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    Moussa Tine, conseiller du maire de Dakar: «Khalifa est au centre de la campagne»

    Des supporters du maire sortant de Dakar, Khalifa Sall, lors du scrutin local du 29 juin 2014. AFP PHOTO/SEYLLOU

    Au Sénégal, le premier grand rendez-vous politique depuis 5 ans se tiendra dimanche prochain, avec les élections législatives à un seul tour. Le président Macky Sall espère conserver une majorité de députés, mais il doit affronter deux poids lourds: l'ancien président Abdoulaye Wade et le maire de Dakar, Khalifa Sall. Depuis le 7 mars, ce dernier est en prison pour « détournement de deniers publics ». Comment peut-il faire campagne derrière les barreaux d'une prison ? Son conseiller spécial Moussa Tine est membre de sa coalition et lui-même candidat. En duplex de Dakar, il répond aux questions de RFI.

    Moussa Tine, conseiller spécial de Khalifa Sall (capture d'écran) seneweb.com

    Moussa Tine, conseiller spécial de Khalifa Sall

    RFI : Comment Khalifa Sall peut-il faire campagne depuis sa prison de Dakar ?

    Moussa Tina : Khalifa Sall est un homme politique détenu pour des raisons strictement politiciennes. Détenu parce que sa candidature était gênante. Aujourd’hui, effectivement, nous sommes beaucoup, nous sommes nombreux. Nous sommes des jeunes, nous sommes des partis politiques coalisés autour de lui avec des leaders reconnus : Idrissa Seck, Malick Gakou, Cheikh Bamba Dièye, Mansour Sy Djamil et autres, à nous coaliser autour de lui et à porter justement sa voix puisque l’Etat ne voulait pas que sa voix soit entendue. L’Etat ne voulait pas que ses propositions soient entendues par les populations. Donc ce qui a été recherché c’est de l’isoler. C’est de faire en sorte qu’il ne soit pas entendu. C’est de faire en sorte qu’il ne puisse pas participer à la campagne électorale.

    Et vous espérez une libération de dernière minute avant le vote de dimanche prochain ?

    Hier, on était au niveau de la Cour suprême. Nous avons été au niveau de la Cour suprême parce que nous avions dit et demandé au juge qu’il lui plaise quand même de déclarer que Khalifa Sall avait droit à la liberté provisoire. C’était la troisième tentative. C’était le troisième rejet. Mais on ne va pas s’arrêter là. Nous allons maintenant saisir le juge des élections pour demander que les droits électoraux, les droits politiques, les droits civils de Khalifa Sall soient respectés.

    Voilà donc cinq mois que Khalifa Sall est en prison pour détournement de deniers publics et vous criez donc à la machination politique. Mais est-ce qu’il n’a pas été imprudent en utilisant la fameuse caisse d’avance de la mairie de Dakar sans justificatif ?

    On n’a pas dit qu’il n’y a pas de justificatif. Cette caisse d’avance-là existe avant l’Etat du Sénégal. Tous les maires qui sont là utilisaient cette caisse d’avance-là. Le président de la République en tant qu’il a été ministre de l’Intérieur, en tant qu’il a été Premier ministre, en tant qu’il a été président de l’Assemblée nationale – mais surtout en tant qu’il a été ministre de la Décentralisation – était bien au courant de l’existence de cette caisse. Tout le monde était au courant de l’existence de cette caisse-là. La question qu’il faut se poser, c’est pourquoi on a attendu à trois mois des élections pour soulever justement cette question de la caisse d’avance. C’est là où il y a une machination. Le fait aurait été moins grave si en fait il était en prison à la suite d’un jugement. Mais ici, il n’est en prison que par la seule volonté de Macky Sall, par le procureur de la République.

    Khalifa Sall a fait toute sa carrière au Parti socialiste. Qu’est-ce qui le distingue aujourd’hui de ce parti et de son numéro un Ousmane Tanor Dieng ?

    Ils ne veulent pas être à la remorque d’un autre parti politique. Ils considèrent que leur parti a une identité, a une personnalité idéologique et un parti politique n’a de sens que lorsqu’il va à la conquête du pouvoir. Nous serions malheureux si nous voulions construire aujourd’hui une démocratie où il n’y a pas de compétition politique, où tout le monde se range derrière, justement, le pouvoir.

    Donc le principal reproche de Khalifa Sall au Parti socialiste et à Tanor c’est de rester dans la majorité présidentielle avec Macky Sall. Mais quelle est pour vous la principale faute dans la gestion des affaires du Sénégal par le président Macky Sall ?

    Aujourd’hui, il y a une forte implication de la famille présidentielle dans la gestion des affaires publiques. Dans pétrole on cite le nom, dans toutes les autres affaires on cite le nom des membres de la famille présidentielle. Nous voulions avoir une gouvernance transparente. Aujourd’hui, nous n’en sommes pas encore là. Tous les jours, on nous parle de scandales. Des scandales sont étouffés. Nous voulions avoir des institutions de contrôle dans la gestion publique qui amènent les uns et les autres à rendre compte de façon égalitaire. Aujourd’hui, on est encore dans la sélection. C’est les adversaires politiques qui font l’objet de contrôles. C’est les adversaires politiques qui sont aujourd’hui devant la justice.

    Depuis sa rupture avec le Parti socialiste de Tanor, Khalifa Sall s’est rapproché du PDS d’Abdoulaye Wade. Il a même envisagé de faire liste commune avec lui pour ces élections législatives, mais finalement ça n’a pas marché. Pourquoi ?

    Je ne suis pas sûr qu’il y ait une rupture. J’ai toujours compris que Khalifa Sall voulait continuer à mener une bataille à l’intérieur du Parti socialiste. Par contre, nous avions effectivement envisagé de mettre en place une coalition – une large coalition de l’opposition – en nous entendant en fait sur une plateforme minimale de gouvernance sur un contrat de législature. Malheureusement, ça n’a pas réussi parce que simplement, nous n’avons pas pu nous entendre sur les négociations. Mais cela ne veut pas dire qu’on ne s’entendra pas. Chacun est allé de son côté, mais nous espérons effectivement qu’à la suite des élections législatives nous pourrons mettre en place une coalition au niveau de l’Assemblée nationale.

    Vous n’avez pas pu vous entendre notamment sur la tête de liste que chacun d’entre vous revendiquait, Abdoulaye Wade d’un côté, Khalifa Sall de l’autre. Mais avec ces douze députés à l’Assemblée est-ce que le PDS d’Abdoulaye Wade n’est pas déjà le principal parti d’opposition ? Est-ce qu’il n’est pas en droit de revendiquer cette tête de liste ?

    Très certainement. On ne peut pas le refuser. Premièrement, on n’était pas à ce moment-là au courant que c’était Wade qui devait être tête de liste. La question n’avait pas été posée à ce niveau-là. L’information n’était pas encore portée à notre niveau. C’était la première chose. La deuxième chose qu’il y avait c’était qu’on disait : aujourd’hui, c’est Khalifa Sall le phénomène politique. C’est lui en fait l’homme de la situation qui cristallise aujourd’hui l’opinion autour de lui. Aujourd’hui, la discussion n’est pas rompue. Nous continuons à parler entre nous et nous espérons qu’à la suite de ces élections législatives on se retrouvera à l’Assemblée ensemble et à ce moment-là on pourra mettre en place une coalition parlementaire, laquelle, si elle était majoritaire, permettrait de peser lourdement sur la gouvernance de ce pays-là et mettre en œuvre les réformes et les ruptures qui sont attendues par nos concitoyens.

    Oui, mais franchement, les PDS d’Abdoulaye Wade ce sont des libéraux et vous, vous êtes des socialités. Est-ce que ce n’est pas une alliance contre nature ?

    Regardez, l’alliance contre nature, elle est là. Le PS aussi est avec Macky Sall qui se définit aussi comme un libéral. Nous n’en sommes pas encore aux conflits idéologiques. Nous sommes justement à un moment où il faut construire une justice indépendante, une gouvernance transparente. Et de toutes les façons en 2019, il faudra faire une redistribution des cartes. Mais donnons-nous ces deux ans, dans le cadre d’une grande concertation entre les forces politiques, pour mettre en place justement les réformes qui sont attendues.

    Vous partez donc en ordre dispersé, le PDS et vous-même. Du coup, est-ce que vous n’êtes pas certain de perdre face à la coalition portée par la majorité présidentielle ?

    Je pense que les Sénégalais ont appris à faire l’alternance. Aujourd’hui, ils sont dans l’intelligence du vote.

    Avec ces législatives, vous espérez faire de Khalifa Sall l’un des favoris à la présidentielle de 2019, mais pour l’instant, il n’a pas de parti et pas de groupe parlementaire. Est-ce que vous ne jouez pas très gros sur ces élections législatives ? C’est une sorte de coup de poker, non ?

    Non, mais pas du tout. On va à des élections législatives. Les gens pensaient qu’il n’allait pas pouvoir y aller. Pourquoi ? Parce qu’il n’a pas de parti. Aujourd’hui, non seulement on l’a représenté comme candidat, mais des pontes de la politique sénégalaise – des grands leaders de la politique sénégalaise – lui ont fait confiance pour qu’il soit leur tête de liste. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’il y a aujourd’hui un leadership qui est construit autour de sa personne et à ce niveau-là il faudra beaucoup remercier le président Macky Sall parce qu’il a été un très bon directeur de campagne pour Khalifa Sall.

    Parce que Khalifa Sall est en prison ? C’est ça que vous voulez dire ?

    Parce qu’il a attiré l’attention autour de lui, parce qu’il en a fait une sorte de victime, parce qu’effectivement des Sénégalais ont compris qu’il y avait une injustice parce que c’était certainement un candidat sérieux.

    Et justement, le jour où Khalifa Sall sortira de prison est-ce que sa carrière politique ne risque pas de faire pschitt ?

    Mais pas du tout. C’est quelqu’un qui a une très forte personnalité politique. Qui a été là en 2014. Personne ne l’attendait. Les gens disaient : « Non, non… Il ne sera pas candidat... Non, il ne gagnera pas… » Il est venu, il a été candidat, il a gagné. Aux élections législatives aussi, pendant tout ce temps les gens ont dit : « Non, non… Il ne va pas être candidat. Il ne fera rien, il restera ici… » Il a commencé sa tournée, il est tête de liste et il est en train justement de mener la bataille. Il la mène à partir de la prison, mais on se débrouille pour qu’il soit effectivement un absent, mais un absent qui soit au centre de la campagne.


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