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    En France, le ministre de la Transition écologique François de Rugy, au centre d'une polémique sur des dépenses excessives, a annoncé avoir présenté sa démission ce 16 juillet au Premier ministre, s'estimant victime d'un «lynchage médiatique» et précisant avoir déposé une plainte en diffamation contre le site web Mediapart.

    Hongrie: rapport accablant sur les conditions d’accueil des handicapés

    Une jeune femme dont le lit est entouré par des barreaux. MDAC

    En Hongrie, des handicapés mentaux seraient soumis à de graves maltraitances et à des traitements qui peuvent être qualifiés de tortures. C’est en effet ce que révèle l’association pour la défense des handicapés mentaux. Cette ONG internationale basée à Budapest publie un rapport à la suite d’une visite dans une institution publique hongroise où vivent des handicapés physiques et mentaux. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce rapport est effrayant.
     

    Après plusieurs tentatives infructueuses, les experts du Mental disability advocacy center (MDAC) ont réussi à entrer dans l’établissement Tophaz, situé à Göd, à 30 km de Budapest. Cet institut abrite 220 malades handicapés physiques et mentaux. 

    Ce que les experts y ont vu est choquant : des personnes attachées en permanence à leur lit, un adolescent dans une camisole, un enfant de 3 ans prostré dans une cage mais qui sourit dès qu’on l’ouvre, des patients décharnés n’ayant que la peau sur les os et en état avancé de dénutrition, d’autres avec des blessures au bras, au visage et parfois même des plaies ouvertes, non soignées.

    Néanmoins, malgré ces observations, difficile de savoir si ces blessures sont dues à des violences extérieures ou s’ils ne se les infligent pas eux-mêmes, même si certains se plaignent de violence de la part du personnel et d’autres malades. Dans tous les cas, elles ne sont pas soignées et la majorité des patients est insuffisamment nourrie et surmédicamentée. L’ONG déplore également que les soins de bases ne soient même pas assurés par l’État hongrois.

    C’est d’ailleurs pour cela que l’association a porté plainte auprès de la police hongroise pour maltraitance et traitements dégradants pouvant être qualifiés de torture, selon la convention de l’ONU sur la torture. Steven Allen, directeur exécutif de MDAC, a également appelé la Commission européenne à ouvrir une enquête. « Tophaz a reçu des fonds européens; il est inacceptable que la Hongrie consacre cet argent à la violation des droits des personnes souffrant de troubles mentaux. »

    La réaction du gouvernement

    Durant un certain temps, les autorités ont cherché à masquer la réalité. En novembre dernier, une députée de l’opposition est parvenue à entrer dans l’établissement. À sa sortie, elle témoignait du bon traitement des patients, que des kinésithérapeutes les massaient, qu’une fête était organisée en leur honneur ou encore qu’elle avait croisé un patient jouant de la guitare. Une véritable mise en scène !

    Il aura donc fallu attendre que l’ONG réussisse à visiter l’institut grâce à la complicité d’une partie du personnel et que son rapport soit publié dans la presse pour que les pouvoirs publics réagissent.

    Jeudi, au lendemain de la parution du rapport, le gouvernement hongrois a d’ailleurs déclaré que la situation à Tophaz était inacceptable. Le directeur de l’établissement a été démis de ses fonctions dans la foulée. Le ministère concerné va, dans le même temps, ouvrir une enquête et promet de publier le plus rapidement possible les résultats.

    En 2007, la Hongrie était l'un des premiers pays à ratifier la Convention sur les droits des personnes handicapées. Budapest s’est engagé ainsi à supprimer les grandes structures hospitalières et à transférer les malades dans des petites unités de vie, encadrés par du personnel compétent.

    Cela va prendre du temps parce que dans tout le pays, 25 000 malades vivent dans des institutions comme Tophaz. Depuis 2010, environ 650 ont pu emménager dans des logements adéquats. Le gouvernement s’engage à accélérer les choses et à transférer 2 500 personnes d’ici la fin de l’année dans des petites structures.


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