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    La France de Macron toujours sous la pression de Bruxelles

    Emmanuel Macron devant ses partisans, au soir du 7 mai 2017. REUTERS/Thomas Samson/Pool

    Toute l'Europe se réjouit de l'élection d'Emmanuel Macron. Le nouveau président français incarne un renouveau du projet européen. Mais cet élan politique se heurte à la réalité des finances françaises, toujours sous haute surveillance en raison du déficit excessif.

     

    Ce 9 mai, journée de l’Europe, aurait pu être un moment de bonheur complet pour ce nouveau président si europhile, mais la réalité de la zone monétaire s’est imposé à lui et a déjà cassé l’ambiance. Avec les multiples mises en garde qui lui sont adressées. La toute puissante Angela Merkel le sermonne : le soutien allemand ne remplacera pas une politique française. Entendez « une politique de réforme ».

    Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, lui aussi a envoyé un avertissement au jeune président : il y a en France trop de dépenses publiques au mauvais endroit. Enfin ce matin, Pierre Moscovici, le commissaire français aux Affaires économiques, enfonce le clou en appelant Emmanuel Macron à sortir la France de la procédure de déficit excessif.

    Car les comptes français sont toujours sous haute surveillance ?

    Tant que le déficit dépassera la barre des 3 %, Paris restera sous la pression de Bruxelles. D’après les dernières prévisions de la Commission, la France devrait échapper à cette supervision humiliante dès cette année avec un déficit estimé à 2,9 %. On saura jeudi si cette estimation est confirmée avec la publication des prévisions de croissance de Bruxelles.

    La semaine prochaine, la Commission donnera ses recommandations pays par pays. Si la France parvient enfin à sortir de ce purgatoire, elle n’aura toutefois pas fini de purger sa peine. Car avec une dette qui représente 96 % du PIB, la France est loin de la barre maximale des 60 % définie par le pacte de stabilité. De nouvelles mesures d’économies seront sans doute exigées. Emmanuel Macron a donné des gages de bonne volonté en annonçant un programme de 60 milliards d’euros d’économie sur son quinquennat. On ne sait pas encore si cela suffira.

    La rigueur exigée s’est beaucoup relâchée depuis que Jean-Claude Juncker a pris la tête de la commission

    Paris, comme Madrid et Lisbonne bénéficient de sa bienveillance et dépassent régulièrement la ligne jaune. Quant à l’Allemagne, elle campe toujours sur ses positions orthodoxes. Pas question pour le moment de se lancer dans les eurobonds, les obligations européennes souhaitées par Emmanuel Macron, ont rappelé hier les Allemands. Mais après l’élection prévue cet automne en Allemagne, Berlin pourrait rapidement évoluer.

    En cas de victoire des sociaux-démocrates, Berlin mettra de l’eau dans son vin, comme en témoignent les déclarations du vice-chancelier Sigmar Gabriel, qui dit vouloir en finir avec l’orthodoxie budgétaire. Et si la chancelière sauve son poste, tout n’est pas perdu pour autant. Elle aussi pourrait se montrer plus compréhensive avec le dogme de la maîtrise des dépenses publiques. À une condition : qu’Emmanuel Macron accomplisse en échange les vraies réformes structurelles. Et sa capacité à réformer dépendra du résultat des législatives, mais aussi de l’humeur de la rue.

     


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