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    Sant'Egidio: en Centrafrique, «sans stabilisation l’argent ne sera pas engagé»

    Présentation de l'accord de paix en Centrafrique avec C. A. Doubane (g),ministre centrafricain des Affaires étrangères, A. Riccardi (c) fondateur de Sant'Egidio et M. Garofalo (d), Rome, Italie,19 juin 2017. santegidio.org

    Au lendemain même de l'accord politique signé à Rome, le 19 juin, sous l'égide de Sant'Egidio, entre le gouvernement centrafricain et 13 groupes armés rebelles, de violents combats entre milices ont fait une centaine de morts à Bria, dans le centre du pays. Cet accord est-il mort-né ? Au Sénégal, la rébellion casamançaise est toujours une épine dans le pied de Dakar. Les négociations vont-elles reprendre avec Salif Sadio ? La Libye, c'est le chaos. Comment en sortir ? Fallait-il faire tomber Kadhafi ? La communauté Sant'Egidio intervient comme médiateur - dans la plus grande discrétion - dans de nombreux conflits de basse ou haute intensité. Aujourd'hui, le responsable des relations extérieures de Sant'Egidio, Mauro Garofalo, fait le point sur ces conflits pour RFI.

    Mauro Garofalo, relations extérieures, San't Egidio. santegidio.org

    RFI : Mauro Garofalo, après Bria, l’Accord de Rome est-il toujours d’actualité ?

    Mauro Garofalo : Evidemment, il ne s’agit pas d’une baguette magique. Il s’agit d’un accord politique très avancé. Le chemin est encore long, mais nous allons parcourir le chemin.

    Cet accord n’a pas été signé - entre guillemets - par les grands patrons des groupes armés,  mais par des lieutenants. N’est-ce pas là un problème ?

    Disons que tous les représentants ont été mandatés par les grands patrons, comme vous le dites. Tout ça, on a bien vérifié avec  les treize ou quatorze groupes qui ont été présents. Nous n’avons aucun doute sur le mandat. Je pense qu’ils ne vont pas démentir, mais l’application dans la réalité sur le terrain et sur l’étendue du territoire est énorme. Il faudra encore du temps. Nous tous sommes convaincus que sans la stabilisation, sans le désarmement, tout l’argent promis par le bailleur de fonds ne peut pas s’engager.

    Sant'Egidio souhaite-t-il aujourd’hui lancer un appel en direction des groupes armés centrafricains ?

    Oui, l’appel c’est : « Calmez-vous, désarmez-vous, essayons de respecter le cessez-le-feu, car sans cela tous les dispositifs économiques, sociaux et politiques de l’accord ne peuvent pas être mis en place. Le pays mérite ça ! »

    Mauro Garofalo, la Casamance – le chef rebelle Salif Sadio – affirme que de nouveaux contacts ont été établis avec San’t Egidio. Alors première question : est-ce vrai ?

    C’est toujours vrai, nous sommes en contact avec le MFDC – le Mouvement des Forces démocratiques de la Casamance – et je suis heureux de le dire, c’est depuis quatre ans il y a un cessez-le-feu. Malgré les tensions liées au changement du régime en Gambie, le cessez-le-feu tient encore pour essayer de trouver une solution finale à la crise qui dure.

    Comment Salif Sadio peut-il se déplacer aujourd’hui, aller à Rome ? A Dakar il serait arrêté et la porte de Banjul est - semble-t-il - fermée dorénavant.

    Un voyage de Salif Sadio n’est pas au programme en ce moment. Il y a une négociation politique qui a beaucoup avancé. Disons que je constate la bonne volonté de tout le monde.

    Un nouvel émissaire onusien a été nommé pour la Libye : Ghassan Salamé. Sant'Egidio va-t-il le rencontrer ?

    Sans doute. Comme nous sommes en relation avec plusieurs acteurs du sud de la Libye – le Zintan, et d’autres – Saint ‘Egidio est un peu une plateforme confidentielle pour se rencontrer et discuter du futur du pays.

    Fallait-il faire tomber Kadhafi ?

    Ah ! Ça c’est la question à un million de dollars ! Disons : « Fallait-il préparer le futur de la Libye ? » Chose qui n’a pas été faite. Tomber dans le vide comme ça, c’était évidemment une erreur. Et nous sommes encore en train de payer le prix de cela.

    Tout logiquement, évoquant le Mali qui est en proie aux attaques terroristes et ne maîtrise pas son territoire, faut-il parler avec quelqu’un comme Iyad Ag Ghali et avez-vous des contacts avec lui ?

    En ce moment non. Sant'Egidio était par les années passées autour de la création de la Coordination du mouvement de l’Azawad. Il faut parler avec tout le monde, mais en ce moment c’est à la présidence de la République de faire la chose. Il y a un processus en cours. Il faut appliquer les accords.

    Parler avec tout le monde, donc parler avec Iyad ag Ghali ?

    Je ne dis pas cela. Il y a des limites. Nous sommes convaincus qu’il faut faire la paix avec ceux qui font la guerre. Mais il y a des limites qu’il ne faut pas dépasser.

    Sant'Egidio ne privilégie-t-il pas la paix au détriment de la justice. C’est un vieux débat, mais tellement d’actualité ?

    C’est toujours d’actualité. C’est un problème, je pense, philosophique grave. Je ne dis rien sur cela, je dis simplement que les deux choses doivent marcher ensemble. Aussi, si vous regardez le texte de l’accord politique en Centrafrique, vous ne trouverez jamais ni impunité, ni amnistie, ni d’autres choses comme ça car la justice doit faire son parcours, en même temps que la paix est nécessaire.

    Au Cameroun, le meurtre de Monseigneur Bala est le meurtre de trop pour les évêques camerounais. Pourquoi tue-t-on les prélats ? Monseigneur Bala n’est pas le premier dans ce pays.

    C’est un assassinat qui nous touche beaucoup car Monseigneur Bala était un grand ami de Sant'Egidio. Il a toujours participé aux rencontres des évêques amis de Sant'Egidio. Nous avons beaucoup prié pour lui et pour l’Eglise camerounaise. Là, il faut encore que la justice fasse son parcours, qu’elle identifie les auteurs de cet acte terrible. Et nous attendons le résultat, mais maintenant pour nous c’est simplement le moment de la douleur.


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