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    Moussa Mahamat: «L’UA doit être conséquent entre les principes et la pratique»

    Moussa Faki Mahamat, nouveau président de la Commission de l'Union africaine. Flickr/CC/Chatham House/©Suzanne Plunkett 2017

    Que pense Moussa Faki Mahamat de la politique du président américain Donald Trump ? Est-il pour ou contre les sanctions infligées aux proches du Congolais Joseph Kabila ? Que peut-il faire pour aider l'Arabie saoudite et le Qatar à sortir de leur bras de fer ? Au terme du 29° sommet de l'Union africaine, le nouveau président de la Commission de l'UA répond aux envoyés spéciaux de RFI à Addis-Abeba, Christophe Boisbouvier, Matthew Kay et Victor Uhl.

    RFI : Le 21 juin quand les Nations unies ont salué la mise en place de la Force conjointe du G5 Sahel vous auriez aimé un mandat plus solide. Qu’est-ce que vous voulez dire par là ?

    Moussa Faki Mahamat : D’abord, je voudrais saluer cette initiative des Etats du G5 Sahel. Très souvent, nous avons des opérations de maintien de la paix qui - il faut l’avouer - n’ont pas souvent réussi. Il faut absolument lutter efficacement contre les groupes jihadistes, ce qui n’est pas dans le mandat de la Minusma. Et donc cette initiative des Etats du G5 Sahel de monter cette force est à saluer. Ces Etats ont élaboré un concept d’opérations qui a été transmis comme cela se doit au Conseil de sécurité des Nations unies. Donc nous avions espéré que la résolution soit prise sur le chapitre 7 et conséquemment que cette force puisse avoir l’appui de financement des Nations unies.

    Mais on sait bien que si la résolution de l’ONU est si timide c’est parce que les Etats-Unis ne veulent pas financer une nouvelle opération de maintien de la paix. Ce désengagement américain, est-ce qu’il vous préoccupe ?

    Oui. Vous savez les trois quarts des opérations de maintien dans le monde, ce n’est pas simple. Et donc cette prise de position consistant à diminuer les moyens dont disposent les Nations unies inquiète. Imaginez avec cette diminution ce qui peut arriver. On risque de se retrouver dans une situation où on risquerait peut-être dans l’avenir de dépenser encore plus pour pouvoir traiter certaines situations qui risquent de s’aggraver. Le désengagement du financement des Nations unies maintenant, je ne pense pas que ce soit la décision. En tout cas, elle n’est pas opportune à mon sens.

    Depuis trois semaines, il y a une grave crise dans le Golfe. L’Arabie saoudite et ses voisins accusent le Qatar de soutenir le terrorisme international. Quel est votre point de vue ? Etes-vous d’accord avec le ministre saoudien des Affaires étrangères que vous avez reçu ce mardi à Addis-Abeba ?

    Je n’ai pas reçu le ministre des Affaires étrangères. J’ai ouï dire qu’il est à Addis, mais je ne l’ai pas rencontré. Deuxièmement, la position de l’Union africaine est claire. L’Afrique est elle-même victime, comme je le disais, du terrorisme. Il est bien vrai qu’il y a un problème aujourd’hui parmi les pays du Golfe. Là également, la position de l’Union africaine est claire. Il y a eu une résolution condamnant les financements du terrorisme, mais saluant l’initiative de l’Emir du Koweït qui a engagé ses bons offices entre les Etats du Golfe. Je pense que ce genre de problème doit être résolu par la voie du dialogue.

    Depuis le mois de mai dernier, une vingtaine de personnalités du Congo-Kinshasa sont frappées par des sanctions individuelles de la part des Etats-Unis et de l’Union européenne suite à de très graves atteintes aux droits de l’homme dans ce pays. Et ce mardi, la délégation congolaise a affirmé qu’elle avait reçu un soutien de l’Union africaine face à ces sanctions. Qu’en est-il exactement ?

    Il faut ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures des Etats. Ce sont des principes de base. Parlant des sanctions, je pense qu’à la lumière de ce qui a été fait ces dernières années, personnellement, je doute de l’efficacité des sanctions. Parfois, elles-mêmes aggravent et radicalisent les positions d’un certain nombre d’Etats. Et très souvent, elles impactent beaucoup plus les populations que les personnes en question. La question a été débattue et partant des principes de bases de l’Union africaine, le Conseil exécutif dénonce l’ingérence dans les affaires intérieures.

    Au Burundi, la FIDH - la Fédération internationale des droits de l’homme - dénonce la mise en place d’une dictature. Est-ce que vous êtes d’accord ?

    Il y a à l’évidence un problème au Burundi. Et la Communauté est-africaine est en charge du dossier. L’ancien président de Tanzanie, le président Mkapa, le président Museveni de l’Ouganda, ont été chargés de la médiation et de la facilitation d’un dialogue entre les parties. Ce qui importe le plus c’est qu’il faut que ce dialogue soit inclusif et effectif le plus rapidement possible. Dernièrement, il s’est tenu en Tanzanie un sommet de la Communauté est-africaine, je crois que des dispositions ont été prises. Et nous, au niveau de l’Union africaine, nous insistons auprès – et du gouvernement burundais, et de la médiation, et de l’ensemble des Etats de la région – pour faciliter et engager le plus rapidement possible un dialogue. Il doit être inclusif. Il faut obligatoirement faire toute la pression nécessaire pour que les parties se parlent et dégagent des consensus. Que ce soit un partage du pouvoir, que ce soit des transitions… En tout cas, il faut des solutions originales et qui correspondent au contexte des Etats.

    Pour l’autofinancement de l’Union africaine, vous avez semblé optimiste ce mardi, mais les pays récalcitrants comme l’Afrique du Sud, l’Angola, l’Egypte, sont quand même des poids lourds. Alors est-ce que la mise en place de cette fameuse taxe de 0,2% ça ne va pas prendre cinq, voire dix ans ?

    Le constat est fait par tout le monde que l’on ne peut pas continuer à fonctionner et à financer nos programmes et projets de l’extérieur. Je crois que sur ce constat tout le monde est d’accord. La décision a été prise, déjà un tiers des Etats a commencé à l’appliquer et a commencé à prendre des dispositions – je crois, au niveau interne – pour adapter leur législation nationale à cette nouvelle donne. Il est bien vrai qu’il y a un certain nombre d’Etats qui ont soulevé des préoccupations, soit par rapport à leurs engagements internationaux, soit vers des mécanismes internes. Et c’est la raison pour laquelle il a été mis en place un comité des dix – des dix ministres des Finances – qui doit se réunir d’ailleurs bientôt. Et après cette réunion, nous allons convoquer une réunion de l’ensemble des ministres des Finances pour voir la faisabilité technique. Mais aucun Etat ne s’est opposé à la mesure. Donc je demeure optimiste parce que tout le monde s’accorde sur la nécessité de procéder de cette façon pour pouvoir se donner les chances d’un autofinancement.

    Cette année, cette réforme est portée par le président en exercice Alpha Condé, mais l’an prochain elle sera portée par qui ?

    Le chef d’Etat qui est désigné par ses pairs pour la réforme est le président Kagame. Il a été décidé qu’en plus du président qui est en charge du dossier, le président en exercice et le président qui l’a précédé constituent les trois une sorte de troïka pour superviser la mise en œuvre de cette réforme.

    Donc le président en exercice l’année prochaine ce sera Paul Kagame ?

    Ce sera le président Kagame. Les Etats de l’Afrique de l’Est nous ont envoyé une note verbale après concertation et dans la pratique ils ont demandé à ce que le Rwanda préside l’Union africaine en 2018.

    Le mois prochain, il y aura une élection présidentielle au Rwanda. Beaucoup s’étonnent que l’Union africaine considère que le président Kagame est déjà réélu.

    Non, je rectifie. Les Etats ont envoyé une note verbale pour dire que c’est le Rwanda qui va présider l’Union africaine à partir de janvier 2018.

     

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