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    Macron «pompier pyromane», Le Pen «xénophobe»: le duel fait rage...

    Emmanuel Macron et Marine Le Pen, le 23 avril 2017. Eric Feferberg, Joël SAGET / AFP

    À une semaine de la fin de la campagne officielle pour le second tour, Marine Le Pen et Emmanuel Macron s’affrontent avec de plus en plus de virulence, lors de meetings, sur le terrain, ou sur les plateaux de télévision. Le FN, qui tente de mobiliser aussi les électeurs de droite, est accusé d’être un « parti xénophobe ».

    « Ce n’est pas un hasard » reconnaît Marine Le Pen si elle a choisi Nice pour son premier grand meeting de l’entre-deux tours de la présidentielle. Nice que les Grecs appelaient Nikaïa, c’est-à-dire « celle par qui est arrivée la victoire ». Car malgré ses coups d’éclat ultra-médiatisés et les sondages qui lui restent défavorables, la candidate FN croit toujours pouvoir déboulonner Emmanuel Macron qui tente « d’usurper le titre de patriote », qualifié en conséquence de « pyromane qui veut se faire passer pour le pompier ». Dans une ambiance surchauffée, survoltée, parfois même haineuse, Marine Le Pen se présente comme « David contre Goliath », appelle à « dégager » ses adversaires, fait siffler les soutiens d’Emmanuel Macron comme Robert Hue, Manuel Valls et surtout Christian Estrosi, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, longuement hué par les quelques 4 000 sympathisants frontistes, agitant les drapeaux bleu-blanc-rouge qui leur avaient été distribués.

    Macron en banlieue

    Toute autre ambiance un peu plus tôt à Sarcelles, près de Paris, dans une cité sensible où Emmanuel Macron a rencontré des militants associatifs et des jeunes, joué quelques minutes au football, et attaqué Marine Le Pen, qu’il ne laissera pas « banaliser ce qui est un parti xénophobe, mettant à sa tête quelqu’un qui a eu des positions extraordinairement graves (Jean-François Jalkh, remplacé depuis par Steeve Briois, NDLR) », qui tient elle-même « des positions extraordinairement graves ».

    Ni favori, ni parfait

    Après ce déplacement en banlieue, Emmanuel Macron était dans la soirée sur le plateau de TF1. Pour répondre à ceux qui l’accusent d’avoir déjà crié victoire, il ne se « considère pas aujourd’hui comme un favori », critiquant sondeurs et commentateurs qui, il y a un an, « ne mettaient pas un euro » sur lui. Et à ceux qui le jugent arrogants, il rétorque qu’il n’est « pas parfait », qu’il « entend les reproches », qu’il vit avec « gravité et humilité » cette campagne, mais rappelle que les Français l’ont placé en tête au premier tour, et qu’il n’est « sans doute pas le moins capable de traiter leur quotidien ».

    Dépasser les amertumes

    Mais pour entrer à l’Elysée, il aura besoin du front républicain, qui n’est pas totalement acquis. La maire socialiste de Lille Martine Aubry veut faire barrage au FN mais ne cite pas Emmanuel Macron, provoquant les critiques acerbes de Manuel Valls. L’ancien Premier ministre rallié au favori des sondages demande aux « uns et aux autres de dépasser les amertumes personnelles, pour considérer qu’il n’y a qu’un seul intérêt qui compte aujourd’hui : celui du pays. »


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