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    Mouvement Sawaba au Niger: «Le Désir de calme» de Klaas van Walraven

    Djibo Bakary, homme politique du Niger et leader du mouvement Sawaba (archive Keystone-France). Getty

    Notre invité est ce matin l’historien néerlandais Klaas van Walraven, auteur d’un ouvrage de référence sur le mouvement Sawaba, au Niger: «Le Désir de calme», qui vient d’être traduit en français et publié par les Presses Universitaire de Rennes. L’historien, chercheur au Centre d’études africaines de l’université de Leiden aux Pays-Bas raconte l’histoire de ce mouvement indépendantiste qui s’est violemment heurté aux volontés de la France du général De Gaulle.

    RFI : Le mouvement Sawaba est l’une des principales forces politiques du Niger des décennies d’après-guerre. Comment le mouvement est-il né ?

    Klass van Walraven : Le mouvement Sawaba est né dans le contexte de la lutte pour la décolonisation, en 1954 précisément. Ce mouvement s’est organisé au sein d’un parti politique nommé Union démocratique nigérienne qui avait des racines dans le monde syndical et qui poursuivait le combat politique pour plus de liberté sur tous les terrains.

    C’est surtout après que le premier parti politique du pays - le PPN - a décidé de collaborer avec les Français que le Sawaba a vraiment commencé le combat pour la décolonisation et porté le message anticolonial vers les zones rurales, la campagne qui domine ce pays.

    Et à ce moment-là, nous sommes en quelle année ?

    En 1956, la loi-cadre en Afrique française a introduit le suffrage universel et c’est en 1957 que le Sawaba a gagné la première élection générale au Niger et que le parti a formé le tout premier gouvernement autonome du Niger.

    En 1957 donc, le parti est au pouvoir, mais il connaît un tournant quand il s’oppose à la France, en refusant l’autonomie qui est proposée par Paris ?

    Oui. En fait, le gouvernement Sawaba ne voulait pas couper les liens avec la France, mais le parti voulait développer les relations étrangères en toute liberté, comme la Guinée. La différence entre la Guinée et le Niger, c’est que ce dernier  avait un poids stratégique pour les gaullistes – l’uranium, une frontière longue avec l’Algérie – et c’est pour cela que les gaullistes sont intervenus violemment dans le référendum pour la Ve République.

    Et justement, quelle forme a pris l’action de la France contre le mouvement Sawaba ?

    D’abord, ils ont licencié le gouverneur Louis Rollet qui était assez sympathique envers le Sawaba et son leader, Djibo Bakary. Ils ont envoyé un nouveau gouverneur, un homme dur qui, dix jours avant le référendum, a pris quasiment tout le pouvoir du cabinet Sawaba, en violation flagrante de la Constitution. C’était, comme je le décris dans le livre, le vrai premier coup d’Etat moderne de l’Afrique.

    Les Français ont envoyé des militaires de l’Algérie pour faire des manœuvres avec des avions pour intimider la population. Les manifestations du Sawaba ont été interdites et les manifestants harcelés par les membres du PPN. Le référendum est suivi par des soi-disant élections parlementaires lors desquelles le Sawaba a été détruit. Il y avait beaucoup de violence et d’intimidation en décembre 1958. Un an plus tard, bien avant l’Indépendance, le mouvement a été interdit.

    Le mouvement devient interdit, il est donc clandestin. Quelles conséquences cela a-t-il ?

    Des efforts pour la réconciliation ont échoué et le mouvement - qui avait des influences marxisantes - a commencé à entraîner des cadres pour une campagne de guérilla. Il a aussi envoyé des jeunes pour une formation universitaire en Europe de l’est afin de développer des cadres qui pourraient gouverner le Niger à l’avenir. Le problème c’est que le Niger, avec son paysage sahélien, n’était pas propice à une action de guérilla. En 1964, des cellules du mouvement ont été découvertes par le régime et le leader du Sawaba a pris la décision fatale d’envahir le Niger, pendant une période de deux semaines. Cela s’est passé alors que le mouvement ne s’était pas encore complètement transformé en une organisation militaire. Résultat, le commando a été détruit et plusieurs membres incarcérés.

    Et cela a donc échoué ?

    Oui, complètement.

    Et aujourd’hui, est-ce qu’il reste quelque chose du Sawaba ?

    Il y a encore des survivants de cette époque, mais la destruction du mouvement a entraîné différentes formes de persécution des opposants, développées par les Français et par le régime PPN, ce qui fait qu’il était impossible, au Niger, de discuter de cette douloureuse histoire jusqu’au début de la démocratisation, dans les années 1990.

    →(Re)lire: Françafrique : 6 archives inédites sur le Niger


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