord, en France, vous avez une commission scientifique des collections qui peut déclasser les biens et, donc, nous pouvons changer le statut de ces biens.

    Parce que certains biens peuvent être pillés ?

    Voilà. Ce qui a été volé, pillé, doit être rendu, déjà.

    Ce qui s’est passé pour un certain nombre de biens juifs pendant la dernière Guerre mondiale…

    Exactement. On peut les restituer, on peut les mettre en dépôt, on peut trouver des modalités de coopération muséale. Donc, comme dit le président Talon, nous ne sommes pas dans la revendication, nous sommes dans une démarche de coopération pour que ces biens puissent nous revenir.

    Ces œuvres, sur le marché, peuvent valoir plusieurs millions de dollars. Si demain elles arrivent, par exemple, au musée d’Abomey, c’est-à-dire le musée où se trouvent les palais royaux d’Abomey, est-ce qu’elles peuvent être protégées des voleurs ?

    Bien sûr ! Ca fait bientôt un siècle qu’il existe des musées au Bénin - ce qu’on ignore. Et nous avons aujourd’hui des dispositifs qui nous permettent de conserver nos biens. Alors, dans le nouveau programme d’action du gouvernement, nous avons prévu un développement touristique culturel important, avec des aménagements matériels qui peuvent nous permettre de conserver ces biens. Mais, de vous à moi, a-t-on besoin de justifier à celui qui vous a enlevé quelque chose les conditions dans lesquelles vous allez conserver ce qui vous appartient ?

    Mais, de l’aveu du directeur du musée d’Abomey, il y a eu 300 vols quand même ces dernières années !

    Oui, mais il y a eu 300 vols comme on vole partout. Mais, aujourd’hui, c’est terminé. Aujourd’hui, c’est la première fois qu’un gouvernement dit : je vais faire du développement culturel, je veux protéger mon patrimoine, je veux faire en sorte que tout ce qui m’appartient soit protégé et bien protégé. Et mieux : soit entretenu. Et je crois que le directeur du musée d’Abomey ne dit pas autre chose que ce que je dis.

    Il n’y a que sept gardiens aujourd’hui pour l’ensemble du musée d’Abomey. Est-ce que demain vous prévoyez les investissements nécessaires pour la conservation de toutes ces pièces ?

    Mais, vous savez, notre pays prévoit déjà la création de deux musées. Il y a un musée à Abomey et un autre musée des Arts et de la Culture vaudou à Porto-Novo. Mais ce n’est pas là que réside le problème. Le problème réside dans la restitution au Bénin de ce qui lui appartient.

    Quand une pièce disparaît, il n’y a pas aujourd’hui à la disposition du Bénin un inventaire photographique complet pour rechercher cette pièce et pour la retrouver dans les ventes aux enchères. Quand est-ce que cet inventaire sera terminé ?

    Cet inventaire est en cours et nous sommes dans des discussions avec des institutions qui sont très spécialisées dans ce genre de travail. Monsieur Pliya, qui dirige l’Agence de promotion du tourisme dans le pays, fait un travail remarquable et qui avance très bien.

    On parle de restitution pure et simple, on parle de prêt, on parle de dépôt. Quel est l’avenir pour ces biens qui sont actuellement en France ?

    L’avenir pour ces biens qui sont en France répond à un principe général : le retour au Bénin. Maintenant, ce principe peut être aménagé. L’aménagement c’est parfois le prêt, parfois le dépôt, parfois des échanges dans le cadre de ce que l’on appelle la coopération muséale, et ces biens seront accessibles, ils seront bien conservés.

    Et, demain, quand on ira visiter les palais royaux d’Abomey on pourra retrouver leurs richesses ?

    On pourra retrouver leurs richesses, à la fois à Abomey, mais aussi à Porto-Novo et aussi à Ouidah, la cité historique, où certains biens seront aussi exposés, et on pourra voir tous ces biens, bien conservés.


    Sur le même sujet

    • Débat du jour

      La France doit-elle restituer les œuvres d’art au Bénin?

      En savoir plus

    • Bénin

      Bénin: le projet de révision de Constitution arrive devant les députés

      En savoir plus

    • Bénin

      Bénin: le PVI reprend ses activités dans le port de Cotonou

      En savoir plus

    • Culture / Bénin / France

      «Paris-Cotonou-Paris»: Dominique Zinkpé fait rayonner les artistes béninois

      En savoir plus

    1. 1
    2. 2
    3. 3
    4. ...
    5. Suivant >
    6. Dernier >
    Les émissions
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.