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    Hervé Bourges (journaliste): «L’Afrique est un continent de l’avenir»

    Hervé Bourges, ex-président de RFI. RFI/S ébastien Bonijol

    Notre invité connait bien RFI, puisqu'il en a été le patron, au début des années 1980. C'est un fin connaisseur du continent africain. Il y a vécu pendant une quinzaine d'années, en étant au cabinet du président algérien Ben Bella, dans les années 1960, puis directeur de l'Ecole internationale de journalisme de Yaoundé, dans les années 70. Il a aussi effectué de très nombreux voyages en Afrique, tout au long de sa carrière. Il raconte par exemple que, lorsqu'il s'est rendu aux obsèques du président sénégalais Léopold Sedar Senghor, c'était son 75e voyage à Dakar. C'est fort de cette connaissance qu'Hervé Bourges vient de publier un « Dictionnaire amoureux de l'Afrique », aux éditions Plon. Un ouvrage de plus de 800 pages, qui nous emmène à la découverte de l'histoire, des hommes, des paysages, de la culture et de la cuisine africaine. Ce matin, Hervé Bourges nous parle de sa vision de l'Afrique, de son avenir, et de sa relation avec la France, au micro de Magali Lagrange.

    Rfi : Hervé Bourges, je vais commencer par le mot de la fin, c’est le mot « zone ». Vous écrivez : « L’Afrique n’est pas un continent de seconde zone, mais celui de l’avenir ».
    Hervé Bourges : Oui et j’ai tenu à chercher ma conclusion. Alors avec le mot « zone » eh bien ça m’a donné la possibilité de le faire et de dire que c’était un continent de l’avenir. J’explique un petit peu qu’aujourd’hui, alors qu’on décrit l’Afrique au travers de tout ce qui peut arriver – il y a encore des dictatures, des régimes dictatoriaux, il y a encore des problèmes de famine, il y a des problèmes liés au terrorisme, il y a des problèmes liés à l’électricité, etc. – en même temps on sent une Afrique qui est en train de se lever dans l’horizon mondial. Elle joue un rôle primordial.

    Et puis vous avez avec le numérique qui arrive, les nouvelles technologies, un bond en avant considérable qui a été fait. Et dans ce domaine je donne un exemple parce que je crois qu’il est probant, c’est qu’on comptait plus de téléphones fixes à Manhattan que sur tout le continent africain. Et aujourd’hui avec le numérique, avec le portable, avec les tablettes, etc., il y a une révolution considérable qui est en train de se faire. En même temps c’est la possibilité pour ces pays de se développer et de se démocratiser parce qu’un pays ne peut plus se fermer sur lui-même et taire ce qui s’y passe. Avec les technologies nouvelles, tout le monde sait ce qui se passe dans ce pays et donc c’est très important pour la démocratie.

    Alors vous allez même un peu plus loin. Vous parlez de la France et vous dites que finalement l’avenir de la France passe aussi par un regard nouveau sur l’Afrique.

    Oui. D’abord je voudrais rappeler ce qu’écrivait en 1957 déjà François Mitterrand : « La France n’a pas d’avenir sans l’Afrique au XXIe siècle ». Et puis je suis certain que c’est quelque chose d’extraordinaire qui est en train de se passer actuellement en Afrique.

    Qu’est-ce que la France a à voir, qu’est-ce que l’avenir de la France a à voir avec l’Afrique ?

    Je dirais que la Françafrique est mourante. Pas parce qu’il y a des gens qui sont vertueux de part et d’autre, mais parce que tout le monde sent que c’est une étape qui est maintenant quasiment dépassée. D’abord parce que beaucoup de pays africains se sont détournés de la France. Aujourd’hui avec la mondialisation, vous avez de grands pays – vous avez la Chine, vous avez le Japon, vous avez la Russie, vous avez la Grande-Bretagne et vous avez la Turquie aussi – qui investissent énormément.

    Mais la France peut encore jouer un rôle important, à condition qu’elle regarde ce qui se passe en Afrique et qu’elle prenne en considération le problème de la Francophonie et de la langue française. Et dans ce domaine il est scandaleux que la France ait laissé tomber ceux à qui ils ont imposé la langue française. Le président Diouf qui était le secrétaire général de la Francophonie disait un jour : « 60 millions de Québécoiset les dizaines de millions d’Africains sont les représentants de la Francophonie ».

    Lorsque je parle de la langue française et de la Francophonie à Paris on lève les yeux au ciel et on hausse les épaules. Et je dirais que dans ce domaine les médias, le monde politique, le monde administratif, les petits marquis qui nous régissent, sont des gens qui croient qu’en utilisant le « globish » ils sont modernes et ils oublient que la langue française, non seulement est une langue de culture, mais qu’en plus c’est une langue qui a quand même été celle porteuse des droits de l’Homme et que la France, qui a eu des tas des débats malheureux sur son identité, ferait bien de se rendre compte que la véritable identité de la France c’est sa langue, une langue partagée.

    On parlait de langue on parlait du français – il y a aussi des africanismes que vous citez ?

    Et puis il y a des mots qui ont été créés, qui ont été créés par des hommes qui parlent la langue française et qui la maîtrisent. C’est Senghor qui a créé le mot « essencerie » pour parler des pompes à essence. C’est lui qui a créé la « primature » pour le Premier ministre et beaucoup de termes de ce genre, oui.

    Quelle a été votre première rencontre avec l’Afrique ?

    Ah ! C’est une rencontre sensuelle, si je peux dire. Parce que je suis arrivé au petit matin à Ndjamena qui était Fort-Lamy encore à l’époque, c’était dans les années 65-66. J’y avais été pour organiser un séminaire de formation pour les correspondants de l’agence de presse ; et lorsque je me suis trouvé physiquement sur le sol de Ndjamena, j’ai senti un air que je n’avais pas senti ailleurs, une chaleur que je n’avais pas sentie et des senteurs que je n’imaginais pas. Ça m’a frappé. Mon premier contact a été donc un contact physique, si vous voulez. Pas avec les hommes, pas avec les femmes, avec la nature.

    Si vous ne deviez retenir qu’un mot pour décrire l’Afrique ?

    Vous savez, j’en ferai deux entrées : la patience et la fraternité. Et j’ai appris là-bas la patience et j’ai pratiqué la fraternité.



    Livre : « Dictionnaire amoureux de l'Afrique ». Auteur, Hervé Bourges aux éditions Plon. plon.fr

    « Aujourd’hui avec le numérique, avec le portable, les tablettes, etc., il y a une révolution considérable qui est en train de se faire. En même temps, c’est la possibilité pour ces pays de se développer et de se démocratiser. »

     


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