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    Madagascar: recycler des vêtements permet d’employer des femmes malentendantes

    Dans l'atelier de Jeni (à droite sur la photo) avec deux employées malentendantes. ©Volana Razafimanantsoa/RFI

    Tout a commencé par une publication sur Facebook. Jeni Andriamiseza ne savait pas quoi faire d'une vieille robe. Elle a demandé à une couturière de rue de la transformer en trousse et a publié la photo sur le réseau social. C’est le succès immédiat, elle reçoit une avalanche d'encouragements et demandes d'achats quelque temps après la naissance de Fakotory. Cette association solidaire basée à Antananarivo emploie 5 femmes en situation de handicap, milite contre l'utilisation du sachet en plastique et transforme et vend des accessoires recyclés. Rencontre avec sa créatrice, Jeni Andriamiseza.

    Sur la table en bois, une machine à coudre qui vient d'être réparée. Ciseaux, fils, aiguilles, deux couturières manient des bouts de tissus colorés sous l'œil attentif de Jeni Andriamiseza, créatrice de Fakotory.

    « Mon atelier est dans le jardin de ma maison. Là par exemple on est en train de transformer des chutes de tissus en sacs de courses réutilisables. »

    Fakotory a également créé des sacs à dos pour des écoliers, commandés par une entreprise de téléphone. Si plusieurs sociétés de la capitale lui font confiance. Il y a un an, Jeni avait du mal à convaincre sa propre famille de recycler, à commencer par sa grand-mère Berthe Aline.

    « Ce n'est pas facile de recycler tout ce qu'il y a à recycler. À la maison entre nous j'utilise des serviettes de table en tissu. Mais j'achète de temps en temps des serviettes de table à jeter quand il y a des gens et que l'on est trop nombreux. Jeni n'aime pas, elle n'aime pas »

    Aujourd'hui Jeni est aidée par une vingtaine de bénévoles, des ingénieurs, des industriels, des community managers ou encore des designers. Dans son atelier, la jeune femme de 23 ans communique en langue des signes. Ses cinq couturières sont malentendantes.

    « J'ai rencontré plusieurs femmes dans mon quartier, notamment des couturières de rue. Il y a aussi une association AKAMA, que j'ai connue grâce à ma tante malentendante. Je me suis déplacée à plusieurs reprises dans cette association pour rencontrer ces femmes qui travaillaient mais étaient surexploitées. Je me suis dit que je pouvais les aider. »

    Soa a 25 ans. Mariée avec deux enfants à charge, Soa est malentendante. Avant Fakotory, cette artisane travaillait dans une entreprise de transformation du raphia.
    Soa  fabriquait des sacs en raphia, des chapeaux aussi. Elle n'aimait pas ce travail car elle était payée uniquement en repas : du riz, de la viande et de l'huile. Ça ne suffisait pas car elle devait payer l'électricité, la nourriture et les frais de scolarité. Aujourd'hui Soa travaille à Faktory, elle reçoit un salaire.

    Prochaine étape pour Jeni Andriamiseza :  créer un site internet pour indiquer aux particuliers et aux entreprises de la capitale où ils peuvent déposer leurs déchets recyclables mais aussi pour connaître quelles sont les entreprises et associations qui vendent des produits recyclés.

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