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    Cameroun/Amnesty: «on a identifié plus de 20 sites où la torture a été exercée»

    Une rue de Bamenda bloquée par des manifestations contre le gouvernement, le 8 décembre 2016. REUTERS/Stringer

    Torture, détention au secret, arrestations arbitraires... Amnesty International dénonce des dérives dans la lutte contre Boko Haram au Cameroun. Dans un rapport publié ce jeudi 20 juillet, l'organisation cite plus d'une centaine de personnes. Toutes assurent avoir été maltraitées pour avouer une supposée complicité avec le groupe terroriste. Pour en parler, nous recevons Ilaria Allegrozi, chercheuse à Amnesty International, puis le porte-parole du gouvernement du Cameroun, Issa Tchiroma Bakary.

    Ilaria Allegrozi, chercheuse à Amnesty International :

    « Pour commencer je voudrais citer le témoignage d’un ex-détenu qui dit [Nous avons été traités comme des animaux] », certains ex-détenus nous racontés leur détention alors qu’ils étaient roués de coups pendant les interrogatoires, ils étaient ligotés pendant des heures, voire des jours dans une position que l’on appelle, la position de la chèvre, ces détenus étaient alors roués de coups par les militaires et d’autres ont été torturés jusqu’à la mort. Le rapport d’Amnesty International montre que le recours à la torture, dans le cadre de la lutte contre Boko Haram au Cameroun est aujourd’hui banalisé.

    Ces informations ont été recueillies sur plus de 100 cas et ces pratiques sont monnaie courante dans les bases militaires et dans les centres de détention gérés par les services de sécurité camerounais dans la lutte contre Boko Haram. Nous avons pu identifier plus de 20 sites de détention où la torture a été pratiquée. Au moins la moitié de ces sites sont illégaux, notamment le quartier général de bataillon d’intervention rapide à Salak près Maroua et un centre situé à Yaoundé, pas loin de l’Assemblée nationale, administrée par la Direction générale de la recherche extérieure, la DGRE ».

    Issa Tchiroma Bakary, porte-parole du gouvernement du Cameroun :

    « Nous sommes outrés par ces accusations que nous considérons fallacieuses dont l’objet est de jeter le discrédit sur notre gouvernement et sur notre armée. Nos forces de défense et de sécurité reçoivent d’abord les rudiments en termes de protection de droits de l’homme, quelles que soient les circonstances.

    Tout militaire pris en flagrant délit de violation des droits de l’homme est démobilisé, traduit devant la Cour martiale et subit les conséquences de son acte... Amnesty International vous dit qu’il y a eu une soixantaine d’officiers qui ont été listés et bien qu’il nous donne les noms avec des preuves convaincantes et concrètes, à ce moment-là, la justice sera saisie et les responsables traduits devant la Cour martiale… »

    Issa Tchiroma Bakary, porte-parole du gouvernement camerounais 20/07/2017 - par Anne Cantener Écouter

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