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    De la disqualification en politique

    Jean-Baptiste Placca. RFI

    Le temps des opposants professionnels s’achève peu à peu. Ils mobilisent de moins en moins, sinon parmi ceux qui n’ont plus rien à perdre.

    En campagne pour succéder, en octobre prochain, à Ellen Johnson-Sirleaf à la présidence de la République du Liberia, George Weah était sur RFI, cette semaine. Après une tentative infructueuse en 2005, l’ancien attaquant de l’AS Monaco puis du PSG, « Ballon d’or 1995 », s’est formé à la politique. Il a même été élu sénateur en 2014. Peut-on, pour autant, dire qu’il arrive, cette fois-ci, avec de réelles chances ?

    Il faut, en tout cas, s’attendre à ce que le pouvoir politique, en Afrique, tombe de moins en moins, entre les mains de personnes qui ont passé toute leur vie à l’attendre. Et George Weah sera probablement l'une des prochaines illustrations de cette nouvelle donne. L’ère des « vieux opposants », qui finissaient fatalement présidents, tels Abdoulaye Wade, Alpha Condé ou même Laurent Gbagbo, cette ère-là s’achève. Tout comme est fini le cycle des dauphins désignés à des pouvoirs interminables.

    Les populations savent, désormais, jauger les opposants, les soupeser, pour apprécier ce qu’elles ne peuvent pas en attendre. Les plus zélés des militants de l’opposition sont épuisés, à force de voir leurs leaders, tour à tour virulents, puis allant à la soupe, et sortant ensuite avec fracas du gouvernement, juste à temps pour se positionner pour la prochaine présidentielle… Les populations sont déroutées par l’opportunisme de ceux-là, comme elles peuvent être désarçonnées par l’inconséquence de certains autres, à l’intransigeance sélective, qui jettent les enfants des autres dans la rue, y compris pour se faire massacrer, tandis que leur propre progéniture, généralement, est au chaud, à la maison, ou à l’abri, à l’étranger, exactement comme les enfants de ceux qui sont au pouvoir. Certes, ce n’est pas une règle sans exception, mais il y en a suffisamment pour qui veut comprendre pourquoi les opposants classiques mobilisent de moins en moins.

    On n’entend, par exemple, pratiquement jamais, que l’épouse ou le fils de tel ou tel leader de l’opposition a été tué dans une manifestation de l’opposition ?

    Et s’ils n’y allaient tout simplement jamais ? Par contre, leurs familles sont toujours du festin, lorsque les leaders de l’opposition choisissent d’aller à la soupe, au mépris des morts, des blessés ou des mutilés, qui constituent leur « bétail à battre le pavé et à avaler les gaz lacrymogènes ». Que de militants abasourdis, à voir leurs leaders siéger avec gloutonnerie au bord de la mangeoire, et ignorant superbement ceux qui, pour eux, – pour çà ! –, ont perdu un œil, une jambe, ou la vie, tout simplement ! Voilà qui explique pourquoi les « grands opposants », à quelques exceptions près, mobilisent de moins en moins. C’est terrible à dire, mais ceux qui continuent de suivre leurs mots d’ordre se recrutent souvent, pour la plupart, parmi ceux qui n’ont vraiment plus rien à perdre.

    Est-ce pour cela que des personnes débarquant fraîchement en politique parviennent, dans certains pays, à conquérir si facilement le pouvoir ?

    C’est pour cela. Et la tâche de ces novices est encore plus simple, lorsqu’ils ont le profil rassurant d’un George Weah, qui a réellement fait le bonheur de son peuple, dans une vie professionnelle antérieure, et continue de faire du bien autour de lui.
    Le temps des opposants professionnels s’achève à petit feu. Quand les opposants ne savent même plus lire les aspirations de leur peuple, on est au niveau zéro de la disqualification politique.

    Pourquoi donc George Weah a-t-il jugé nécessaire d’aller faire des études ?

    D’abord, de n’avoir pas fait de grandes études n’a rien d’humiliant, lorsque l’on a su faire de sa vie quelque chose d’utile à sa communauté, à son peuple. Et c’est son cas.
    Il fallait, à « Mister George », du courage, de l’humilité et une sacrée détermination, pour admettre ses limites et retourner à l’école, s’éduquer, alors que, par le football, il était déjà fortuné, célèbre... Il voulait tout juste être qualifié pour diriger ce pays qui, rappelons-le, n’a jamais été colonisé.

    Et George Weah n’a pas honte d’admettre qu’il n’a pas fait des études, et qu’il a grandi dans le ghetto. Pour l’amour de son peuple, il est retourné à l’école, il a travaillé et est fin prêt. Et il a d’autant plus de chances que Madame Johnson-Sirleaf ne risque pas d’inventer un quelconque prétexte pour perdurer au pouvoir une seule journée, après la fin de son second mandat.


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