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    Lutte contre le paludisme en entreprise en Afrique

    Le paludisme se propage par la piqûre de certaines espèces de moustiques du type anopheles. GETTY/DEA PICTURE LIBRARY

    Comment minimiser l’impact du paludisme sur le développement de l’Afrique sub-saharienne ? L’association française Santé en entreprise, membre du CIAN, le Conseil français des investisseurs en Afrique, a présenté hier le bilan de trois ans de mise en œuvre du programme collaboratif de lutte contre le paludisme dans 14 pays d’Afrique francophone. Des actions menées pour le moment presqu’exclusivement avec des filiales de grands groupes français et européens, à l’exception de quelques entreprises locales au Congo-Kinshasa.

    Santé en entreprise a élaboré en 2014 une feuille de route opérationnelle pour une lutte efficace contre le paludisme, première cause d’absentéisme des salariés. Ce problème de santé est aussi économique, selon Erick Maville, directeur général de Santé en entreprise. « Cette maladie représente quelquefois de 50 % à 60 % de journées non travaillées en une année. Les consultations et les frais médicaux que le paludisme engendre sont importants. C’est une source de dépense pour l’entreprise, les salariés et leurs familles. »

    L’association a fait une étude d’impact économique du paludisme sur un panel de 150 sociétés. « On s’est rendu compte que le coût avoisinait les 100 euros par salarié et par an. Ce qui est quand même énorme, si on se souvient qu’une moustiquaire coûte 5 euros, protéger une famille de 4 personnes, ça coûte 10 euros et on est protégé pendant 3 ans. » 

    Investir dans la prévention

    Le paludisme coûte donc plus cher à une entreprise qui n’investit pas dans la lutte contre cette maladie. Implantée au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Sénégal, la Compagnie fruitière a un volet santé important dans ses zones de production, précise Christelle Lasme, responsable développement durable du groupe.

    « On a fait construire des centres de santé pour chacune de nos filiales, deux hôpitaux : celui du Cameroun est un hôpital de référence et il y a un hôpital en Côte d’Ivoire, à Tiassalé, qui est lui éloigné de la plantation la plus proche. Il y a effectivement des coûts financiers associés à cette maladie. C’est vrai que, on a eu à le déplorer, on prend souvent aussi le relais de ce que le gouvernement devrait être en mesure de faire, mais ça c’est une réalité à laquelle on doit faire face. »   
     
    Nécessité d’une lutte commune

    Les États africains comptent notamment sur l’aide du Fonds mondial. La France consacre 360 millions d’euros par an à ce Fonds dédié au combat contre le VIH-sida, la tuberculose et le paludisme. Pour Michèle Boccoz, ambassadrice chargée de la lutte contre le VIH-sida et les maladies transmissibles, la part réservée à la lutte contre le paludisme est importante.

    « Le paludisme bénéficie d’un tiers des fonds du Fonds mondial. Pour nous, ce qui est important, c’est arriver à éliminer cette maladie qu’est le paludisme. On peut éliminer le paludisme, on a des médicaments. Mais ce qu’il faut, c’est d’abord avoir assez de moyens pour le faire et donc pour ça, il est absolument capital que tous les partenaires travaillent ensemble. »

    Selon la Banque mondiale, le paludisme fait perdre à l’Afrique 10 milliards d’euros de PIB chaque année. Soit plus que le budget 2017 de la Côte d'Ivoire, qui est de 9,9 milliards d'euros.

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