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    André Kamga: en Afrique, «nous pensons que la saison qui vient va être difficile»

    Tout comme dans le reste de la Corne de l'Afrique, la sécheresse s'est aussi installée en Ethiopie REUTERS/Thomas Mukoya

    L’Afrique fait partie des zones les plus sensibles aux changements climatiques. Ces dernières semaines, la sécheresse qui frappe une partie du continent africain et ses nombreuses conséquences font régulièrement la Une des médias. Dans certaines régions de la Corne de l’Afrique, comme en Somalie, la famine guette, voire frappe déjà les populations. Avant cela, l’Afrique australe a elle aussi connu un épisode de sécheresse, et le Sahel pourrait lui aussi être concerné, dans les prochains mois. Selon les Nations unies, la faim menace 20 millions de personnes en Somalie, au Soudan du Sud, au Nigeria et au Yémen. André Kamga, chef du département climat et environnement du Centre africain pour les applications de la météorologie au développement (Acmad) livre ses analyses.

    L’Afrique fait face à des évènements climatiques importants, voire spectaculaires. Est-ce que vous pensez que ces phénomènes vont se calmer dans les mois à venir ?

    André Kamga : Pas vraiment puisque nous savons que nous sommes dans une phase de changement climatique et l’Afrique fait partie des continents les plus vulnérables. Donc ce sont des évènements qui, pour nous, vont continuer dans les années à venir et aussi dans les mois à venir.

    Pourquoi pensez-vous que l’Afrique fait partie des endroits les plus vulnérables ?

    Parce que sur la base des analyses que nous faisons sur l’Afrique spécifiquement, et que nous comparons aux situations globales, par exemple l’amplitude et la vitesse du réchauffement climatique, l’Afrique présente une situation particulière avec une vitesse de réchauffement qui est pratiquement le double de celle que l’on obtient en regardant les données globales de toute la Terre.

    Des évènements climatiques comme la sécheresse qui touche en ce moment la Corne de l’Afrique, est-ce qu’on peut les prévoir ? Est-ce que vous les aviez prévus ?

    Oui, je vais prendre juste les deux situations passées. Il y a eu entre 2015 et 2016 la sécheresse en Afrique australe cette fois-ci, puis maintenant, sur 2016, la sècheresse en Afrique de l’Est. Pour la sécheresse de l’Afrique australe, déjà en octobre 2015, nous avions sur les produits de prévision indiqué une sécheresse attendue d’intensité au moins modérée. Mais malheureusement, c’est en juillet 2016, c’est-à-dire bien après que les impacts de la sécheresse soient bien ressenti que la SADC [Communauté de développement d'Afrique australe] a déclaré la situation de sécheresse. Un défi que nous avons maintenant, c’est de faire en sorte que, sur le plan politique, il y ait une prise en compte des informations de prévision et aussi de surveillance de la sécheresse. La même chose s’est passée en Afrique de l’Est récemment. Donc en octobre 2016, nous avions sur les prévisions, les indications d’une sécheresse, mais c’est en février 2017 qu’au Kenya, par exemple, qu’au niveau politique le plus élevé, il y a eu la déclaration de la sécheresse.

    Qu’est-ce que cela change de réagir plus tôt ? Est-ce qu’on peut mettre en place des stratégies pour limiter les impacts ?

    De manière simple. Quand vous regardez la situation de 2015 sur l’Afrique australe, vous allez vous rendre compte que pendant que l’Afrique australe était en situation de sécheresse, la mousson africaine a été très généreuse avec des excédents de production : le maïs par exemple. On peut bien imaginer une situation où les excédents de production d’une région peuvent être utilisés pour soutenir d’autres régions, au moins soutenir et empêcher l’inflation des denrées alimentaires qu’on observe en situation de sécheresse dans les marchés. Et nous travaillons avec l’Union africaine actuellement pour voir dans quelle mesure on peut mettre en place un tel instrument.

    D’ici la fin de l’année, qu’est-ce que vous prévoyez comme grands évènements climatiques pour l’Afrique ?

    Nous sommes quelques mois avant le démarrage de la saison agricole, notamment au Sahel. Les analyses faites montrent que pour le Sahel cette année, on s’attend à des difficultés au niveau notamment du démarrage de la saison. Sur le plan global, il y a un phénomène El Niño, au moins de faible intensité, qui va dominer la saison agricole au Sahel. Et nous pensons que cette saison qui vient va être un peu plus difficile que l’année dernière.

    Un peu plus difficile dans quel sens. Est-ce qu’il va y avoir moins de pluie ?

    Actuellement, en termes de quantité de pluie, on s’attend à des quantités bien en dessous de ce qu’on a observé l’année passée. Puis le démarrage dans une bonne partie de la bande sahélienne serait tardif.

    Quelles sont les conséquences sur l’agriculture ?

    En général ce qu’on va observer, c’est que la production agricole va subir une baisse par rapport à ce qu’on a eu, notamment en 2015 et 2016, qui étaient des années relativement abondantes en précipitations.

    Qu’est-ce qu’il faudrait faire dès maintenant à votre avis ?

    La première chose à faire, c’est de financer des activités parce que en général au Sahel, ce qui va se passer, c’est que les communautés vont aller semer, comme si de rien n’était, et multiplier leurs semis ; et d’engager des campagnes dans les zones agricoles pour sensibiliser sur la nécessité d’attendre les conseils avant de semer. Cela est un premier point. Le deuxième point, c’est d’utiliser des semences qui puissent résister à une sécheresse plus ou moins prolongée, et puis utiliser les informations météorologiques sur le temps qu'il fait pour mener les activités de cerclage et optimiser ainsi la production en fin de compte.


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