GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Dimanche 21 Avril
Lundi 22 Avril
Mardi 23 Avril
Mercredi 24 Avril
Aujourd'hui
Vendredi 26 Avril
Samedi 27 Avril
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos

    Cédéao: Mohammed VI laisse la scène de Monrovia à Netanyahu

    Le roi du Maroc Mohammed VI. Reuters/Youssef Boudlal

    La capitale du Liberia, Monrovia, accueil un sommet des chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), où étaient annoncés le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, et le roi Mohammed VI du Maroc. Ce dernier a préféré annuler son voyage.

    Xavier Besson : Que penser des analyses qui interprètent cette annulation comme un revers diplomatique ?

    L’annulation visait, justement, à éviter pire que le simple revers diplomatique. Les communiqués et confidences provenant de chacune des deux parties tendraient à faire croire que le revers, c’est pour ceux d’en face. Toujours est-il que, deux invités vedettes, c’était, manifestement, un de trop, pour un sommet somme toute ordinaire. Les conseillers du souverain chérifien ont, sans doute, estimé qu’il y avait risque de banalisation pour Sa Majesté, à devoir partager les projecteurs avec Benjamin Netanyahu. Mais l’explication officieuse, relayée par les médias marocains, sous-entend que la présence du Premier ministre de l’Etat hébreu gênait tellement les pays de la Cédéao que certains ont préféré rabaisser le niveau de leur présence à ce sommet. Les chefs d’Etat préférant y envoyer un Premier ministre, ou même des ministres, pour marquer, soi-disant, leur désaccord par rapport à l’invitation adressée à Benyamin Netanyahu. Il se trouve que les sources que cite la presse marocaine à ce sujet sont bien vagues, sinon anonymes, sans que l’on sache quels Etats ont pris une telle décision.

    Le roi se rendait à ce sommet pour parachever la cour qu’il faisait depuis plusieurs mois à la Cedeao, afin d’en devenir membre. Et le chef du gouvernement israélien y va pour conclure, avec cette communauté réellement en phase avec les intérêts des populations d’Afrique de l’Ouest, des accords touchant des domaines essentiels pour ces Etats, individuellement, comme collectivement : désertification, changement climatique, hydraulique, agriculture, sécurité alimentaire, terrorisme, lutte contre la pauvreté, éducation, santé, énergie, communications, sciences, culture…

    Mais le Maroc aussi investit en Afrique de l’Ouest…

    Il investit, et investit même beaucoup. D’ailleurs, les officiels marocains ne se privent pas de rappeler que leur pays est devenu le premier investisseur dans ce que certains d’entre eux désignent par le terme : « cette région ». Ils insistent aussi, à l’occasion, sur les liens religieux qu’ils ont avec certains pays musulmans et, carte à l’appui, ils soutiennent que le royaume, d’un point de vue purement géographique, se situe effectivement à l’Ouest du continent. D’autres diraient qu’il est plutôt au Nord-Ouest, et cela se remarque d’autant plus que la Mauritanie, elle, s’est retirée de la Cedeao, et cela complique terriblement une telle démonstration.

    Bref, le Maroc, qui rêvait naguère d’adhérer à l’Union européenne, veut, à présent, être membre de la petite Cédéao, et c’est un bien bel hommage. C’est la preuve que cette communauté est, au minimum, désirable.

    En quoi est-elle si désirable, cette communauté ?
     

    Elle ressemble de plus en plus à la communauté dont ont rêvé les pères fondateurs, prônant la libre circulation des personnes et des biens. C’est, aujourd’hui, une réalité de plus en plus palpable.

    La Cédéao est même, avec la Communauté d’Afrique de l’Est, une des deux organisations régionales qui marchent réellement sur ce continent. Certes, on est encore loin de la monnaie unique, faute d’une réelle convergence économique, avec une coordination budgétaire, une maîtrise de l’inflation et de l’endettement des Etats. Mais le sentiment de citoyenneté ouest-africaine grandit au sein des populations. Et les mouvements de populations se font davantage d’un pays ouest-africain vers un autre pays ouest-africain, que vers d’autres cieux. La Côte d’Ivoire, le Ghana et le Nigeria attireraient même beaucoup. Petit détail qui devrait décevoir ceux qui, en Europe, font commerce de l’épouvantail de l’immigration subsaharienne envahissante : sur cent Africains de l'Ouest candidats à l’immigration dans le monde, seuls quinze se dirigeraient vers l’Europe. L’Afrique de l’Ouest connaît une vitalité qui explique pourquoi le Maroc y investit beaucoup et voudrait en être membre. Qui explique, aussi, que l’Etat hébreu veuille en faire un partenaire de premier ordre. Il faut juste que toute cette attirance ne se fasse pas trop possessive, pour ne pas dire monopolistique. Car l’Afrique, durant le dernier demi-siècle, a beaucoup souffert du joug de partenaires trop exclusifs, jaloux. Et les vieux sages vous diront que la jalousie est tout, sauf une preuve d’amour.


    Sur le même sujet

    • Cédéao / Maroc / Liberia / Israël

      Sommet de la Cédéao à Monrovia: le roi du Maroc annule son déplacement

      En savoir plus

    • Maroc

      Maroc: silence du gouvernement malgré la contestation grandissante dans le Rif

      En savoir plus

    • Livre international

      «Un chant d’amour, Israël-Palestine, une histoire française» par Alain Gresh

      En savoir plus

    • Notre-Dame de Paris veille sur le lac Kivu

      Notre-Dame de Paris veille sur le lac Kivu

      On est toujours malheureux, à vouloir comparer sa détresse à celle des autres. Et rappeler à la générosité mondiale qu’elle ne peut vous ignorer, sous prétexte que vous …

    • Fin du «système» en Algérie comme au Soudan…

      Fin du «système» en Algérie comme au Soudan…

      Difficile d'expliquer au général Gaïd Salah et au président Bensalah qu’il n’y a plus rien à sauver, et qu’ils peuvent remballer !

    • Profession : frère de chef d'Etat

      Profession : frère de chef d'Etat

      La question de l'implication de leur famille dans la gestion du pouvoir politique est tellement sensible que les meilleurs de leurs amis ne peuvent oser l'aborder avec …

    • Crise en Algérie: une situation à l’issue encore incertaine

      Crise en Algérie: une situation à l’issue encore incertaine

      Algérie, en dépit des défections à la chaîne, l’horizon semble brumeux dans ce pays, d’autant que personne ne semble vouloir voler au secours des Algériens. Pas de condamnations …

    • Gagner du temps, mais pour quoi ?...

      Gagner du temps, mais pour quoi ?...

      Abdelaziz Bouteflika entend-il le son de la voix de son peuple ? Le discours des manifestants algériens est d’une limpidité qui ne laisse aucune issue au chef de l’Etat …

    • A chaque Afrique son rythme…

      A chaque Afrique son rythme…

      Et si la première conséquence du voyage du chef de l'Etat français en Ethiopie et au Kenya était une validation de l'idée que les francophones progressent moins vite …

    • Perdre le pouvoir la tête haute…

      Perdre le pouvoir la tête haute…

      Ceux qui, pour continuer à prospérer au bord de la mangeoire, refusent la liberté pour tous, risquent de finir leur vie dans la haine et l’aigreur. Parce que chute, il …

    1. 1
    2. 2
    3. 3
    4. ...
    5. Suivant >
    6. Dernier >
    Les émissions
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.