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    Alexis Sinduhije, opposant burundais en exil: «Je me sens assez souvent impuissant»

    Alexis Sinduhije à Bujumbura, le 11 avril 2010. AFP PHOTO/ESDRAS NDIKUMANA

    Au Burundi, le parti du Mouvement pour la solidarité et le développement (MSD) a récemment rendu publique une « feuille de route » présentant son analyse et ses propositions pour sortir de la crise politique que connaît le pays depuis plus de deux ans. Il s’agit d’une série de recommandations adressées aux chefs d’Etat de la région. Un moyen pour son président en exil, Alexis Sinduhije, véritable bête noire du régime de Bujumbura qui l’accuse d’avoir participé à la tentative de putsch du 13 mai 2015, de revenir sur le devant de la scène politique et d’améliorer une image écornée par les sanctions américaines qui pèsent sur lui et par les rapports qui l’accusent d’être à la tête d’une rébellion armée.

    RFI : Dans cette feuille de route dont vous présentez la tenue d’élections libres et transparentes comme l’objectif principal, est-ce à dire que pour vous, l’objectif, ce n’est plus le départ de Pierre Nkurunziza ou l’annulation du troisième mandat qu’il a brigué ?

    Alexis Sinduhije : Cela fera partie des questions à négocier. De toutes les façons, il n’y aura pas d’élections libres, justes et transparentes, tant qu’elles seront organisées par Pierre Nkurunziza et son parti au pouvoir. Ce que nous, nous demandons, c’est d’aller négocier l’environnement favorable pour la tenue d’élections libres, justes et transparentes, la libération des prisonniers politiques, le retour des réfugiés, le démantèlement des milices, le rétablissement de la presse privée et indépendante, ainsi de suite.

    Le MSD fait partie du Conseil national pour le respect de l'Accord d'Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi et de l'Etat de droit (Cnared) qui regroupe une grande partie de l’opposition en exil. Pourquoi signer cette feuille de route au nom du MSD, et pas du Cnared ?

    C’est parce qu’il y avait une diabolisation contre le MSD comme quoi nous étions des radicaux. Donc il faut quand même qu’on essaie de démontrer que nous ne le sommes pas.

    Vous êtes au Burundi « l’ennemi numéro un », en tout cas à Bujumbura, selon les autorités. Est-ce que votre présence dans les négociations ne risque pas de braquer le pouvoir ? Le dialogue finalement ne serait pas peut-être plus apaisé, plus facile sans vous ?

    Je ne pense pas qu’il peut y avoir un dialogue sans le MSD. Moi, je représente le MSD, mais s’il me demande de m’éclipser pour l’intérêt de tout le monde, que le MSD négocie, il n’y aura pas de différence. Bujumbura a peur du MSD.

    Depuis trois années maintenant, vous vivez en exil. Sur le terrain, les militants du MSD sont quotidiennement emprisonnés, torturés, parfois assassinés même. Est-ce que depuis votre exil, vous vous sentez parfois impuissant ?

    Oui. Impuissant, mais en même temps, courageux. Nous avons déjà perdu plus de 3 000 personnes, 3 000 vies. Et tous, Hutus comme Tutsis confondus, ils sont tués juste parce qu’ils sont membres du parti MSD. Sans moyen d’arrêter cela, il est bien clair que je me sens assez souvent impuissant.

    Est-ce qu’avec cet exil qui se compte maintenant en année, l’opposition burundaise ne se déconnecte pas peu à peu du peuple burundais ?

    L’opposition burundaise est dans l’âme des Burundais. Ce n’est pas parce que les leaders ont quitté le pays qu’ils sont partis avec l’âme des Burundais. Je pense que l’opposition est là, présente.

    Dans la feuille de route qui a été présentée par le MSD, vous dites : « Les personnes soupçonnées de crimes de sang doivent être exclues de la participation aux institutions et aux futures institutions de transition ». Est-ce que vous qui êtes soupçonné d’avoir créé la rébellion armée du Red Tabara (Résistance pour un État de droit au Burundi), un récent rapport de l'International Crisis Group est formel là-dessus, est-ce que par conséquent, vous vous excluez vous-même du processus de transition ?

    Nous parlons de la transition, et après c’est la transition qui va désigner qui sont condamnés et qui ne le sont pas ? Nous n’allons pas chercher à diriger la transition. Nous, nous soutenons que la transition soit dirigée même par des gens qui sont en dehors des partis.

    Vous êtes également sous le coup de sanctions des Etats-Unis, du Trésor américain, au même titre que plusieurs personnalités du régime. Selon le trésor américain, « Alexis Sinduhije est un soutien actif de la rébellion armée au Burundi. Il a recruté et entraîné des forces d’opposition », et il affirme encore que vous êtes impliqué dans des plans d’assassinats de hauts responsables burundais. Que répondez-vous ?

    Je crois que la décision du Trésor américain a été inspirée par le souci d’équilibre, parce que j’étais un Tutsi qu’il fallait mettre sur la balance.

    Vous pensez être un bouc émissaire dans cette affaire ?

    Oui, exactement. Je suis un bouc émissaire. Il fallait trouver un Tutsi.

    Une réforme de la Constitution est en cours. S’il n’y a plus de limite de mandat, qu’est-ce qui peut encore empêcher aujourd’hui Pierre Nkurunziza d’être président à vie ?

    Il y a un dilemme quand il y a  un pouvoir qui s’impose et qui veut rester au pouvoir par la force. La tendance des militants, c’est de se révolter et de vouloir opter pour le choix des armes. Entre les massacres de nos militants et l’acceptation d’un processus pacifique, qu’est-ce qu’il faut prendre ? C’est ça le dilemme auquel nous faisons face.

    Dans ce dilemme que vous évoquez, est-ce que vous personnellement, votre choix est clair aujourd’hui ?

    Le choix est très clair pour l’instant. Nous ne croyons pas à l’échec de la diplomatie, pour l’instant.

    Vous pouvez dire également que vous n’avez aujourd’hui aucun lien avec aucun groupe armé qui existerait au Burundi ou à l’extérieur des frontières ?

    Forcément, j’ai des liens avec certains membres de ces groupes qui sont des anciens membres de partis. Mais on n’a pas des liens de financement ou des liens de commandement.

    Est-ce que vous désapprouvez leur méthode ?

    Je respecte leur choix. Je respecte aussi leur colère, c’est leur façon de lutter. Ils combattent un ennemi, un ennemi du peuple burundais. Donc de ce point de vue, je respecte leur choix.


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