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    L’industrie musicale ouest-africaine est en plein boom

    «Son of Mercy», l'album de Davido qui fait partie de ces stars courtisées par les grandes compagnies de production musicales en Afrique de l'Ouest. DR

    A la vitalité artistique répond une vitalité économique. Les grandes « majors » de l’industrie musicale ne s’y sont pas trompées et se ruent à Abidjan ou Lagos.

     

    Ils s’appellent Davido, Serge Beynaud, DBanj ou encore Kiff no beat. Ces stars nigérianes ou ivoiriennes sont actuellement courtisées par les « majors ». Ces grandes compagnies de production musicale qui s’implantent en Afrique de l’Ouest. Depuis 2014 Abidjan est devenu l’épicentre de la musique francophone. Universal Music, du groupe Bolloré s’y est installée et Sony Music l’a rejoint en 2016. Asalfo, le leader de l’emblématique groupe Magic System salue ces implantations.
     
     « Ça va redonner un espoir aux artistes, ici, qui n’avaient plus de producteurs et qui avaient leurs maquettes dans leurs tiroirs. Aujourd’hui ces maquettes pourront ressortir. »
     
    Le producteur José Da Silva, devenu le directeur de Sony Music pour l’Afrique de l’Ouest, est convaincu que l’avenir se joue dans la région. « Moi dans mon idée, amener une « major » en Afrique de l’Ouest devrait aider à la professionnalisation des artistes, à donner aux artistes les mêmes outils que les artistes européens ou américains, pour pouvoir un jour je pense sortir une star de l’Afrique de l’Ouest. »
     
     Au-delà de la production, les majors travaillent aussi à rentabiliser les œuvres. A l’instar de ce qui se fait déjà au Nigéria, les opérateurs téléphoniques, les telco, réfléchissent avec les producteurs à de nouvelles plateformes de distribution musicale. 

    « Je pense que tout le monde, surtout les Telco, s’est rendu compte de ce que ce type de plate-forme peut rapporter au continent. Il y a plusieurs projets en gestation et j’espère que d’ici maximum un an, tout cela se mettra en place. »
     
    Au Nigeria l’opérateur téléphonique MTN est devenu le principal distributeur de musique et la source première de revenus pour les artistes. Des artistes pour lesquels se bat Asalfo. Il souhaite améliorer la collecte des droits d’auteurs.
    « On ne peut pas venir pour la même cause ici en Afrique et donner une autre direction. Parce que quand ils viennent ici, les gens changent la donne. L’Europe a ses droits à part, l’Afrique à ses droits à part, alors que les droits d’auteurs sont universels et recouvrables partout dans le monde. »
     
    La professionnalisation de l’industrie musicale en Afrique de l’Ouest ne progressera que si elle profite à tous ses acteurs, avertit le producteur José Da Silva.

     

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