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    Bienvenue dans le nouveau monde de Mathilde Ramadier

    Mathilde Ramadier. © Florian Sarges

    Rencontre avec l’auteure de Bienvenue dans le nouveau monde, un livre qui critique vertement l’univers des start-ups et les chimères qu’il véhicule aux yeux de cette jeune Française expatriée, depuis 2011, à Berlin.

    Je suis tombé récemment sur cet ouvrage dont je crois que j’attendais depuis quelques mois, peut-être quelques années, l’arrivée. Son titre Bienvenue dans le nouveau monde, sous-titre Comment j’ai survécu à la coolitude des start-ups (éd. Premier Parallèle). Il est signé d’une jeune femme, Mathilde Ramadier, qui a décidé de revenir sur quatre années d’expériences dans de jeunes entreprises de nouvelles technologies berlinoises, des jeunes pousses, dit-on en français, des start-ups pour reprendre le terme le plus commun.

    J’attendais ce type d’ouvrage car, comme son auteure, j’ai cru pendant un certain temps aux rêves de disruption, de révolution, de réorganisation sociale, sociétale, économique et entrepreneuriale portés par le mouvement des start-ups.

    J’ai cru à cette panacée, ce remède universel, venu d’un autre monde, d’une Vallée du Silicium où il fait bon entreprendre. Depuis quelques temps, je me méfie de la philosophie qui sous-tend ce mouvement. Je me méfie de sa novlangue, son abus d’anglicismes, qui va jusqu’à vanter la «French Tech», comme si l’emploi de deux termes anglais était un signe de modernité au lieu de révéler du suivisme, un manque criant d’imagination et, j’assume mes propos, un complexe d’infériorité.

    J’ai donc lu ce livre, et j’ai choisi aujourd’hui de donner la parole à Mathilde Ramadier. Son récit, mêlant le témoignage et l’analyse, est entièrement à charge. Cela laisse peu de place à la nuance. Disons, pour introduire, que j’ai un respect infini pour toutes celles et ceux qui ont décidé d’entreprendre, quel que soit le nom qu’elles et ils donnent à leur entreprise. Cette émission n’est pas anti start-up, elle est une réflexion sur nos fantasmes modernes. Je vous promets d’apporter un peu de contradiction au discours très tranché de Mathilde Ramadier, mais il faudra pour cela être patient et écouter l’entièreté de l’émission.
     
    En préparant mon entretien avec Mathilde Ramadier, j’ai également été frappé par l’intérêt énorme qu’a suscité ce livre dans la presse (quelques liens au hasard : 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 ….). Mathilde Ramadier a littéralement fait le tour des médias pour parler de ce livre. Je dois avouer que c’est assez rare pour un ouvrage traitant de l’univers des nouvelles technologies. J’ai d’ailleurs fini par être un peu gêné par cet engouement général. Bienvenue dans le nouveau monde est un pamphlet percutant et pertinent, mais ce n’est n’est ni une enquête, ni un travail académique. Les entreprises dont parle son auteure existent certainement, elles ne sont sûrement pas les seules à abuser de leur salariés en se parant de «coolitude», mais toutes les start-ups ne fonctionnent pas de la sorte que ce soit en Allemagne, aux Etats-Unis ou en France. Pour apporter un peu de contradictoire, j’ai demandé à Stéphane Distinguin, figure de la startupsphère française, fondateur et PDG de FABERNOVEL de lire le livre de Mathilde et de réagir à ce micro. Il a accepté, et nous l’en remercions.
     
     

     

     

     

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