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    La Syrie est-elle une guerre de «pipelines et de gazoducs»?

    Jean-Luc Mélenchon lors de son meeting à Marseille, le 9 avril 2017. Reuters/Jean-Paul Pelissier

    C’est une formule qui revient régulièrement dans les discours de Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la France Insoumise : le conflit syrien serait, comme la guerre en Irak, une guerre « de pipelines et de gazoducs », une guerre provoquée par l’appétit des grandes puissances pour les richesses du sous-sol régional. Mais la guerre civile syrienne peut-elle se résumer à une lutte d’influence pour le contrôle des flux pétroliers et gaziers au Moyen-Orient ? Ou est-elle au contraire, essentiellement, un conflit interne à la Syrie, né de la révolte populaire du printemps 2011 ? RFI a tenté de confronter les déclarations du candidat de la France insoumise aux faits établis, et à ce que l’on sait des débuts de la crise syrienne.

    Que dit Jean-Luc Mélenchon ? 

    Le candidat de gauche a plus d’une fois qualifié le conflit syrien de « guerre des pipelines et des gazoducs ». Sur BFM-TV à l’été 2016, ou plus récemment, le 9 avril dernier, devant ses partisans réunis en meeting à Marseille : « Les convois des armées n’ont jamais fait rien d’autre que de suivre les pipelines et les gazoducs. »

    Mais Jean-Luc Mélenchon ne réserve pas cette formule à ce seul conflit : pour lui, la guerre menée en Irak contre l’organisation de l’Etat Islamique relève elle aussi de cette « guerre des pipelines ». « En réalité, pour Jean-Luc Mélenchon, tous les conflits de la région, depuis le partage Sykes-Picot de 1916, sont liés, de près ou de loin, à une guerre pour l’accaparement du gaz et du pétrole, explique Eric Coquerel, l’un de ses conseillers politiques. « Dans le cas particulier de la Syrie, nous considérons que la révolte du printemps 2011, que nous avons d’ailleurs soutenue dans un premier temps, a très vite été dévoyée par les puissances occidentales. »

    Pour Jean-Luc Mélenchon, la militarisation de l’opposition syrienne a été encouragée et instrumentalisée parce que certains pays (pays du Golfe, pays occidentaux) avaient intérêt à le faire. Et quel autre intérêt à défendre, dans cette région, que l’accès aux ressources gazières et pétrolifères ?

    Peut-on lier le conflit syrien à des enjeux pétroliers et gazier ?

    Est-il possible, comme le fait Jean-Luc Mélenchon, de voir dans la lutte pour le contrôle des hydrocarbures l’un des éléments déclencheurs du conflit syrien ? Le premier élément de réponse est négatif : la Syrie ne possède pas de réserves de gaz ou de pétrole suffisamment importantes pour « justifier » un conflit de cette ampleur. Le pays possède certes des gisements - dont les plus importants sont d’ailleurs aujourd’hui aux mains des jihadistes de l’organisation de l’Etat Islamique, ou des Kurdes du PYD – mais ces gisements ne sont pas comparables à ceux de l’Iran, de l’Irak ou du Koweït.

    En revanche, de par sa situation géographique, la Syrie peut jouer un rôle crucial dans le transport des hydrocarbures produits par les grands pays exportateurs de la région : pays du Golfe, Irak, Iran. Et selon une théorie très en vogue depuis plusieurs années, le conflit syrien aurait été provoqué par la rivalité gazière entre l’Iran et le Qatar, et par leur volonté de s’assurer un accès au marché européen, par le biais du territoire syrien.

    En évoquant « les pipelines et les gazoducs » plutôt que les « ressources pétrolières et gazières », Jean-Luc Mélenchon fait d’ailleurs écho, volontairement ou non, à une théorie qui a connu un franc succès, depuis plusieurs années, notamment sur Internet.

    Le conflit gazier entre l’Iran et le Qatar a-t-il provoqué le conflit syrien ?

    Les partisans de cette théorie rappellent que le Qatar avait envisagé de construire un gazoduc passant par le territoire syrien afin d’accéder au marché européen, et que ce projet s’est heurté à un projet concurrent défendu par l’Iran. « Il était cohérent pour ces deux pays de pouvoir accéder au littoral méditerranéen et donc au marché européen en passant par la Syrie, explique David Amsellem, spécialiste des questions énergétiques au Moyen-Orient, et fondateur du cabinet de conseil Cassini.

    Durant la deuxième moitié des années 2000, Bachar el-Assad se montre d’ailleurs disposé à ouvrir son territoire à des infrastructures de transports d’hydrocarbures, avec comme objectif de transformer son pays en « carrefour énergétique » du Moyen-Orient, et en retirer les bénéfices pour son économie. Selon les tenants de la « théorie du gazoduc », le président syrien aurait rejeté le projet défendu par le Qatar en 2009, au profit de l’Iran, ce qui aurait incité le Qatar et ses alliés à vouloir provoquer un changement de régime à Damas. « Cette hypothèse ne peut être écartée », estime David Amesellem, « même si elle ne peut à elle seule expliquer l’irruption de la guerre en Syrie ».

    Sur Internet, les tenants de cette théorie se font moins nuancés : pour eux, il y a bien un lien direct entre cette affaire de gazoducs et le déclenchement de la guerre en Syrie. La preuve ultime, à leurs yeux ? La conclusion d’un accord en 2011, entre Damas et Téhéran, pour la construction d’un gazoduc devant permettre l’acheminement du gaz iranien sur le littoral méditerranéen, via l’Irak et la Syrie. Damas aurait eu le tort de choisir Téhéran au détriment du Qatar et de ses alliés occidentaux, ce qui allait encourager ces derniers à vouloir déstabiliser la Syrie afin de faire capoter ce projet trop favorable à la puissance chiite. « Cette théorie ne tient pas debout pour toutes une série de raisons, estime pour sa part Phillippe Sebille-Lopez, du cabinet Géopolia. « En 2009, les incertitudes économiques étaient telles qu’il n’était pas viable pour le Qatar de se lancer dans un tel projet, estime le consultant, expert en géopolitique de l’énergie. Ensuite, le principal obstacle à ce projet de gazoduc n’aurait pas été la Syrie, mais l’Arabie saoudite, dont les relations avec le Qatar ont toujours été difficiles ! Et pour construire ce gazoduc, il fallait l’aval de Riyad… »

    Deux faits avérés, une inconnue

    En définitive, dans cette histoire de gazoduc, deux faits sont avérés : le Qatar a envisagé de construire un gazoduc sur le territoire syrien, et Bachar el-Assad a finalement préféré signer un accord avec l’Iran. En revanche, le rejet, en 2009, du projet qatarien par le président syrien, n’est confirmé par aucune source tangible.

    Quelle que soit la réalité des négociations engagées entre Damas et Doha durant la deuxième moitié des années 2000, faire le lien entre cette affaire et l’éclatement de la guerre en 2011 relève de la spéculation, et reste impossible à vérifier. Mais cette théorie de la « guerre des gazoducs » n’est pas innocente politiquement – en tout cas du point de vue du régime syrien et de l’opposition à Bachar el-Assad.

    Car elle ne peut que conforter la version défendue par le régime syrien, d’une révolution et d’une guerre qui n’auraient été qu’une fabrication et une manipulation de pays hostiles au pouvoir syrien – bien loin des causes endogènes défendues par l’opposition syrienne (manque de libertés, désespoir social, corruption des institutions) « La guerre des pipelines et des gazoducs » du candidat de la France Insoumise rejoint ainsi le «complot des pays du Golfe et des pays occidentaux»  qui aurait provoqué à dessein le chaos de la guerre civile, selon le régime de Damas.


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