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    G. Chikoti: au Kasaï en RDC, «la solution, c’est une entente globale entre tribus»

    Georges Rebelo Pinto Chikoti, ministre angolais des Relations extérieures. angop.ao

    En République démocratique du Congo, dans la province du Kasaï, les affrontements sont d'une telle violence que des dizaines de milliers de civils ont passé la frontière pour se réfugier en Angola. Combien sont-ils exactement ? Que disent-ils ? Georges Chikoti est le ministre angolais des Relations extérieures. Il vient de se rendre à la frontière de son pays, dans la province du Lunda-Nord. En ligne d'Angola, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier et s'exprime au passage sur l'état de santé et la succession annoncée du président angolais José Eduardo dos Santos.

    RFI : Georges Chikoti, avez-vous une idée du nombre de Congolais en provenance de la province du Kasaï qui se sont réfugiés en Angola depuis plusieurs mois ?

    Georges Chikoti : Je suis allé là-bas la semaine dernière. Donc, on était déjà aux environs d’une trentaine de milliers de réfugiés, qui viennent particulièrement de la province du Kasaï et du Kasaï central. Ils nous disent qu’il y a beaucoup d’agressions. Et si on regarde effectivement les blessures, c’est quand même assez grave parce qu’il y a des amputations à la machette. Il y a des gens qui ont des blessures par balle, des machettes dans la tête... C’est vraiment assez grave. Il y a des femmes violées, naturellement. C’est quelque chose qu’on n’a jamais vu de ce côté-là, donc ça nous inquiète beaucoup et le nombre augmente.

    Parmi ces réfugiés, y a-t-il des combattants armés du mouvement Kamuina Nsapu ?

    Oui, il y a eu plusieurs sortes de gens. Il y a surtout des civils, des enfants… Il y a même des enfants non accompagnés. Mais il y a eu aussi des gens qui apparemment sont des militaires en fuite et probablement qui ont appartenu à des groupes de milices.

    Des milices ?

    On suppose, oui.

    Qu’est-ce qui se passe dans ces cas-là ? Vous les désarmez ?

    Oui. Personne ne peut rentrer armé. Les gens qui sont suspectés d’avoir appartenu à un conflit.

    Et vous dites qu’il y a aussi des soldats de l’armée congolaise qui ont fui en Angola ?

    Il y a eu, au début du conflit, effectivement, des gens qui étaient des militaires.

    Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui ?

    On a beaucoup plus de civils maintenant, vraiment.

    Quelle est, à votre avis, la solution pour régler le problème ?

    En principe, on nous a dit que la question de Kamuina Nsapu, la question de succession dans le royaume du Kasaï, c’est quelque chose qui dure depuis août, mais qui a été finalement réglé. Mais le problème, c’est ce massacre qui est en train de se dérouler maintenant. Donc pour qu’il y ait une solution, je crois qu’il faut qu’il y ait une pacification de cette région, une entente globale, pour que ce ne soit pas une guerre tribale entre plusieurs tribus, parce qu’il y a plusieurs sous-groupes ethniques. Et je pense que c’est une région aussi qui est politiquement très active lorsqu’on regarde l’UDPS qui est peut-être l’un des partis les plus importants dans cette région, qui est un parti important à Kinshasa. Donc je crois qu’il faut régler la question éventuellement à plusieurs niveaux.

    Parmi les victimes au Kasaï, il y a deux experts de l’ONU, un expert américain et une experte suédoise. Etes-vous favorable à la mise en place d’une commission d’enquête internationale ?

    Oui, probablement. Je crois qu’il faudrait que le gouvernement puisse dire exactement ce qui se passe. Si le gouvernement n’arrive pas à le dire, je crois que oui, il est important que l’on puisse savoir, parce que les réfugiés nous disent des choses qui ont besoin d’être vérifiées à l’intérieur de la RDC.

    Donc, vous n’êtes pas contre l’idée d’une commission d’enquête internationale...

    Non, je ne suis pas contre, parce que j’estime que c’est le gouvernement de la RDC qui devrait pouvoir nous dire exactement ce qui se passe là-bas depuis août. Parce qu’on nous dit d’un côté que la question de la succession dans le royaume du Kasaï est déjà terminée, d’un autre côté on voit des gens qui arrivent, qui sont vraiment maltraités. Donc, je crois qu’il y a plusieurs choses qu’il faut vérifier.

    Et qui méritent une enquête sérieuse ?

    Certainement.

    Est-ce que les questions politiques à Kinshasa, et notamment la question de cette présidentielle qui aurait dû se tenir l’année dernière ; tout cela ne complique-t-il pas encore la situation dans les provinces du Kasaï ?

    J’ai l’impression que si cette question dure, certainement qu’il n’y aura pas les conditions pour réaliser la présidentielle.

    Oui, vous craignez que la présidentielle n’ait pas lieu cette année 2017 ?

    Je pense qu’il faut qu’on se réfère à la Commission nationale électorale, mais je doute très fort de pouvoir faire les choses à temps. Mais comme il était fixé de le faire soit cette année ou l’année prochaine, peut-être qu’ils le feront l’année prochaine.

    En Angola, si le MPLA gagne les élections législatives du 23 août prochain, qui sera le candidat du MPLA pour devenir le président de la République angolaise ?

    Le MPLA a déjà choisi M. João Lourenço, qui est le vice-président du parti en ce moment et ministre de la Défense. En principe, il est déjà en pré-campagne. S’il gagne les élections, en principe il sera le nouveau président de la République.

    Est-ce qu’à ce moment-là, le président actuel, José Eduardo dos Santos, conservera la présidence du parti MPLA ? Et est-ce qu’il y aura une sorte de partage du pouvoir entre Joao Lourenço et José Eduardo dos Santos ?

    Non, je ne pense pas, parce qu’une chose, c’est le parti et l’autre, c’est la République. Donc le président de la République, le président dos Santos, en principe, sera président du parti. S’il y a un congrès et que cela pose problème, éventuellement ça pourra se poser aux cours du congrès, mais je ne vois pas l’incompatibilité. En principe, il n’y a pas de problème.

    Le président dos Santos est absent du pays depuis plusieurs semaines et beaucoup s’inquiètent sur son état de santé. Qu’en est-il ?

    Non, non, ça va. Mais vous savez que dans la vie, il nous arrive à tous à un moment de ne pas se sentir assez bien. Mais il va bien. Donc, il est en Espagne, mais quand il ira mieux il va revenir.

    Selon la presse angolaise, il aurait subi un AVC, un accident vasculaire cérébral. Est-ce que vous confirmez ?

    Non, je ne confirme pas. Mais le président dos Santos fait régulièrement ses consultations et ses soins en Espagne, et donc c’est tout à fait normal qu’il soit là-bas.


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