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    Louis Aliot (FN) : pour l’Afrique, la fin de la Françafrique

    Louis Aliot, vice-président du Front national et député européen. RFI

    Quelle sera la politique africaine de la France dans les cinq prochaines années ? Pour le savoir, RFI interroge les porte-parole des deux finalistes de la présidentielle française. Au nom de la candidate Marine Le Pen, Louis Aliot, vice-président du Front national et député européen est l'invité ce mardi de RFI. Sur la Françafrique ou le dossier des migrants, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Louis Aliot, si Marine Le Pen est élue qu’est-ce qui changera dans les relations franco-africaines ?

    Louis Aliot : Tout. Si je puis dire, tout. La manière de traiter les affaires à l’international et notamment l’Afrique, puisqu’elle a dit que ce serait sa priorité en matière de relations internationales, la remise à plat des relations, la fin - vraiment - de la Françafrique et puis la négociation pied à pied avec un certain nombre de chefs d’Etat africains qui ne respectent pas – c’est le moins que l’on puisse dire – ce que l’on appelle nous, les droits humains [alors que] ils bénéficient souvent, ces pays, de fonds français - ou européens d’ailleurs - mais sans contrôle.

    Quand vous parlez de ces chefs d’Etat africains peu regardants sur les droits de l’Homme vous pensez à qui en particulier ?

    L’affaire qui secoue le plus je crois l’Afrique aujourd’hui c’est l’affaire du Congo Brazzaville. Rien que celle-là en particulier. Mais sinon il faut regarder ces choses-là sur l’ensemble. C’est vrai que les gouvernements français n’ont pas toujours joué franc-jeu.

    Mais dans la relation François Hollande-Denis Sassou Nguesso, qu’est-ce que vous auriez fait de mieux ?

    J’aurais dit qu’il fallait respecter la Constitution qu’il avait mise en place, c’est-à-dire qu’il ne la modifie pas. Et puis surtout, après je lui aurais dit qu’il est quand même anormal que dans un pays, paraît-il démocratique, on emprisonne et on assigne à résidence ses opposants politiques. Et surtout qu’on fasse la guerre à des régions qui manifestement lui étaient hostiles dans les urnes, en emprisonnant d’ailleurs le chef de son opposition, le général Mokoko. La France, je pense, qu’elle avait les moyens de pression dans ces affaires-là.

    Louis Aliot, Marine Le Pen accuse Emmanuel Macron d’être le candidat de la « submersion migratoire ». Est-ce que ce n’est pas un propos caricatural ?

    Nous sommes dans une campagne électorale et Monsieur Macron a dit qu’il était favorable à l’ouverture totale des frontières et en contestant la volonté que nous avons de mettre fin à l’immigration.

    Mais si je lis bien votre programme, si Marine Le Pen est élue, finit la bi-nationalité pour les Africains…

    Pour l’avenir.

    Pour l’avenir… Finit la régularisation des sans-papiers… Est-ce que votre programme n’est pas répulsif pour beaucoup d’Africains ?

    Je crois que beaucoup d’Africains - en tout cas que je connais - il ne faut pas croire qu’ils sont tous chez nous heureux du sort qui leur est réservé. Certains sont assimilés, ils vivent paisiblement, leur famille est totalement intégrée… Ça ne pose pas de problème. En revanche, il y a beaucoup de ces gens-là qui sont mis dans des ghettos urbains, livrés à eux-mêmes, dont les enfants malheureusement ont sombré dans la drogue, la délinquance et les trafics divers et ceux-là aimeraient bien pouvoir retourner dans leur pays d’origine pour y vivre.

    A propos des sans-papiers, plusieurs pays africains, dont le Mali, refusent de signer avec l’Union européenne un accord de réadmission des migrants en situation irrégulière. Qu’est-ce qui se passera si vous arrivez au pouvoir ?

    Qu’est-ce qui se serait passé si la France n’était pas intervenue au Mali ? Mais le Mali n’aurait même pas l’occasion de faire ce genre de communiqué puisqu’il n’existerait plus. A un moment donné, il faut quand même tenir compte des réalités. Si la France n’était pas allée au Mali mettre l’armée – avec d’autres alliés d’ailleurs – pour combattre le jihadisme, le Mali se serait effondré ! Donc je pense qu’il y a aussi une politique du donnant-donnant à avoir. Personne n’est menacé et ne sera menacé, mais ceux qui sont clandestins et en dehors de la loi devront repartir dans leur pays d’origine, précisément à un moment où la France y a investi dans la sécurité et au moment où les gouvernements maliens aujourd’hui sont appelés à faire des efforts précisément dans la fixation des populations dans leur Mali d’origine.

    De la France, vous proposez un « visage rétréci et haineux », dit Emmanuel Macron

    Oui, mais ça… Ça fait trente ans que j’entends ces messages-là ! Le visage haineux c’est celui qui consiste précisément à maintenir ce système de la Françafrique en place. Pour moi ça, c’est la plus grande critique que l’on peut faire à l’égard de Monsieur Macron dont je vous rappelle qu’il est un ami de monsieur Attali et de monsieur Bolloré, etc. C’est-à-dire les gens qui précisément, eux, sont confortablement installés dans des affaires juteuses en Afrique !

    Il y a deux mois Emmanuel Macron a lancé depuis Alger : « La colonisation française a été un crime contre l’humanité », et puis après il s’est repris : « Un crime contre l’humain » et beaucoup d’Africains ont applaudi !

    Oui, mais ce qu’il a fait, Macron, est d’autant plus critiquable qu’il l’a fait en Algérie. Et que précisément avec l’Algérie, nous avons un lourd contentieux qui ne ressemble pas au contentieux que nous avons avec les autres pays. Car le contentieux avec l’Algérie a été une guerre sanglante, menée par le FLN. Et qui a des séquelles avec la France ! Nous y avons aujourd’hui des générations entières d’appelés et d’anciens combattants français ! Et il les accuse d’avoir commis des crimes contre l’humanité ? Nous avons des harkis ou des pieds noirs abandonnés par le gouvernement de l’époque ! Et il les  accuse de crime contre l’humanité ?

    Donc il a choisi réellement les arguments d’un gouvernement étranger hostile à la France sur cette période-là et ça c’est une faute impardonnable. J’ajoute que c’est d’autant plus impardonnable que certains terroristes d’origine algérienne qui sont passés à l’acte ou qui sur les réseaux Internet souhaiteraient passer à l’acte, se revendiquent souvent - en plus de l’islam radical - du présupposé colonialisme de la France comme une haine politique et comme une revanche qu’ils devraient exercer sur notre territoire. Et ça c’est inqualifiable car Monsieur Macron dans cette affaire donne du grain à moudre à nos pires adversaires.

    Emmanuel Macron affirme que Marine Le Pen et vous-même défendez les couleurs d’un parti qui a conduit des attentats contre le général de Gaulle. Est-ce qu’en effet, le Front national ne rassemble pas les héritiers de l’OAS et des nostalgiques de l’Algérie française ?

    Il rassemble précisément tous les Français. Ceux qui ont été gaullistes et ceux qui ont été anti-gaullistes. Et dans ceux-là il y a même des gens au passé binaire. Prenez quelqu’un comme Georges Bidault qui est à l’origine de la création du Front national… Il a été le compagnon de route du général de Gaulle pour la résistance, puisqu’il a été le successeur de Jean Moulin, et il a basculé dans l’Algérie française au moment de la trahison du général de Gaulle. Donc c’est beaucoup plus ambigu que cela et nous acceptons tout le monde.

    Donc voilà. Le passé c’est le passé et il y a chez nous un rassemblement de gens qui n’ont pas partagé par le passé les mêmes combats, mais qui aujourd’hui se retrouvent pour défendre les intérêts de la France.

    à noter : La candidate du Front national a répondu favorablement à une invitation du Collectif des Africains qui oeuvre « pour une charte d'engagement pour un nouveau partenariat entre la France et l'Afrique ». Elle s'exprimera ce mardi soir (à partir de 21h30). Les deux candidats qui restent en lice pour le second tour de la présidentielle ont été invités.


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