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    Benoît Kambou: au Burkina Faso, «on a cinq ans pour examiner 5065 dossiers»

    L’ancien président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, qui vit exilé en Côté d’Ivoire. AFP/Issouf Sanogo

    L’ex-président burkinabè Blaise Compaoré, qui vit en exil en Côte d’Ivoire, et les ministres de son dernier gouvernement seront jugés le 27 avril pour leur implication présumée dans la répression de l’insurrection populaire de fin octobre 2014 qui avait conduit à la chute du régime. Le gouvernement et Blaise Compaoré, en tant que ministre de la Défense, sont poursuivis par la Haute Cour de justice pour complicité présumée d’assassinat de sept manifestants et pour 88 personnes blessées. Parallèlement à cette justice institutionnelle, le Haut conseil pour la réconciliation et l’union nationale (HCRUN) - créé après la transition - a sur son bureau plus de 5 000 dossiers de crimes à traiter, datant de 2014, mais aussi des années soixante pour certains. Son président, Benoît Kambou, est notre invité ce matin et répond aux questions de Jean-Jacques Louarn.

    RFI : Diriez-vous que votre mission, c’est une mission impossible ?

    Benoît Kambou : Je ne dirais pas une mission impossible, mais une mission à la fois délicate parce que réconcilier toute une population sur la base de dossiers de crimes de sang, de crimes économiques, de différentes affaires de droits humains, ce n’est pas une mince affaire, il faut le reconnaître. C’est vrai qu’au regard du nombre de dossiers que nous avons à examiner, on peut se poser la question. On a 5 065 dossiers de crimes de sang, de crimes économiques et différentes formes d’atteintes aux droits humains. On a cinq ans pour les examiner. Ce n’est pas une mince affaire. C’est vrai que ce sont des dossiers qui auraient pu être confiés à la justice classique. Mais compte tenu de l’ancienneté de certains dossiers, parce qu’il y a des dossiers qui remontent à 1960, la question des preuves peut se poser.

    Vous parliez des années 60, votre mission effectivement de réconciliation porte aussi sur les crimes antérieurs à 2014, donc les années Thomas Sankara, et même avant ?

    C’est cela. Il y a un dossier qui remonte aux années 60, donc des crimes antérieurs au dossier de Thomas Sankara.

    Blaise Compaoré et les ministres du gouvernement en place en octobre 2014 seront jugés à partir du 27 avril. Pensez-vous que ce procès puisse être une étape vers la réconciliation ?

    A mon avis, ce procès peut aider à la réconciliation. Sinon, je dois dire que Blaise Compaoré s’étant réfugié à Abidjan depuis pratiquement trois ans et ayant pris la nationalité ivoirienne, est-ce que cela ne va pas compliquer les choses ? Je n’en sais rien.

    Il ne sera jamais extradé vers le Burkina Faso, c’est ce que vous semblez penser ?

    Oui.

    Ce procès du 27 avril, les partisans de l’ancien régime affirment que c’est un procès joué d’avance. On est loin donc, semble-t-il, de la réconciliation ?

    Ça peut donner l’impression que c’est un procès des vainqueurs contre les vaincus. On ne peut pas empêcher les gens de penser ce qu’ils veulent. Mais dans un Etat de droit, je pense que c’est une procédure quand même qui s’impose. Et il faut traduire les gens devant les juridictions, qu’ils soient soumis à un jugement équitable que de les condamner comme ça, sans jugement.

    La Coalition pour la démocratie et la réconciliation à laquelle appartient le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), l’ancien parti au pouvoir, a rencontré Blaise Compaoré à Abidjan le 11 avril. Une rencontre qui a fait, et le mot est faible, polémique à Ouagadougou ?

    Oui. Nous, nous restons de marbre parce que c’est une coalition de partis qui agit en toute autonomie. Nous, nous sommes une structure apolitique. Nous n’avons pas d’instruction à recevoir de qui que ce soit. Nous sommes indépendants de tous les pouvoirs constitués. Donc de ce point de vue, tous ceux qui peuvent apporter leur concours à la noble mission qui est la nôtre, nous recevons leurs offres pour autant que les messages qu’ils auront diffusés ne contredisent pas les objectifs de la cohésion nationale et de l’unité nationale.

    Vous parlez de messages. Blaise Compaoré en a envoyé un. Il voudrait que le Burkina solde tous les passifs pour aller à l’unité nationale véritable. Cela doit vous parler, cela doit vous intéresser ?

    Oui, puisque notre mission est de créer les conditions favorables à la cohésion sociale et à l’unité nationale. De ce point de vue, effectivement ça nous intéresse. Il s’agit de faire ici la lumière. Nous ne sommes pas des juges. Nous ne désignons pas des coupables, mais nous voulons établir les responsabilités et engager les procédures qui s’imposent.

    Blaise Compaoré doit-il rentrer à Ouagadougou ?

    Blaise Compaoré doit-il rentrer à Ouagadougou ? Ça c’est une question à laquelle lui-même pourrait répondre parce que tout dépend de lui. S’il estime qu’il a toutes les garanties pour rentrer, il rentrera.

    Diriez-vous que la volonté politique de réconciliation existe au sein du gouvernement aujourd’hui ?

    Au sein du gouvernement, c’est une très bonne question. C’est vrai que le gouvernement dans son ensemble aura certainement un travail à faire en séminaire gouvernemental pour amener les uns et les autres à partager l’idée. Sinon, nous avons le soutien déjà des plus hautes autorités.

    Le Haut Conseil est-il véritablement indépendant  ? Financièrement, vous dépendez du gouvernement ?

    On peut dire que nous sommes autonomes. Nous travaillons en toute autonomie puisque nous n’avons pas d’instruction à recevoir. Depuis que nous nous sommes mis en place, depuis le 22 mars, à aucun moment le gouvernement ne nous a donné d’instruction. Non.

    Avez-vous déjà parlé, rencontré Blaise Compaoré ?

    Je l’ai rencontré en tant que proche, comme tout le monde.

    Mais dans le cadre de votre mission de réconciliation ?

    Pas encore. Ce n’est pas exclu qu’un jour le Haut Conseil décide d’aller le rencontrer. Et c’est même prévu, c’est même une obligation.

    Vous avez Blaise Compaoré en face de vous. Que lui dites-vous ?

    Blaise Compaoré en face de moi ? Que dois-je lui dire ? Qu’il est citoyen burkinabè comme tout le monde et que s’il veut vraiment que la paix et la réconciliation se fassent dans le pays qui est le sien, qu’il joue sa partition.

    C’est-à-dire qu’il accepte d’être jugé donc au Burkina Faso ?

    Pourquoi pas.


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